[Récit de concert] 30/10/2017 : Sapin @ Relax

Dire que la Rue de la Soif rennaise est une sorte de Chemin de Traverse du garage français, et qu’il suffit de s’y baisser pour ramasser sans trop fouiller un groupe maîtrisant la plupart des codes du genre serait un peu fort. Pourtant, après avoir vu Kaviar Special au Grand Kfé, après que le label Beast Records nous a montré son flair pour dénicher des références toujours plus calées, il semblerait que le Burger (Records) à la bretonne soit en passe de détrôner la galette-saucisse au rang des spécialités locales. Et vous l’aurez compris, le groupe jouant ce soir-là au Relax venait de Rennes, donc.

  • Sapin : Participant pleinement à l’effervescence de la scène garage rennaise, ce combo joue comme ses compatriotes des Madcaps la carte du rétro. Avec une approche différente toutefois puisque les conifères bretons, s’ils vont également puiser dans la musique américaine du siècle passé, évitent le blues, le boogie ou la soul pour incorporer à leurs compositions des éléments qu’on peut retrouver dans la country. Une particularité qui les rapprocherait des Black Lips ou King Khan And The Shrines, qui ont déjà réuni sur pas mal de disques les ambiances de honky-tonk rappelées par Hank Williams ou Johnny Cash et les riffs tartinés de wax plus contemporains de Los Tones. Une distinction qui se retrouve également dans la configuration instrumentale du groupe breton : la basse et la guitare lead se chargent des accents country — la première avec des lignes taillées pour la danse en ligne, la seconde avec des mélodies de western à la réverb’ surf — la guitare rythmique et le chant insufflent une touche garage-pop suffisante pour tenir à bonne distance les motards sudistes, et le batteur pris entre ces deux feux s’adapte à la dynamique du moment, moins à l’aise dans le garage nerveux de « Mr Pleasant » que sur des rengaines plus chaloupées comme « Death Can’t Be Cool ». Ainsi fondé sur un héritage de l’Amérique profonde, c’est précisément lorsque cette coloration garage-pop se fait plus prononcée que Sapin fait le plus  mouche : c’est alors le tube en puissance « In My Head » qui met réellement le set en marche, tandis que « Break The Van » ou un improbable refrain miaulant « gnagnagna[ad lib.] » se chargent de régulièrement marquer au fer rouge la mémoire à l’aide d’airs indélébiles. Ne s’embarrassant pas du concept éculé de rappel, le quatuor nous servira sans attendre pas moins de quatre titres après la fin « officielle » du set, avec une escalade commençant par la ballade guitare-voix « Thank God (I’ve Found A Job) » et s’achevant par le surf fuzzé issu du premier album du groupe « Back To The Beach ». Pour les cowboys en tongs et les « nénettes » en santiags et Stetson, Sapin réussit en toute décontraction et avec une complicité rigolarde évidente sur scène un mélange des genres assez casse-gueule, pouvant compter sur une facilité à élaborer mélodies imparables et refrains catchy.

Sapin (CC0)

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :