[Récit de concert] 04/06/2015 : La Colonie de Vacances + Quadrupède @ Less Playboy Is More Cowboy

Pour cette dernière édition de Less Playboy Is More Cowboy dans la configuration actuelle du Confort Moderne (des travaux débuteront la saison prochaine, ça doit faire quatre ans qu’on entend ce marronnier à la même période, mais il semblerait que cette fois-ci soit la bonne), la SMAC locale s’est offerte une inauguration spectaculaire. La presse spécialisée s’en est largement fait l’écho ces derniers mois, le festival a réussi à mettre sur pied un projet qui semble faire pas mal d’envieux, et contribue à construire un peu plus sa légende. Réunir les onze G.O. les plus sympacool de France est toujours un événement en soi, mais leur adjoindre comme superviseur le batteur/compositeur d’un des groupes les plus influents de la noise-pop mondiale relevait vraiment de l’exploit. C’était un moment à ne pas manquer, on a donc fait en sorte de ne pas le manquer.

affiche less playboy 15

  • Quadrupède : Et par « faire en sorte de ne pas le manquer », on entendait déjà ne pas prendre le risque de rester à la porte du bus, et retirer son sésame bien en avance. Histoire de ne pas se finir comme bon nombre de petite cigales, qui se trouvèrent fort dépourvues, quand la jauge fut repue. L’ambiance était donc étrange pendant le set des deux manceaux, puisque leur public semblait moins fourni que les glaneurs cherchant en vain à chiner une inaccessible entrée. Je restait donc au chevet des déçu-e-s et ne profitait guère du math-rock qui nous est servi en ouverture. Le peu que j’en ai vu — et même ça, ça fait un paquet de matériau sonore à assimiler — ne m’a de toute façon pas vraiment emballé tant l’équation était compliquée à déchiffrer. Ce concert de Quadrupède, c’était un peu les devoirs de vacances avant la Colonie. De la polyrythmie, des samples, de la guitare, mais un guitariste qui fait aussi de la percu, et tout ça avec seulement deux protagonistes sur scène. Il n’y a pas grand chose à dire sur l’exécution : tout est carré malgré la complexité (un peu trop peut-être?), mais bordel que cette bestiole à quatre pattes manque de vélocité! A rebours de la légèreté qu’on connait des quatre formations à suivre, le combo sarthois se perd en tripatouillages et finit par nous égarer au sein de cet imbroglio rythmico-mélodique, si bien qu’on se retrouve un peu avec la même visibilité que le mec qui orne leur artwork. Le style développé et le préfixe du nom avaient beau faire raccord sur l’affiche, la réalité a vite mis du plomb dans l’aile de cette apparente cohérence.

colo

  • La Colonie de Vacances : Beaucoup a déjà été dit à propos du concept en général, de cette création aussi en particulier. Il y aura donc certainement des redites, mais peu importe, on ne dira jamais assez à quel point ces quatre groupes — Marvin, Pneu, Papier Tigre et Electric Electric, indépendamment têtes de pont d’une certaine scène hexagonale — sont capables ensemble de transcender en quelques notes la notion de bôté. Oui, autant annoncer la couleur tout de suite, ce report sera dithyrambique. J’étais d’avance prévenu, puisque certain-e-s n’hésitaient pas à parler de « baptême » alors que je déclarais voir le supergroupe pour la première fois. Il faut dire que l’expérience est plutôt unique et redéfinit le principe de musique live. Du côté de l’exécution bien sûr, de l’extension des jeux de questions-réponses ricochant des quatre coins de la salle, de la coordination, avec des regards, des gestes qui annoncent les ruptures ; mais aussi du côté du public, littéralement cerné par le son et ne sachant pas toujours où donner de la tête, forcés de faire la girouette pour se retrouver nez à nez avec ses voisins. La beauté, donc, et d’autant plus avec les compositions toutes fraiches et légères de Greg Saunier (greffé à Pneu pour l’occasion, pour former un 4×3), qui tranchent un peu avec celles plus costaudes réalisées par le maxi-combo antérieurement, dont ils nous serviront quelques spécimens en rab sous une  ampoule oscillante, en guise de rappel. Plus pop, cette création l’est assurément, et la patte de Deerhoof est bien reconnaissable, avec ses parties de chant, ses tempos plus posés et ses faux airs de berceuses langoureuses, même si la marque de chacun peut surgir au détour d’une gerbe de synthé, d’un riff appuyé ou d’un pattern un peu plus alambiqué que les autres. Divisée en deux parties bien distinctes, la pièce révèlera quelques accrocs sur un roulement tournant au tout début du second round, mais gardera tout au long de cet alphabet musical de 26 plans une chaleur humaine étourdissante, sans que jamais les douze protagonistes ne s’éloignent des lettres C.O.P.A.I.N.S.

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