[Récit de concert] 08/01/15 : Petula Clarck @ Relax Bar

Petit à petit, le Relax continue à s’imposer comme le relai local d’une scène noise-rock — et plus encore — française (et aussi belge parfois) dont le nombre d’ambassadeurs semble intarissable. On voit donc doucement se dessiner un contrepoint au Zinc, et une alternative généralement assez fun aux soirées hardcore plus négatives du haut de la Grand’Rue. Les invités du soir s’inscrivaient bien dans cette recherche du smile, comme peut en témoigner l’artwork de leur dernier LP. Venus tout droit de Mons, juste derrière la frontière, nos deux voisins entendaient bien défendre leur nom : Petula Clarck c’est du rock fendard, et ça n’a rien à voir avec la personne âgée britannique décolorée qui tente sournoisement de surfer sur le succès du duo wallon.

affiche petula clarck

  • Petula Clarck : La disposition des instruments laisse d’emblée rêveur : au lieu d’être placés sur la petite marche du fond du bar qui sert habituellement de scène au Relax, la batterie et les amplis sont posés au pied de cette scène, et invitent les spectateurs à venir au plus près du groupe. Difficile de ne pas s’en remettre au bon souvenir des prestations de Pneu qui, avec cette configuration, réussissent à faire de leurs concerts des moments dont on se souvient (c’est un euphémisme), même lorsque le niveau d’ébriété prédispose plutôt un gros blackout. Seulement voilà, les concerts du Relax, malgré la qualité de l’affiche, malgré la gratuité, parviennent rarement à déplacer et déchaîner les foules. Une quinzaine de personnes, c’est tout ce à quoi auront eu droit les deux belges pour les entourer durant leur set. La frustration d’avoir fait autant de bornes pour une audience aussi réduite aurait été légitime. Mais il faut croire que ce mot ne fait pas partie de leur vocabulaire. Le public ne vient pas à Petula Clarck? Qu’à cela ne tienne, Petula Clarck viendra à eux. Le pont de « Dededin », qui scinde les couplets aux faux airs de « Paint It Black » sous speed, sera donc l’occasion pour le guitariste d’escalader le bar et de rameuter les feignasses qui s’y étaient agglutinés en faisant semblant de ne pas entendre les deux gros amplis et la batterie cracher tout ce qu’elles pouvaient de décibels. Les présents absents ainsi radinés par la peau du cul auront alors le loisir d’assister à la fin d’un set déjà à moitié écoulé.
Petula Clarck (Crédits photo : CC0 par Poirez)

Petula Clarck (Crédits photo : CC0 par Poirez)

Ils auront donc raté une première partie marquée par plusieurs titres piochés dans leurs différents splits et LP, comme « Yago Wago », « Light & Bones » ou « Escape From Ghouls’N’Ghosts ». Soit autant de courtes déflagrations (rarement plus de deux minutes) portant la marque d’une spontanéité rigoureuse (le combo se donne un temps donné, et court, pour composer chaque morceau, qu’il restitue tels quels en studio ou près de chez vous). Reflets d’une humeur, d’une envie, d’une inspiration à un moment T, chaque titre, bien que la fibre noise fasse tenir le tout debout, ne s’interdit aucune excentricité, ne pose aucune barrière. Que Petula Clarck choisisse de vous étreindre les hanches pour les faire onduler ou bien de vous filer un uppercut au menton, il y parviendra. Le duo a plusieurs cordes à son arc pour cela : riffs stridents, allers-retours monocordes ou arpèges voyageurs déclinés en ribambelle de loops côté gratte ; patterns groovy chaloupés, rythmiques déstructurées ou envolées supersoniques côté batterie. Saupoudrez le tout de quelques lignes vocales yaourtesques ou onomatopesques et vous aurez une idée du cocktail servi par les deux belges. Outre pas mal de bière, vous y décèlerez quelques notes de disco, de punk, de funk et pas mal de noise bien matheuse, en fonction des gorgées. Le reste du set avait donc encore pas mal de rasades bien senties à nous faire ingurgiter, dont certaines bien connues : « Djambo Beat », la magnifique « Indians » et « Structure » en faisaient partie. D’autres en revanche semblaient inédites (ou figuraient sur quelques galettes que je ne connais pas), mais reprenaient la même formule : préparez-vous donc à accompagner la vendetta sanglante de Jimmy le gorille, et de vous chauffer les cordes vocales pour une séance de backing vocals à base de « CUI-CUI ». L’instinct et l’inspiration de Petula Clarck semblent donc plus vivaces que jamais et le duo a l’air d’avoir encore beaucoup à nous donner. Espérons que ce sera également le cas du public lors de leur prochain passage dans le coin.

Petula Clarck (Crédits photo : CC0 par Poirez)

Petula Clarck (Crédits photo : CC0 par Poirez)

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