[Récit de concert] 03/12/2015 : Verbal Razors + Ed Warner @ Zinc

Il y a des cas où revoir toujours les mêmes groupes peut être lassant. Je ne suis d’ailleurs moi-même pas le dernier à râler lorsque les affiches se suivent et se ressemblent. Mais lorsque le marronnier de Gheea s’appelle Verbal Razors (et bientôt Gasmask Terrör), il est bien difficile de faire la fine bouche. Encore plus quand le chanteur du groupe ramène avec lui ses potes d’Ed Warner pour ouvrir une soirée définitivement placée sous le signe du calembour et de l’humour sophistiqué. Ça allait donc faire trois fois que je voyais la tête d’affiche, quatre pour la première partie (je ne vais pas foutre les septs liens vers les reports), et pourtant rien ne semblait indiquer que je sortirai lassé d’un Zinc malheureusement un peu clairsemé.

affiche verbal

  • Ed Warner : On ne présente donc plus le quatuor tourangeau. Si? OK, donc composé d’ex ou actuels Saints And Sinners, Crook Heads, Daily Mind Distortion, Goat Cheese, DFI, Nine Eleven, Reggae Night et donc, vous l’aurez compris, Verbal Razors, (vu la consanguinité de la scène indroligérienne, j’en oublie certainement), le groupe a sorti (notamment) Apocalypse Buddies chez (notamment) Gheea Music, et cultive une tradition locale du hardcore de qualité, avec un goût prononcé pour les tempos hâtifs soutenus par des plages d-beat affolées et les sonorités old school assurées par une guitare éraillée. Les amateurs de Minor Threat ou Crucifix y trouveront leur compte. Si le CV des quatre membres témoigne d’une certaine street-cred’ dans le hardcore jeu, c’est pourtant la spontanéité et l’absence de prise de tête qui se fait sentir, et aboutit à un fastcore direct et placé sous le signe du fun, et des soirées arrosées. Mais Ed Warner a vieilli. Et si le leader continue à badiner légèrement entre les morceaux tandis que le groupe distribue des badges évoquant l’orientation sexuelle du groupe suivant, les paroles des nouveaux titres semblent s’éloigner des vols de bière pour aborder des sujets plus profonds, qui font grincer des dents : violences conjugales, mines antipersonnel et les mutilations qu’elles engendrent, ou, allons-y franchement, extinction de la race humaine. Car oui, le groupe a considérablement remanié la setlist, et devrait sortir du matériau tout neuf d’ici 2016. Quelques morceaux inédits s’immiscent donc parmi les habituels « Gig In Crystal Lake », « Drama Of My Life » joués comme des morts de faim, un « From Here To Eternity » qui calme le jeu, et montrent qu’à l’image des textes, la composition a aussi évolué pour s’appuyer sur des structures plus variées incluant des breaks ralentis qui twistent bien, et un riffing super catchy. « Greyjoy Division » montrait la voie, et Ed Warner semble bien l’avoir suivie. Les tourangeaux élargissent donc le champ de leurs influences pour convoquer à la fête Gang Green ou les premiers Government Issue. « Meanwhile », « LV426 » et « Extinction » (il y a même « Sans l’Ombre d’un Remord », en français please), ou l’alliance subtile de la fougue fastcore et du coup de rein qui t’expédie directement à DC  : serait-ce l’album de la maturité pour Ed Warner?
Ed Warner (CC0)

Ed Warner (CC0)

  • Verbal Razors : A l’aube de sortir leur tout nouvel album — dont le contenu aura fort à faire pour rejoindre son artwork magnifiquement boisé sur les cimes de l’excellence (on leur fait cependant confiance) — les thrashers tourangeaux nous ont fait une fleur en venant nous en présenter les bonnes feuilles. Ca faisait un moment qu’ils les trainaient (il y en avait déjà dans la setlist à Angers il y a un an), on peut maintenant les toucher du doigt. Et le suspense ne durera guère, puisqu’une fois passé « Never Your Fault » et « Killing Snow » pour nous rappeler au bon souvenir de leur premier LP et même de l’EP Settling Of Scores (ils joueront également « Burden », « Teenage Threat To The Throat » et « The End Of A Reign »), le set prendra des allures de séance d’écoute en exclu avec six morceaux extraits de ce Misleading Innocence à paraître début 2016. Chant teigneux, riffing plaqué aussi acéré que la tête de la Flying V et section rythmique lancée sans frein sur la pente infinie de la démence : contrairement à Ed Warner, il n’y a pas vraiment d’évolution notable pour ces nouveaux morceaux, qui reprennent à leur compte la recette qui a conduit le combo à occuper le poste de seul représentant valable du crossover en France (Everblast n’a cependant pas tardé à venir leur tenir compagnie). A peine décèlera-t-on un côté rock’n’roll moins évident sur leur S/T, notamment sur « Contradiction », mais sinon les tourangeaux ont fait tout pareil, et ont ainsi inclus dans le set un pendant à « Krakatoa », intitulé « This Is Not My World », qui montre que le broyeur Verbal Razors dispose de plusieurs vitesses de rotation pour vous lacérer les chairs : tout en puissance, comme ici, ou bien tout en vitesse (« Plastic Preacher », « Dendrobate »). Après avoir convoqué « Sgt. D And The SOD » (de SOD) et le vocaliste d’Ed Warner (qui ouvre les yeux en chantant lorsqu’il met ses lunettes, voilà donc le secret) pour finir le boulot, on se dit donc que le service-avant-vente fonctionne à plein pour ces quatre VRP du thrashcore, puisque les quelques échantillons fournis montreront sans mal que leur opus à venir devrait sans mal s’immiscer parmi les essentiels de 2016. On en reparle de toute façon très vite.
Verbal Razors (CC0)

Verbal Razors (CC0)

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :