[Récit de concert] 18/06/2017 : The Dillinger Escape Plan + Clutch + Prophets Of Rage + Nostromo + Trapped Under Ice + Pentagram + Ufomammut + Ghost Bath + Skindred + Trap Them + Ghoul + Harm Done @ Hellfest (Jour #3)

C’est déjà le dernier jour du fest (les reports des deux précédents sont ici et ). Au sentiment nostalgique qui nous parcourt tandis que nous arpentons une dernière fois les allées verdoyantes du camping en direction du site, les délicates vocalises du chanteur de Harm Done, qui ouvriront une heure plus tard sur la Warzone, ajoutent encore un peu de bucolique à cette promenade matinale. Voici certainement ce qu’on aurait pu écrire si le soleil, toujours plus agressif, avait fini de nous cramer la caboche. En réalité, la chaleur suffocante aidant, il ne reste plus aucun brin d’herbe valide sur la zone, occasionnant d’incessants nuages de poussière (hé oui le Hellfest dispose de jardiniers, pas de magiciens), et — comble de la frayeur — les points d’eau se sont taris durant une bonne heure à l’un des moments les plus chauds de la journée. Retour sur une journée où, en termes climatiques, le Hellfest n’a peut-être jamais aussi bien porté son nom.

  • Harm Done : Après Verbal Razors la veille, on retrouve avec plaisir sur la Warzone un autre représentant de la scène hardcore DIY hexagonale. Mené par le boss du label Straight&Alert (qui est aussi une des distros françaises les plus pointues dans le genre), peu gêné sur scène par une blessure au genou récemment infligée en gala et qui aura l’élégance de ne pas s’esquinter une autre partie du corps, c’était par ailleurs la première fois qu’on voyait le quatuor avec son (relativement) nouveau line-up. On n’avait pas trop de doutes sur le bassiste issu de Direwolves, un peu plus sur le batteur qui chante en parallèle dans Souven!rs, mais celui-ci s’avère finalement être une énorme brute, dont la férocité des tapis de double-pédale et de la frappe en général n’ont rien à envier à son prédécesseur. Vu la faible affluence, on s’installe tranquillement parmi les premiers rangs sans être gêné par les quelques moshers répondant à l’improbable « bouge toi le cul Hellfeeeest » lancé par le chanteur, et se délectant des beatdowns entrecoupant les blasts de ce powerviolence empruntant la densité de ses riffs à Nails et son phrasé haché à True Colors, pour une résultat proche de Sex Prisoner. On en profite pour reprendre les gimmicks des meilleurs morceaux (« Two Worlds », « Alone », ou « Hammer Stomp » partagé avec le public sur le côté de la scène), et savourer l’imparable cover de SSD. Réveil brutal mais réveil nécessaire.
  • Ghoul : Décidément, la Valley peine à nous accrocher ce matin, entre Bright Curse et Vodun. On se rabat donc sur l’Altar, où ces américains masqués par des sacs en toile de jute s’apprêtent à envoyer leur thrash/death bien cradingue à la gueule des quelques spectateurs présents. Ainsi que quelques litres de faux sang. Car au-delà de l’aspect purement musical réunissant Nuclear Assault et Obituary au détour de riffs palm-mutés, de leads épiques, de cavalcades à la double-pédale, de sing alongs et de growl putride, Ghoul fignole la mise en scène de son show dont les masques des musiciens ne sont qu’une infime partie. De multiples personnages aux costumes toujours plus invraisemblables investissent en effet la scène durant les interludes ou pendant les titres et contribuent par différentes petites saynètes sanguinolentes dont feront les frais gros bonhomme, bébé ou rat — éclaboussant au passage les premiers rangs d’hémoglobine — à créer une sorte d’histoire certes loufoque mais politiquement pas incohérente, dans laquelle s’imbriquent des morceaux tels « Ghoulunatics », « Shred The Dead », « Wall Of Death » ou « Metallicus Ex Mortis » (révisez quand même votre anglais pour comprendre les dialogues). Général cyborg nazi (artwork de « Wall Of Death »), monstre rasta-vaudou, King-Kong bien cheap ou encore Faucheuse aux mains ridiculement énormes : ces protagonistes retranscrivent sur scène l’univers imagé de Ghoul dans une mise en scène poilante, pour accentuer l’aspect horrifique grand-guignolesque de leur thrash-death d’excellente facture. Ca valait le coup de rater Prong.

Ghoul (CC0)

  • Trap Them : La thématique moshing continue sur la Warzone, qui accueille ces américains officiant dans une veine assez curieuse, au carrefour du crust, du holy terror, et d’un hardcore plus matheux : croisez Converge, Integrity et Pig Destroyer, pour retrouver ce savant mélange de riffs Husqvarna, de mélodies dissonantes torturées, et de beatdowns entrecoupés de phases d-beat. Malgré une densité sonore conquérante et un engagement scénique assez impressionnant de la part du chanteur, la mayonnaise peine à prendre. La fosse restera clairsemée pendant toute la durée du concert et le pit ne commencera à s’agiter que vers la fin du set. Est-ce du au set quasi-exclusivement consacré à Crown Feral, dernier album du quatuor joué en intégralité (!), ne laissant de la place qu’à trois autres morceaux, dont un seul de Blissfucker (« Habitland »)? Difficile à dire, mais ayant passé ces quarante minutes sous un soleil accablant qui empêchait de réellement apprécier ce qui se passait sur scène, on peut tout de même mettre ce manque d’adhésion sur le compte du climat. Pas de quoi refroidir le chanteur au faciès reptilien et à la diction difficilement compréhensible, qui ne se ménagera pas et passera une bonne partie du set à ramper. Suffisant pour ne pas se mordre les doigts de ne pas être allé se frotter aux 10 000 personnes assistant au show de Regarde Les Hommes Tomber sous le Temple? Difficile à dire…
  • Skindred : Après ce bain de soleil difficilement supportable, pourquoi aller s’ombrager sous la Valley et apprécier le post-rock de Crippled Black Phoenix (qu’on regrette rétrospectivement de ne pas être allé voir)? Nos flâneries sans but nous mènent donc devant la Mainstage 2, en plein cagnard, où ces gallois ont l’air de foutre un bon zbeul, capables qu’ils sont d’ambiancer le Hellfest autant qu’un festival de babos (le Fil du Son l’an dernier). Sans être réellement fan de leur fusion de nu-metal, ragga et hip-hop — bien que les passages les plus saturés fassent l’affaire, portés par un groove plutôt costaud — force est de reconnaitre que le combo et notamment son leader bien bavard au timbre de Lord Kossity et à la touche d’André 3000 savent galvaniser une foule. Les discours essentiellement politiques rejetant toute forme de discrimination qui entrecoupent les titres les lancent de la meilleure des façons, le public jumpant sur les rythmiques chaloupées des titres comme « Doom Riff » ou « Kill The Power ». Pas besoin de dire que des samples lancés en milieu de set comme ceux de House Of Pain ou Black Sabbath finiront de mettre le feu aux poudres. Avant de finir par « Warning », sur lequel la foule sera priée de faire tourner les serviettes t-shirts.

Ghost Bath (CC0)

