[Récit de concert] 03/06/2017 : Woodwork + Sueur(s) Froide(s) @ Zinc

La der des ders. Après quelques années de bons et loyaux services et une chiée de concerts organisés — un panorama du punk/hardcore français de bon goût, dont on distinguera les tartes inattendues des branlées évidentes qu’on désespérait de ne pas recevoir à Poitiers (en voir une partie ici)  — Super Treble raccrochait finalement les gants en ce début de mois de juin. Avec pour finir une affiche mi-punx mi-hardcore, à l’image de sa programmation habituelle, et avant tout centrée sur les copains. On le remercie d’ailleurs d’en avoir autant dans la scène et de leur faire visiter la cave du Zinc régulièrement.

  • Sueur(s) Froide(s) : Déjà vu lors de l’excellent Wolfpack Fest en avril à Tours (qui n’a pas fait l’objet de report, et pour cause : j’étais beaucoup trop bourré la plupart des groupes avaient déjà été chroniqués après que Super Treble les aient fait jouer au Zinc, comme par hasard), le quintet tourangeau y avait livré un excellent set. On y retrouve à la basse la chanteuse d’Alma, également guitariste dans Sisterhood Issues, le boss de l’asso Wolfpack qui a l’air de jouer dans deux-trois trucs à l’occasion pour dépanner en plus de BJCL, et surtout l’ancien chanteur de Dailymind Distortion, qu’on avait aussi vu à l’oeuvre dans Reggae Night. Et sans vouloir rien enlever à la section instrumentale, qui déroule un punk-rock peu saturé avec de bonnes attaques à la Bad Brains et une vibe un peu plus froide dans la lignée d’une scène de Portland décidément très inspirante, le leader de Sueur(s) Froide(s) reste le principal atout du groupe. Répondant à la froideur ambiante, la voix bien reconnaissable du chanteur s’extirpe d’un écho lointain pour instiller une hargne qui peine à voiler une mélancolie palpable. Car dissimulé sous une épaisse couche de fun et quelques facéties (comme lorsque le guitariste se fait attendre pour commencer le set sous prétexte d’un « p’tit pipi »), le punk-rock du quintet aligne des riffs plein d’âme et se permet même quelques constructions soignées, comme dans l’excellent diptyque « Rough Trade/Relax ». Côté scène, c’est également le chanteur qui retient l’attention, s’agite le plus et passe une bonne partie du concert à se frotter au public, tandis qu’on notera la bonne forme du batteur, plus carré que lors de la date tourangelle. Déjà impeccables sur scène, on attend maintenant que les tourangeaux de Sueur(s) Froide(s) nous pondent un disque digne de ce nom, avec un son qui rende hommage à la bonne facture de leurs compositions.

Sueur(s) Froide(s) (CC0)

  • Woodwork : Avec ces toulousains, la soirée prenait un tour plus musclé. Finis les riffs mélodiques et les lignes de voix chantées : on bifurque sur un hardcore métallique au chant hurlé, massif et typé nineties, influencé par toute une scène qui m’est plutôt inconnue, menée par Snapcase et 108. Mêlant NYHC somme toute classique et alt-metal abrasif façon Helmet/Quicksand, le groove est donc au rendez-vous, les harmoniques aussi, tandis que les rythmiques alternent up-tempos et breakdowns mastards. L’ambiance n’est pas franchement à la rigolade, l’intro instrumentale bien pression annonce la couleur, d’autant que chaque morceau porte en lui un germe politique assez prégnant. Pourtant, le spectacle en dehors de scène, lui, prête plutôt à rire et captivera mon attention, en dépit des harangues incessantes du chanteur et d’une section instrumentale au jeu millimétré (mention spéciale au batteur) mais aux poses hasardeuses concernant un des guitaristes, qui enverra le manche de sa gratte dans un spot sur un premier jump, et finira accroupi après avoir pété sa sangle sur un second. Car entre l’hôte du soir bien décidé à profiter de sa dernière orga pour ambiancer le pit à lui tout seul, au taquet sur les windmills à la moindre amorce de moshparts, et les membres de Sueur(s) Froide(s) qui y répondent en enchainant les queues-leu-leu — spécialité tourangelle s’il en est — on peut dire que le spectacle est vraiment dans le public. D’autant plus lorsqu’on ajoute pour fignoler ce tableau le Junior Show, mené par l’inénarrable guitariste tourangeau à la personnalité espiègle et au calembour facile, qui passera le set à ramper sous un des gratteux pour atteindre le pack de bières et les distribuer aux premiers rangs, ainsi qu’à truster les interludes, y compris lorsque les toulousains essaieront d’appeler aux dons pour la CAJ. Ayant joué la quasi-totalité d’Ordinary Violence, en terminant par l’imparable « From The T-4 », Woodwork placera au passage une reprise d’Unbroken, histoire de rappeler dans quelle mouvance le groupe s’inscrit.

Woodwork (CC0)

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2 responses to “[Récit de concert] 03/06/2017 : Woodwork + Sueur(s) Froide(s) @ Zinc

  • C

    Fidéle du blog c’est toujours un pur plaisir de lire ces reports.
    Je ne vais quasiment a aucun des concerts sur Poitiers (trop loin,trop metal ou trop pop) mais a chaque fois je retire des infos autant sur l’ambiance et la prestation que sur le style et la genealogie des groupes (avec souvent,liens aidants,quelques belles decouvertes).Merci.

    • la Rédaction

      Hello, merci pour ce message c’est sympa ! Il ne faut pas hésiter à venir aux concerts, il y a souvent de bonnes surprises (même sans forcément accrocher au style) et dans tous les cas la bière est bonne 🙂 A bientôt, peut-être !

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