[Récit de concert] 08/12/2015 : La Jungle @ Relax

Le cercle vertueux semble bien amorcé du côté du Relax : toujours plus de concerts programmés -> toujours plus de rencontres -> toujours plus de groupes à faire venir. La règle devait donc se vérifier ce soir-là, avec l’avant-dernière date d’une tournée devant mener ces belges à Poitiers : le six-cordiste de ce combo officie en effet dans Petula Clarck, qui avait foulé les planches, ainsi que le zinc, du Relax il y a quelques mois. Le cycle infini d’une affiche qui s’auto-alimente est donc lancé, alors gageons qu’avec toutes les starlettes de la noise francophone ayant franchi les portes du bar, la Colonie de Vacances, graal ultime de tout programmateur impliqué dans cette scène contemporaine, puisse un jour investir le Relax.

affiche lj

  • La Jungle : Mais pourquoi formuler des desiderata fantaisistes et irréalisables en souhaitant la venue de 9 musiciens dans un rade de 15m², quand deux belges font parfaitement l’affaire? Duo batterie/guitare-mini clavier-pédales d’effets-chant, il n’y a pas, dans cette formule, beaucoup de différences avec Petula Clarck, où on retrouve le même guitariste-contorsionniste. Bien plus sage pour cette soirée de semaine qui n’aura malheureusement pas déplacé les foules, le six-cordiste nous offrira tout de même quelques jolis coups de rein faisant honneur au math-rock hybride et souvent entrainant proposé ici. Là où Petula Clarck met la spontanéité au coeur du processus de composition et débouche sur d’intenses et courtes déflagrations, La Jungle étire les titres dans de longues progressions savamment construites. En piochant dans ce que la trance compte de meilleur — les ambiances dansantes — et ce que le kraut compte de pire — la répétition ad noiseam — le duo wallon accumule les couches sonores sous forme de boucles de guitare distordue, de voix onomatopesques et de synthé criard, faisant de la loop station un instrument à part entière, tandis que le batteur prend part à l’hypnose en calant des patterns alambiqués mais répétitifs et à l’intensité croissante pour échafauder des ascensions entêtantes parfaitement réussies. Les montois, outre recréer instrumentalement l’atmosphère laborieuse d’une fin de rave party où le soleil se lève sur quelques rangs décimés de zombies aux yeux exorbités et à la bouche sèche à travers « Trance Hysteria » ou « Apeinapython », n’en sont pas moins un groupe de noise matheuse, également capables sur des titres plus brefs comme « L’Enfer » et « Zimbabwe » de se montrer franchement hystériques, et d’augmenter la densité sonore et rythmique à la façon de Lightning Bolt, avec une capacité impressionnante pour le batteur à multiplier les battements par seconde sur une caisse claire ultra-aride qui peut rappeler son homologue de Pneu. Les absents ont souvent tort, et ces derniers s’en rendront compte en arrivant quelques minutes avant la fin du set, des fourmis dans les jambes et frustrés de n’avoir pu s’en débarrasser. Comptons sur les deux belges pour revenir bien vite provoquer des montées d’acide spontanées au plus grand nombre.
La Jungle (CC0)

La Jungle (CC0)

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