[Récit de concert] 11/05/2017 : Equipe de Foot @ Plan B

Fréquemment cités par leurs coéquipiers de Lysistrata, jouant en lever de rideau de façon plutôt inattendue sur la tournée d’Odezenne, les invités du soir du Plan B avaient quelques atouts pour eux. Pourtant, sans vouloir froisser personne, avec un nom pareil (on n’est pas les seuls à le trouver) et la tenue de scène qui va avec, les bordelais ne partaient pas gagnants. Mais l’écoute de leur EP achevait finalement de nous convaincre d’aller voir ce que tout ça valait sur le pré. Chaussez vos protège-tibias et attendez vous à de l’extrême bassesse concernant les calembours, parce qu’avec un concept comme celui-ci, autant vous dire que vous allez avoir droit à de l’analogie footballistique bien foireuse. M’est avis que ça a déjà commencé l’air de rien d’ailleurs.

  • Equipe de Foot : Premier constat : vu l’affluence très faible (ce qui ne change pas vraiment de l’ambiance en centre-ville), les bordelais ne seront pas dépaysés du Matmut Atlantique (si on excepte le virage Sud, amitiés aux Ultramarines). Les tribunes sont clairsemées, le terrain à peine praticable (les parties de la scène s’écartent sous la batterie), mais le coup d’envoi est tout même donné et permet au duo d’ouvrir par un de ses plus beaux une-deux vocaux (celui de « Sweet, Sour & Strong »). D’emblée, ça combine très bien et les meilleures phases de jeu s’enchainent (« Cats In Commercial », »Chantal »), même si la sono traine un peu la patte et fait grésiller la voix. Il faudra bien attendre quatre morceaux pour que le sondier revoie son coaching à la console et remette l’équipe dans le sens du but. Au fil des actions, l’équipe démontre sa capacité à développer un football total — quoique basé sur des tempos assez lents —  et se voit capable d’offensives asphyxiantes distordues tout autant que de séquences plus en retenue, en s’inspirant de schémas tactiques tout en désinvolture insolente éprouvés dans le championnat américain chez les Psychos de Warlocks, les Indie de Weezer/Pixies, et les Slackers de Wavves. Dans la continuité, le duo joue sans excès d’engagement et ne crée pas vraiment de spectacle sur le terrain. L’irruption d’un streaker (habillé mais bien bourré) au beau milieu du pré mettra donc un peu d’animation de ce côté là, et il faudra bien deux morceaux avant qu’une arbitre ne quitte le bar pour raccompagner l’intrus et l’empêcher de déconcentrer les musiciens en les chatouillant ou en les encourageant très (trop) chaleureusement pendant qu’ils jouent. Après une énième action de but dans les arrêts de jeu — sans doute leur meilleure — tout en fluidité avant la délivrance finale (« The Way You Swim »), une prolongation sera même offerte au public (oui, je sais bien qu’une prolongation au terme d’un match plié d’avance n’a pas de sens mais j’ai un report à finir, que voulez-vous). En première mi-temps, le duo nous ressortira un titre passé à la trappe à cause du streaker, un peu mou, un peu tristoune, un peu comme une interview d’Hugo Lloris ; mais rectifiera le tir avec un replay bienvenu de « Sweet, Sour & Strong ». Au terme d’une prestation convaincante, Equipe de Foot a montré qu’il n’usurpait pas sa bonne place au classement du championnat de rock français. On a donc de bonnes chances de les revoir, en espérant voir plus de tifosis pour assister au match retour.

Equipe de Foot (CC0)

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