[Récit de concert] 20/05/2017 : Nightwatchers + Over The Top @ Zinc

A la manière des Carnets de Julie (objet télévisuel à conseiller aux gourmets désireux de préparer une tartiflette dans les règles de l’art), Super Treble continue son tour de France à la recherche des trésors cachés (vite fait) de nos régions en matière de punk et de hardcore. Après avoir essoré la façade Nord/Nord-Ouest (voir ici), notre guide nous emmène cette fois-ci à la rencontre des spécialités du Midi et de la capitale occitane. Le premier volet d’une découverte en deux temps (le second aura lieu quelques jours plus tard avec Woodwork), réalisé avec un renfort complice du crew Topsy Turvy’s et une mise-en-bouche en provenance de la façade atlantique. Le tout devant une audience plutôt réduite (c’est vraiment comme les Carnets de Julie, quoi).

  • Over The Top : On connaissait le post-rock noisy de Robot Orchestra, le garage à l’arrache de Double Cheese et Skeptics, ou la oi! rock’n’roll des Janitors, mais la rade rochelaise ne nous avait pas encore révélé cette formation pourtant active depuis 2010, davantage taillée pour ambiancer Marcel-Deflandre que les caves exigües comme celle du Zinc. Agrégeant des membres issus de plein d’autres groupes du même coin que je ne connaissais pas non plus (Down To Earth, Mind The Gap…), le groupe s’est arrêté sur une formule aux grattes XXL, batterie XXL, basse XXL, voix XXL, dans la plus pure tradition de l’american way of life. Riffs chromés, rythmiques à six cylindres en V, lignes de chant rutilantes, leads en burn perpétuel : le rock d’Over The Top ne révolutionne rien, n’en a d’ailleurs certainement pas la prétention, et se donne simplement les moyens d’embarquer l’auditoire dans une virée à 124,274 mph les cheveux au vent sur les highways linéaires des grandes plaines. La mécanique est certes simple, mais elle est efficace et ne connait pas l’avarie. Et c’est bien tout ce qu’on lui demande. Pouvant disputer aux bisontins de Cab Driver Stories le titre de Foo Fighters français, les rochelais démontrent au cours du set passant en revue l’essentiel de leurs trois sorties leur goût pour les hymnes de stade aux riffs bien heavy et aux mélodies non moins costaudes. On regrette alors de ne pas connaître les paroles comme les deux mecs du premier rang, les refrains se prêtant bien à être repris en choeur histoire de leur donner l’ampleur qu’ils méritent. Pour y faire écho, si les deux six-cordistes multiplient les poses guitar-hero avec une certaine mesure, mais c’est clairement le bassiste qui joue le plus la carte du forçat du rock pour les foules, avec un look mini-short en jean / bandana des plus seyants. Et puisqu’il y a peu de chances pour que le heavy-grunge d’Over The Top trouve toute sa mesure au milieu des gradins d’une enceinte sportive, celui-ci est également taillé pour les bandes FM et sera ravi de squatter l’autoradio cet été sur la route des vacances.

Over The Top (CC0)

  • Nightwatchers : Moins connue pour son activisme politique que Nantes ou Rennes, la ville rose n’en reste pas moins un foyer de luttes sociales, avec des initiatives plutôt coolos (le CREA et le CSA, la CAJ, le site IAATA, quelques zines politiques bien déter’). Là où Toulouse semble se démarquer, c’est qu’au lieu de nous pondre un énième collectif de hip-hop konsian aux lyrics rincées sur des instrus indigentes (quoique Singes des Rues sont de ce coin-là, et c’est franchement parmi ce qui se fait de moins pire dans le genre) ou d’allonger la longue liste d’une scène punk/hxc/emocore hexagonale de qualité mais aux références souvent identiques, sa radicalité militante engendre quelques groupes franchement calés, installés dans des niches moins saturées. On a déjà parlé du jazzcore de Sec, on pourrait parler de la noise d’Ultra Démon, on reparlera du hardcore 90’s de Woodwork, et là tout de suite, on va donc se pencher sur Nightwatchers, qui occupent un créneau punk-rock assez catchy qui conjugue les schémas en trois accords des Ramones (joués sur la Mosrite de Johnny en plus) aux hooks bien poppy et aux chorus chantants façon Marked Men. Pas besoin de dire que ça joue pied au plancher en 4/4 bien raide téléguidé par un batteur qui frise à chaque seconde la luxation de l’épaule sur la charley. Si vous connaissez leur dernier EP (joué intégralement en plus de quelques inédits du même tonneau), il n’y a pas grand-chose à dire du groupe en live, sinon que ça déroule sans accrocs ni laïus moralisateurs entre les morceaux, et que les hymnes imparables qui y figurent (« Scum », « Friendly Fire » et « Making It Great Again » en tête) prennent encore un peu plus de corps en donnant – ce sera un des rares points communs avec Over The Top  – envie de s’égosiller avec le groupe. Un souhait qui deviendra réalité enfin de set, alors que les toulousains dynamiteront « Hybrid Moments » des Misfits mais aussi et surtout, à la demande expresse de l’orga, « l’Aventurier » d’Indochine. A la manière du groupe, je me permets de terminer là-dessus sans autre forme d’explication, parce qu’il n’y a pas de raison.

Nightwatchers (CC0)

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