[Récit de concert] 13/05/2017 : Direwolves + Perils @ Zinc

Chez Loge Noire, on n’organise pas des dates tous les quatre matins (la dernière, c’était il y a un an quasiment jour pour jour). Mais quand ça arrive, l’asso ne fait pas semblant. Preuve ce soir avec cette belle affiche (et je ne parle pas seulement du visuel ci-dessous) réunissant un (presque) tout nouveau groupe (presque) local et un routard de la branlée n’étant encore jamais passé par Poitiers, qui confirmait par ailleurs que ces tatoué-e-s prosélytes du hardcore cachent décidément un petit coeur tout sensible.

  • Perils : Bati sur les cendres d’Inperil, on en retrouve dans ce trio le guitariste ainsi que le bassiste qui a par la même occasion hérité du chant. Pour compléter la formation, c’est le batteur de feu-Nothingness (où il officiait aux côtés du guitariste) qui s’occupe des fûts. Changement partiel de line-up, changement partiel de nom, une constante qu’on retrouve également dans le style développé par le désormais trio, qui a fait évoluer son post-hardcore vers quelque chose de plus lent, plus exalté. La filiation avec Inperil n’est pas reniée, bien au contraire, et la cavalcade éperdue qu’est « Seven Day Wonder » sera même interprétée en milieu de set avec son chanteur (qu’on retrouve désormais dans Distant Fall, vous vous souvenez?). Mais les mid voire down-tempos prennent clairement le dessus sur les quelques blasts dans cette nouvelle formule qui voit les pictaviens (pour 2/3 désormais parisiens, certes) cultiver un registre plus grave, que ce soit au niveau de la voix rauque du bassiste, mais aussi et surtout des riffs chargés de tension succédant aux mélodies tourmentées de la guitare. L’équilibre entre post-metal et hardcore/emo semble donc désormais pencher davantage vers le premier et l’influence Cult Of Luna prendre autant de place que celle de Defeater. Comme pour la plupart des groupes dans ce style, les viandards de la moshpart se trouveront donc bien dépourvus (d’ailleurs les habitués du high-kick et du moulinet seront absents), confrontés à un hardcore décharné, plein de nerf, qui invite moins à se mettre sur la gueule qu’à une introspection plus solennelle. C’est d’ailleurs un peu l’ambiance sur scène, où la communication est réduite à son minimum (c’est là qu’on regrette la verve inspirée de Birds In Row (non)), le groupe se concentrant sur un tout premier set déjà bien travaillé, où l’on trouve pêle-mêle une belle progression introductive, quelques samples pour habiller, des parties de batterie bien chargées (un peu trop parfois pour le batteur qui ne fournit plus, qu’on s’étonne par ailleurs de ne pas avoir éclaté une peau), une superbe ligne de basse sur « Charity », et du tapping bien épique sur « Building » (malheureusement difficilement audible à cause d’une qualité de son toute relative, qui entravera globalement toutes les parties mélodiques). Un premier jet plus que prometteur, donc. Rien d’étonnant compte tenu du CV de l’orchestre.

Perils (CC0)

  • Direwolves : Le son ne sera guère plus indulgent avec ce combo lorientais. Même si c’est un peu moins dommageable vu que je connaissais les morceaux, le quintet mettant moins l’accent sur les phases arrachées et les arpèges éthérées (bien qu’il y en ait quand même) que sur les gros riffs joués au pas de charge. Les lourdes chevauchées sur le mode d-beat avec les mélodies épiques en toile de fond placent les bretons dans le sillage de groupes crust comme Victims ou  Wolfpack. Mais ils enrichissent cette formule un peu linéaire par une écriture tout en contraste qui inclut au détour de variations rythmiques des plans cristallins plus arrache-coeur lorgnant vers le post-hardcore. Une tendance déjà palpable sur Me From Myself, To Banish (dont plusieurs titres sont encore joués, comme « Relief » ou « Growing Defeat » en conclusion), qui s’est accentuée sur Aegri Somnia, bien que le groupe préfère — en exceptant « Sighs And Whisper » et son final lumineux curieusement joué au ralenti — se concentrer en live sur les rouleaux-compresseurs du disque comme « The Blindness That Keeps Your Warm » ou « The Liar’s Choice ». Pas forcément un mal sachant que ces riffs aussi noirs que puissants parsemés de bends dissonants façon Oathbreaker pré-Rheia sont clairement une des spécialités du combo. Et bonne nouvelle : avec son nouvel EP The Great Year, Direwolves n’a rien perdu de cette fibre crust occultée par les tourments post-hardcore du finish d’Aegri Somnia. Mieux, le quintet équilibre mieux que jamais ces deux facettes de son hardcore obscur dans des épopées urgentes aux mélodies toujours plus profondes, et le montre d’entrée de set avec « Unpoisoned ».  « Oaths & Duality », « From Tomb To Womb » et « Unhousel’d, Unanel’d », éparpillées dans le set, mettront en relief cette empreinte prégnante des ambiances créées par la combinaison des riffs et des leads de guitares, et nous feront regretter celles chevaleresques de « Path To Metnal », écarté de la setlist. Une prouesse tant le son privilégiera au détriment de leurs nuances l’énergie brute des titres, relayant ainsi celle du groupe lui-même – notamment celle d’un batteur infatigable, et d’un chanteur qui finira le set sans fléchir malgré les points de côté. Pas forcément très communicative (il faudra attendre la moshpart de « Face The Facts » pour voir un semblant d’agitation dans le public), mais suffisante pour confirmer Direwolves parmi mes groupes préférés de chez Throatruiner.

Direwolves (CC0)

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :