[Récit de concert] 27/10/2017 : Buried Option + Soft Animals @ Zinc

Toujours dans les bons coups, l’asso 1000 Manières de Pourrir organisait au Zinc la halte d’une nouvelle tournée typée punk-rock, réunissant quelques protagonistes bien connus des milieux DIY. Et si Poitiers, comme peut l’être Montaigu avec son Zinor, peut désormais grâce à cette asso devenir une étape improbable mais privilégiée pour une certaine scène mêlant punk/hardcore et conscience politique sans ambigüité, on ne s’en plaindra pas, et on est carrément client. On n’est d’ailleurs pas les seuls, une petite partie du collectif Deux Pieds Deux Dents, qui contribue également à faire vivre cette scène localement, étant présente comme souvent en support.

  • Soft Animals : Anciennement connu sous le nom Med Time For Lago, le combo lillois se présentait à Poitiers avec moins de dix concerts au compteur. Pourtant, étant issus de Black Sheep et Slice Of Life, les membres du quatuor jouissent d’une bonne petite expérience, sur scène et sur disque. Ca se ressent d’ailleurs assez clairement dès l’entame de set, qui dévoile un indie-punk aux mélodies omniprésentes et aux accents emo prononcés. Des deux groupes précités desquels sont issus les musiciens, on rapprochera donc plus Soft Animals des seconds que des premiers, de Valley ou de Sport, bref d’une scène dans le sillage de CSTVT, qui puise ses racines dans le punk-rock mais se fait beaucoup plus subtile dans l’expression de sentiments à fleur de peau, en confrontant à un chant certes crié des arpèges légers et des riffs mélancoliques. On n’entendra cependant pas beaucoup, faute de bonne sono, les voix assurées par les deux guitaristes, ce qui mettra d’ailleurs le batteur dans un certain embarras, mais rien que la partie instrumentale laisse à voir un indie-punk aux mid-tempos de rigueur mais lorgnant un peu plus franchement vers l’emo, au détour notamment de passages uniquement en guitare-chant bien sensibles. Un mood un peu tristoune dont s’extirpe le groupe en développant des phases plus rythmées, basées sur des riffs plus marqués. De quoi permettre au guitariste à casquette qui n’attend que ça de se bouger un peu, quoique gênée par l’exigüité bien connue de la scène du Zinc, et mettre un peu d’animation dans le jeu de scène statique et appliqué du reste du quatuor. Reste maintenant à Soft Animals à graver sur microsillon la petite dizaine de titres très alléchants entrevus dans la cave la plus fameuse du centre-ville de Poitiers, pour enfin entendre ce que donneraient ces modèles de compos indie-punk bien ficelées avec le chant de rigueur qui manquait un peu lors de ce set. Un disque prévu pour début 2018 qu’on ne s’étonnerait pas de retrouver parmi le catalogue de Guerilla Asso ou Don’t Trust The Hype.

Soft Animals (CC0)

  • Buried Option : On accélère un peu le tempo ici pour retrouver un punk mélo là aussi émotif mais plus rentre-dedans. Originaire d’Orléans, il sera difficile de ne pas rattacher le combo aux légendes locales de Burning Heads, même si côté références, l’empreinte de Hot Water Music les rapprocherait plus de la scène bisontine, comme une version vitaminée de Red Gloves, passé dans cette même cave très récemment, sachant que de Red Gloves à Second Rate, il n’y a qu’un pas. Si comme pour Soft Animals, les voix sont encore peu audibles et mettront également le batteur dedans, le peu qu’on en perçoit laisse entendre des lignes plus chantées et moins criantes que chez leurs prédécesseurs, malgré un riffing plus marqué et moins axé sur les arpèges en legato. Les titres du dernier EP du groupe, Share Once More, comme « Snacktoys » notamment, dévoilent des accents Dischordiens bien nineties, qui ajoutent encore un peu de variété au punk-rock des orléanais, dans lequel on pourra aussi trouver ponctuellement quelques ressemblances avec les parisiens de Bitpart. Très à l’aise sur scène, avec un bassiste au smile permanent, on sent le groupe hyper enthousiaste de tourner et celui-ci manifeste clairement son plaisir de jouer dans ce type de lieu en en soulignant l’importance pour la vie de la scène. Une scène décidément très vivante en France, et Buried Option en est un énième exemple. Pour ne rien gâcher, le combo semble taper large niveau influences et restitue le tout avec intelligence, chaque morceau se distinguant du précédent par des dynamiques variées, en laissant toujours perceptible ce petit background mélancolique matérialisé par des suites d’accords mélo qui viennent contrebalancer les rythmiques moins subtiles des powerchords. Les orléanais concluaient donc avec la manière une nouvelle soirée axée punk-rock programmée par 1000 Manières de Pourrir, qui a visiblement de la ressource lorsqu’il s’agit d’allier bon goût et en la matière et éthique DIY.

Buried Option (CC0)

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