  • Ghost Bath : Loin de la chaleur estivale et de la liesse populaire observée pour Skindred, on pénètre maintenant dans le Temple rendu glacial par le black-metal dépressif de ce quintet américain. Encore un groupe qui ne devrait pas plaire aux puristes du genre. Pourtant, la tente est bien remplie une fois de plus, et le public semble être resté encastré dans le mur de son qui s’offre à lui. La meilleure chose qui pouvait arriver au combo était peut-être finalement de bénéficier d’un son assez approximatif, qui gommera ce qui nous avait un peu rebuté à l’écoute des dernières sorties du groupe, à savoir ces espèces de leads en majeur qu’on retrouve dans « Seraphic », « The Death And The Maiden » ou « The Golden Number », et qui viennent contraster avec les passages plus tourmentés, que ce soient les blasts stridents ou bien les plages plus atmosphériques. L’atténuation de ces arpèges un peu shoegaze nous laissera donc en compagnie d’un untrve black-metal à la Deafheaven, avec des variations rythmiques intéressantes, dans lequel viennent se noyer des hurlements désespérés similaires à ceux de The Body, qui bénéficieront de la réverb naturelle de la tente pour se faire moins irritants que sur disque. Côté contraste, on était déjà de toute façon servi sur scène, le chanteur aux yeux cernés de noir, comme l’ensemble du groupe, arborant un t-shirt… Van Halen, et celui-ci quittant la scène sans un mot ni un regard pour le public à la fin du show (attitude un peu plus conforme au genre DSBM), tandis que ses acolytes y resteront plus longtemps, ravis, à prendre des photos. Pour ce qui est du son, ou bien de ces petits détails scéniques, Ghost Bath restera donc clairement un groupe à voir en live, plutôt qu’à écouter chez soi.
  • Ufomammut : Adieu les eaux glacées de la Temple, on rallie maintenant la Valley dont la bâche cuit littéralement sous le soleil et occasionne un effet de serre étouffant sous la tente. Et pas la peine de compter sur ces italiens pour aérer un peu tout ça, le trio officiant dans un genre aussi lourd que pouvait le laisser présager son nom, ou bien les amplis Sleep encadrant la batterie en formation resserrée. Si les effets synthétiques samplés saupoudrent parcimonieusement de notes acides et psychédéliques l’amas de graisse formé par le doom pachydermique des transalpins, ce sont bien les fréquences basses gonflées par un fuzz granuleux, les hurlements rauques et les rythmiques aussi lentes que lancinantes qui sont au rendez-vous. Introduisant le set par « Temple », un de ses titres les plus connus, le trio gratifiera le public de trois morceaux à la suite extraits de son nouvel album à paraitre, fidèles à leur style évoquant la densité de Conan et les progressions plus nuancées de Yob. Irréprochable dans l’exécution, on déplorera cependant — à l’image de notre voisine de fosse tricotant tranquillement dans sa chaise longue — la difficulté à s’immerger pleinement dans ce concert tout en puissance : en musique comme en cuisine, le gras on le préfère quand il fait vingt degrés de moins.

Trapped Under Ice (CC0)

  • Pentagram : Après une petite sieste réparatrice bien méritée, on opte pour un réveil relativement doux sous la Valley, avec ces légendes du doom 70’s. C’est un trio qui se présente sur scène, le guitariste officiant au micro. Sans être très connaisseur du groupe, il nous semble pourtant que le leader habituel est un petit vieux dégarni aux yeux exorbités, mais on ne relève pas, le guitariste s’en sortant plutôt pas mal côté chant (on apprendra plus tard que le vocaliste habituel a en effet été retenu par les forces de l’ordre aux Etats-Unis après avoir dérouillé sa génitrice quasi-nonagénaire, et que la « légende » se comporte plus généralement comme une sombre merde vis-à-vis de la gente féminine). Il y aurait plus à dire du côté de la section rythmique et plus particulièrement du batteur avec sa touche de coreux, qui a la fâcheuse tendance à en foutre partout — y compris de la double-pédale — alors que le doom vintage du trio, d’autant plus axé sur le premier album éponyme du groupe bien typé Black Sabbath/Led Zeppelin (avec des morceaux comme « Relentless », « All Your Sins » ou « Death Row »), requiert une certaine sobriété dans la frappe. Cela dit, la sobriété ne sera plus qu’un lointain souvenir lorsqu’au terme de l’interminable solo de « 20 Buck Spin », le guitariste jettera sa six-cordes à son roadie depuis le côté opposé de la scène tandis que le batteur enverra mollement valser son kit histoire de ne pas trop l’abimer.
  • Trapped Under Ice : Après le réveil en douceur offert par Pentagram, il était temps de faire un peu d’exercice sur le hardcore élastique de ces natifs de Baltimore. L’orga a visiblement retenu la leçon donnée par Turnstile l’an dernier, et a réinvité leur chanteur qu’on retrouve ici derrière les fûts, les parties vocales étant assurées par un chanteur qu’on retrouve également dans Angel Du$t. De ces deux groupes, TUI emprunte une certaine fraîcheur (c’est particulièrement vrai sur leur nouvel album, dont ils ne joueront malheureusement qu’un seul extrait : « Do It »), un groove tout en souplesse combiné à des up-tempos explosifs, mais ne crache pas pour autant sur les riffs plus bas du front et quelques moshparts bodybuildées, à l’image de deux de ses membres qui profiteront du soleil plein axe pour nous montrer le résultat sur leur torse galbé de nombreuses heures passées à la salle. D’ailleurs, on ne sait pas si c’est la fatigue, la chaleur, ou même peut-être le groupe (on imaginait le chanteur au marcel FILA descendre assez souvent dans la fosse), mais les moshers se montreront relativement timides sur ce concert. Le set pourtant axé sur Stay Cold, leur disque le plus propice au high-kick, fera en effet la part belle aux changements rythmiques incessants, dans une suite de morceaux éclairs, parmi lesquels on comptera également « Born To Die », « True Love » ou « Gemini ». Malgré un featuring express avec le bassiste de Turnstile au chant calé entre « Street Lights » et « Soul Vice », un peu de blabla entre les titres incluant une dédicace à Integrity — qui joueront juste après devant un public épars, tout le monde étant devant Prophets Of Rage (on plaide coupable on y était aussi) — Trapped Under Ice quittera la scène avec vingt minutes d’avance sur l’heure prévue, après avoir tout de même conclu l’un des meilleurs shows du week-end sur la Warzone.

