[Récit de concert] 17/11/2019 : Conan @ Confort Moderne

Un show le dimanche, voilà qui n’est pas banal, qui plus est à Poitiers. C’est pourtant en ce jour du Seigneur que les anglais de Conan étaient conviés à venir mettre à sac le Confort Moderne. Dans le cadre de notre apprentissage perpétuel des us et coutumes de la scène ROCK (rappelons que la veille nous assistions à notre premier VRAI concert de hardcore), nous découvrions à cette occasion le concept de « matinee show » environ cinq minutes avant le début de celui-ci. Le temps d’enfiler notre plus beau chandail à l’effigie de je ne sais quel groupe de darkwave de Champagne-Ardennes et de rallier la SMAC, nous n’aurons guère le loisir d’assister à la première partie. On n’avait dans tous les cas pas réellement saisi la pertinence d’inviter un groupe de garagecore (?) de Limoges, sachant qu’on dispose à Poitiers d’une scène de metal cra-cra tout à fait adaptée à ce genre de soirée, et dont la fanbase conséquente aurait probablement aidé à grossir les rangs d’un public clairsemé.

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[Brève] Le Hellfest dévoile sa programmation pour l’édition 2020

Retour en grâce des années 90, avez-vous dit? Avec l’annonce de sa programmation 2020 tombée ce 26 novembre à l’occasion d’un concert privé de Sepultura (eux-mêmes tête d’affiche de l’Altar pour le samedi), le Hellfest semble largement confirmer la tendance. Il n’y a qu’à jeter un coup d’oeil au trois têtes d’affiche : Deftones, Faith No More et (enfin, après des années de réclamation) System Of A Down. Trois groupes qui restent étroitement liées aux nineties, dans des registres différents, dont la présence marque la réhabilitation de cette décennie. En creusant un peu la prog’ des Mainstages, force est d’ailleurs de remarquer que plus spécifiquement, c’est la remise sur le devant de la scène du neo-metal, entreprise depuis quelques éditions maintenant, que le Hellfest nous propose en invitant Korn, Maximum The Hormone ou Incubus. Abaissant quelque peu la moyenne d’âge des têtes d’affiche habituelles dont on retrouve encore quelques représentants (Judas Priest, Deep Purple), ces groupes viennent aussi diversifier les genres musicaux habituellement proposés sur les grandes scènes (principalement heavy ou rock FM), qui nous attirent un peu plus cette année, avec Infectious Grooves, Franck Carter & The Rattlesnakes, ou encore L7. De quoi combler un peu notre frustration sur la Warzone, où seule la journée hardcore metal du vendredi (avec Higher Power, Jesus Piece, Youth Of Today, Suicidal Tendencies et Body Count), nous tapera dans l’oeil, comparée aux deux autre jours proposant du bon mais déjà-vu (Frustration, Toy Dolls) ou bien des styles nous intéressant moins (notamment beaucoup de metalcore le dimanche). La Valley, récupérant de plus en plus les-groupes-qu’on-pouvait-plus-caser-ailleurs (Point Mort, Lysistrata, Life Of Agony, qu’on aurait davantage vus sur la Warzone, et Perturbator, 3Teeth ou Killing Joke), perd un peu son identité stoner/doom mais propose tout de même les affiches qui nous attirent le plus. Il y a, malgré les absences décevantes de Russian Circles et Torche, pas mal de post-rock/post-metal/prog (Mono, OM, Inter Arma, Baroness, Elder, Pelican, et surtout le retour d’Envy), et quelques pontes du rock cannabinoïde (Electric Wizard, High On Fire, John Garcia, ASG, Greenleaf ou Ecstatic Vision). Là où le Hellfest a semble-t-il raté le coche, c’est en faisant venir Hangman’s Chair et Regarde Les Hommes Tomber le même jour sur deux scènes différentes (Valley et Altar), sans leur faire jouer le set commun présenté lors de la Major Arcana de Fortifem, alors que le Roadburn a déjà fait voler en éclat le caractère « one-shot » de cette collaboration plus que réussie. D’autant que RLHT sera un des seuls groupes avec Alcest et The Great Old Ones à retenir notre attention dans le Temple, pour une édition boudant quelque peu le post-black (ce qui devrait ravir les puristes). Bien qu’elle aussi snobe un genre qui nous sauce beaucoup (le doom-death, avec l’absence de Vastum, Mortiferum ou Gatecreeper), c’est de façon un peu surprenante l’Altar, qu’on fuit habituellement, qui nous proposera des formations auxquelles on prêtera une oreille attentive (notre dose bisanuelle d’Obituary bien sûr, mais aussi Sacred Reich, Meshuggah, Entombed AD, Dying Fetus et Misery Index). 

Voilà pour ce petit tour d’horizon à chaud, on se retrouve lors de l’annonce du running-order pour voir quels choix cornéliens nous aurons à trancher afin de confectionner notre petit programme, mais aussi pour évoquer les groupes qu’on aurait oublié de mentionner ici car on ne les connait pas encore…


[Récit de concert] 16/11/2019 : Harm Done + Syndrome 81 + Worst Doubt + Insecurity @ La Scène Michelet

Cinq heures de route aller-retour, quatre sur place : c’était le programme de notre première visite express à la Scène Michelet, et plus généralement à Nantes. On n’aura donc pas vraiment eu le temps de faire du tourisme. Si l’après-midi, à l’occasion de l’anniversaire du mouvement Gilets Jaunes, y voyait quelques vitrines se faire étoiler au piolet, celle qui fut, parmi d’autres, la capitale historique du Duché de Bretagne, se préparait en soirée à subir un martèlement nourri autrement plus brutal. Quelques mois après la cessation des activités de Straight & Alert, c’était au tour du groupe mené par son taulier, Harm Done, de déposer les armes. Un seppuku en deux parties, une première nantaise précédant le final parisien (les deux sont complets), que les nantais souhaiteront partager avec un maximum de leurs potes, qui se trouvent par un heureux hasard composer des groupes figurant parmi les meilleurs du hardcore et du punx français. Coup de bol.

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[Récit de concert] 02/11/2019 : Stone From The Sky @ Cluricaume + John Makay @ Relax

Cela faisait un petit moment qu’on avait déserté la Place du Marché et ses cafés-concerts, soit par manque de temps, soit par manque d’intérêt pour des programmations pourtant encore bien fournies. On en retrouvait le chemin en ce début novembre à l’occasion d’une double date où, c’est assez rare pour être souligné, le Relax et le Cluricaume alignaient  leurs horaires pour nous permettre de ne rien rater, ou presque, des deux groupes qui nous intéressaient.

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[Récit de concert] 29/10/2019 : Hexis + Point Mort + The Third Eye @ Secret Place

Avec la recrudescence du nombre de concerts qui y ont eu lieu dernièrement, on espère que le caractère secret du lieu qui les accueille perdurera, et que les autorités compétentes continueront à foutre la paix à ses tenanciers. Peu après une date pluvieuse voyant Mollo-Mollo, Boucan et Gâtechien se faire encercler par une foule compacte, c’était cette fois en pleine semaine, et toujours avec une affluence qui doit rendre jaloux les cafés-concerts du centre-ville, qu’on retrouvait notre salle clandestine préférée pour un plateau aussi radical qu’alléchant.

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[Récit de concert] 28/09/2019 : Mr. Protector + Handle + Tomorrow Is The Morrow + MSL JAX + Headcases + Maco’s Finger + Epiq Goes To Pointe-à-Pitre + Mexican Purple Wine + Carver + Lindbergh @ La Nef (20 ans du Jarnac Sound)

Passées les déconvenues guichetières de la veille au soir, nous voilà de retour à la Nef, qu’on aime beaucoup au demeurant lorsqu’il n’y a pas de queue à faire pour acheter un billet, comme ici. La SMAC angoumoisine continue à creuser le sillon du local pour sa réouverture de saison, avec tout un festival gratos concentré sur une anomalie, ou du moins une curiosité, du rock français : la scène de Jarnac. Avec une densité de groupes par habitant pouvant probablement rivaliser avec celle d’Umea, la petite ville de Charente a donné naissance à un microcosme foisonnant d’amateurs de noise-rock, de grunget, d’indie et de post-hardcore, s’étant lui-même au fil du temps auto-inspiré et auto-alimenté. Depuis 20 ans, un petit festival célèbre donc cette scène atypique, et pour la double-décennie, une délocalisation à la capitale s’imposait pour célébrer l’événement comme il se devait. C’est à cette occasion qu’on ralliait l’esplanade ensoleillée de la Nef en plein après-midi, pour ne pas rater une miette des réjouissances éparpillées dans tout le lieu, de la grande salle à la boutique, en passant par le hall et une petite scène installée à l’extérieur.

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[Récit de concert] 27/09/2019 : Lysistrata + Mars Red Sky + It It Anita @ La Nef

On a pour habitude de torcher pour nos reports des intros assez bateau, où on remet vaguement en contexte la date, on badine sur l’affluence ou bien on revient sur l’actualité des groupes en présence. On va ici faire exception et s’attarder un peu sur la mésaventure qui nous est arrivée en arrivant à la SMAC d’Angoulême. Ce ne sera sans doute pas très intéressant et on s’apprête davantage à vider notre sac pour nous défouler qu’à nous montrer constructif. Ce qui suit va probablement s’apparenter à un long hurlement dans un oreiller. Pour décrire de façon succincte ladite mésaventure, précisons un peu la situation : il s’agit d’une soirée de rentrée, gratuite pour les abonnés de la Nef, et par conséquent destinée à engranger des adhésions. Les moyens mis en place dans ce cadre particulier : deux personnes aux entrées, et pas de caisse particulière assignée à l’enregistrement des abonnements. Nous arrivons vingt minutes avant le début de la soirée, et environ soixante personnes nous devancent. Il nous faudra une heure vingt pour rentrer. Quatre-vingt, putains, de minutes. Difficile sur le moment d’en vouloir aux petites mains qui n’ont pas à payer les pots cassés de cette organisation complètement foireuse, mais maintenant qu’on est rentrés, nous souhaiterions adresser un message simple, plus qu’à la Nef, à toutes les salles un tant soit peu institutionnalisées : l’informatisation de vos billetteries de A à Z est un merdier sans nom et a visiblement été mise en place par un consortium d’énormes manches, vos logiciels à la con qui ne marchent pas/dont vous ne savez pas vous servir nous font chier, et on aimerait vous faire bouffer (pas forcément par l’orifice prévu à cet effet d’ailleurs) vos imprimantes de merde qui mettent trois plombes à nous sortir des billets qui ont encore moins de gueule qu’un ticket de caisse Lidl. Voilà, on va s’arrêter là puisqu’on a bien conscience du ridicule de nos élucubrations à la limite de la technophobie, mais il faut dire qu’on a eu le temps de les ruminer lorsqu’on était occupés à rater le premier groupe dans cette file d’attente maudite.

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