[Récit de concert] 10/05/2017 : The Sunflowers @ Zinc

Dans le monde pourtant bien quadrillé des orgas pictaviennes, on apprend qu’il est encore possible d’avoir de belles surprises. Et même si on parle là davantage d’un label (orienté folk, garage et psyché selon les dires mêmes de son big boss) que d’un promoteur de concerts, Only Lovers Records voit le jour sans crier gare et célèbre son lancement en faisant venir à l’étage et non à la cave d’un Zinc lui réservant un bon accueil le groupe à l’origine de sa première sortie, lancée par la même occasion dans une belle tournée à travers l’Espagne et la France.

  • The Sunflowers : Duo originaire de Porto pas vraiment connu dans nos contrées, malgré un nom évoquant un groupe de reggae sur le retour ou de pop bohème, on remplit ici en grande partie le cahier des charges annoncé par le label. Beaucoup plus électrique, leur rock-garage teinté de surf sent tout autant la weed (et en chante les louanges assez régulièrement) mais délaisse les rythmiques mollassonnes qui vont avec pour une urgence occasionnant une précision de jeu toute relative. Si la batteuse ne peut se cacher derrière aucun artifice — même la vahiné juchée sur la grosse caisse et se déhanchant frénétiquement qui attire l’oeil — son acolyte peut compter sur une réverb’ omniprésente, que ce soit sur la guitare ou bien sur sa voix, avec laquelle il use et abuse des petits vibratos à la Trashmen. Les codes du genre sont respectés, et le binôme ne réinvente pas un style musical dont les représentants les plus émérites (Black Lips ou Thee Oh Sees) ont engendré de nombreux clones, mais il a pour lui l’essentiel : des mélodies hyper-catchy qui rentrent et restent dans la tête très facilement. Les deux principales, « Charlie Don’t Surf » avec son gimmick chanté à deux et « The Witch », arrivent assez vite dans le set, malheureusement avant que la batteuse ne se mette dans le sens de la marche — après des premiers titres vraiment laborieux, elle se reprendra petit à petit jusqu’à nous gratifier d’un solo d’harmonica tout en continuant à jouer. Le guitariste caché dans sa tignasse parviendra par diverses astuces et une pedalboard bien fournie à combler son incapacité à se dédoubler pour livrer les parties de gratte doublées entendues sur The Intergalactic Guide To Find The Red Cowboy (bien que certains leads se retrouvent tout de même parfois un peu esseulés sans riff derrière) et réussira même à recréer artificiellement quelques lignes de basse. Avec en guise de final un échange d’instruments pour livrer une version toute personnelle d’ « I Wanna Be Your Dog », The Sunflowers marie les aspects à la fois punk et psyché qui s’immiscent dans leur garage bordélique, et fait d’eux une jolie pépite de fougue juvénile en provenance directe du Portugal. Une scène méconnue à qui Only Lovers Rds offre un joli coup de projecteur.

The Sunflowers (CC0)

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