Nostromo (CC0)

  • Nostromo : Vingt minutes salutaires, qui nous permettront de nous placer dans une Altar déjà bien garnie, pour accueillir un des groupes metal suisses ayant largement marqué la scène française durant le tournant 90’s/2000. Fraichement reformé, ce concert était un peu spécial puisque comme nous l’expliquera le chanteur, le Hellfest a été le premier à les contacter après que la photo d’une réunion informelle du combo au mariage d’un des membres ait été postée sur les rézos socios. L’engouement est donc réel et s’exprime tant du côté du quatuor par l’entremise des interludes chaleureuses, que du public qui déclenchera une pluie de pichets rarement vue sur le fest’ en direction de la scène. Le chanteur aura d’ailleurs à subir un premier headshot dès « Epitomize » qui introduit le set et nous laisse entrevoir un son bien précis, idéal pour apprécier les rafales de double-pédale ponctuant ce grind atypique, technique et discontinu. Pas de blast à la pelle ou de grünt porcin ici, les apports d’influences math ou hardcore amenant des constructions encore plus lourdes ou plus complexes que ce qu’on peut trouver chez Nasum ou Napalm Death, deux groupes à qui Nostromo rendra hommage par des reprises. Concentré sur le versant le plus brutal de leur musique — les riffs déchiqueteurs et les hurlements étouffés — le public labourera la fosse par de nombreux circle-pits, jusqu’à ce qu’un wall of death jusqu’à la console soit demandé et exécuté sur « Xenomorphic », autre titre issu de Argue, premier album du groupe, qui remontera pour l’occasion sa discographie sans oublier de nous en dévoiler la suite avec un excellent extrait inédit, dans une veine un peu « mélodique » un peu à l’image de « Sunset Motel ». Pas de doute, le Nostromo est bel et bien de retour, plus conquérant que jamais.
  • Prophets Of Rage : Bien décidé à profiter du set des suisses jusqu’au bout, c’est avec vingt minutes de retard qu’on se pointe sur une Mainstage blindée. Les aménagements de la zone réalisés cette année nous permettent malgré tout de trouver assez rapidement un point de vue acceptable, tandis que le supergroupe formé de la section instrumentale de RATM accompagnée de deux MCs de Public Enemy et Cypress Hill joue une version de « Take The Power Back » vraiment ralentie. Si d’un côté on se réjouit de n’avoir raté que deux titres, on s’inquiète de l’autre de ce gros changement de tempo. Une inquiétude vite balayée par la setlist d’une part, qui bien que très prévisible, fait quand même super plaisir à entendre et nous rappelle au bon souvenir de la fusion bien politisée (le guitariste porte arbore d’ailleurs une casquette IWW, keur sur lui). Et d’autre part par les MCs qui font clairement le boulot, bien qu’un peu poussifs sur les parties gueulées, mais au flow irréprochable, et chauffant la foule sur les interludes. Particulièrement en jambe, celui de Cypress Hill, coiffé d’une ghotra saoudienne, organisera même un sitting pour faire sauter tout le monde sur un « Jump Around » venant ponctuer un medley hip-hop contenant notamment « Insane In The Brain » et « Bring The Noise » permettant aux musiciens d’aller souffler en coulisses après une cover de « Fight The Power ». La seconde partie du set sera finalement la meilleure, le groupe réservant les meilleurs titres de RATM : « Know Your Enemy » et « Bullet In The Head » permettant au guitariste permettant de caler ses solos aux effets si caractéristiques. La seule petite fausse note sera le morceau instrumental un peu chiant d’Audioslave rendant hommage à Chris Cornell, mais il sera difficile de leur en tenir rigueur puisque les cinq caleront avant de finir « How I Could Just Kill A Man », reprise de Cypress Hill encore mieux que l’originale, et « Bulls On Parade ». La cowbell de « Killing In The Name » sonnant la fin du show, on s’éclipse pour chopper une bonne place dans la Valley, fredonnant les paroles en même temps que les milliers de personnes croisées sur le chemin, suivant machinalement le rythme de ce titre légendaire.

Prophets Of Rage (CC0)

  • Clutch : Ca sent la fin de festival. La précaution prise en quittant Prophets Of Rage s’avérera finalement superflue, la tente accueillant ces américains n’étant finalement pas si blindée. Quand on repense au show archi-comble de Helmet, on se dit que la fatigue a du en laisser pas mal sur le carreau tant cette quasi-tête d’affiche était attendue. Certainement encore plus qu’il y a quatre ans, lorsque le groupe nous avait alors posé un lapin. C’est à ce moment là qu’on aurait préféré voir le groupe, qui défendait alors Earth Rocker (dont seul « DC Sound Attack » sera joué ce soir, avec une fin alternative), qu’on préférait à Psychic Warfare, présenté sur cette actuelle tournée. On ne va pas se mentir non plus, un album un peu en-dessous de Clutch reste un excellent album, et les titres qui seront joués ce soir, parmi lesquels « Firebirds », « Sucker For The Witch » ou le final « X-Ray Visions », ne diront pas le contraire. En dehors de ce disque, c’est un set best-of que nous proposeront les américains, revenant sur une discographie livrant un mélange inimitable de stoner, de blues et de funk, porté par la voix chaude et puissante d’un chanteur extrêmement charismatique sur les planches, avec ou sans guitare. A l’image de Slo Burn vendredi soir, Clutch n’use d’aucun artifice pour justifier sa réputation scénique, autre qu’interpréter sans accroc un répertoire incroyablement efficace dans le genre.
  • The Dillinger Escape Plan : On se rapproche de la Warzone en cette fin de soirée, l’orga ayant comme l’an passé avec Refused fignolé le final du week-end avec un groupe réputé explosif sur scène. On remédie avant cela à une petite fringale qui nous fait regarder Every Time I Die de (très) loin, et c’est bien dommage car là également, on avait l’air d’avoir affaire à une sacrée prestation, en témoigne l’envahissement de scène final. Bref, installé dans une fosse où le public est bien compact devant la scène, les américains s’apprêtent à conclure le Hellfest et ne vont pas perdre de temps pour rentrer dans le vif du sujet. Les stroboscopes brisent la pénombre sur l’intro de « Prancer » et la scène s’illumine d’un coup alors que le titre se met en route. Les musiciens jaillissaient alors du fond du plateau pour offrir à leur mathcore épileptique le jeu de scène convenant aux circonvolutions dissonantes et acérées qui le façonnent. L’attaque est très frontale et l’intensité ne redescendra pas (ou à peine, pour les titres les plus accessibles du combo comme « Black Bubblegum », « One Of Us Is The Killer » ou « Milk Lizard »), les guitares volant dans tous les sens étant mises à rude épreuve, autant que les chevilles des membres sautant des amplis. Conformes à leur réputation, les américains offriront à la Warzone un final époustouflant, qu’on ne devrait jamais revoir, The Dillinger Escape Plan étant en pleine tournée d’adieu suite à leur décision de splitter. L’occasion de focaliser la setlist sur les titres les plus marquants de leur carrière, de « Farewell, Mona Lisa » à « Panasonic Youth » en passant par l’ultime « 43% Burnt », histoire d’achever ce Hellfest définitivement lessivé par un set extrêmement dense.

Clutch (CC0)

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