[Récit de concert] 22/04/2017 : Bison Bisou @ Relax + The Texas Chainsaw Dust Lovers @ Cluricaume

La programmation et l’agenda du wack’n’woll sont chargés sur la Place du Marché où pub irlandais et bar à rhums proposent deux cartes bien différentes, fidèles à leurs esthétiques habituelles : malt prononcé et arômes tourbés côté Cluricaume, tandis que le Relax misera une fois de plus sur une certaine pétillance. Comme chez du Barbelé on est adepte du ni-ni, ou plutôt du et-et, on a essayé de froisser personne en enchainant les deux, dans la mesure du possible. En séchant The Necromancers qui assuraient la première partie au Clu et qu’on a déjà vus il n’y pas si longtemps (souvenez-vous), on peut dire qu’on est pas loin d’avoir réussi.

  • Bison Bisou : Décidément en cheville avec la scène lilloise adepte de la répétition nominale, le Relax recevait en effet les coloc’ de split de Shiko Shiko (sorti en 2012), groupe qu’on a par ailleurs croisé ici-même il y a quelques temps, et un peu plus récemment à Châtellerault en compagnie des saintais de Lysistrata. D’ailleurs, au rayon disciples d’At The Drive-In férus de stop-and-go déboussolant et de performances live de haute volée – dont on peut considérer les charentais maritimes comme actuelles têtes de gondole – Bison Bisou se pose là. C’est d’autant plus remarquable que lorsque débute le concert, le rade est quasiment désert. Mais les nordistes, chanteur en tête, sont visiblement étrangers au principe de service minimum et ne fixent pas le niveau d’engagement scénique au prorata du nombre de spectateurs. Avec une attitude hypersexuée bien surjouée et parfois un peu malaisante (les petits gémissements chuchotés au micro), on ne peut que saluer l’implication du vocaliste, qu’on retrouve rampant lascivement par terre dès le deuxième titre du set, « Hypersects » (voir ci-après).

Bison Bisou (CC0)

Peut-être doit-on d’ailleurs l’affluence grandissant au fil du set à cette prestation tout en intensité et en exubérance. A moins que ce soit celle du post-hardcore développé par le quintet lui-même qui ait attiré le chaland. Pourtant – rendu live ou plus probablement nouvelle direction suivie sur l’album à paraitre très prochainement sur A Tant Rêver du Roi – Bison Bisou semble avoir levé le pied sur les rythmiques dansantes qui, combinées aux déclamations éperdues lancées par le chanteur, évoquent le vieux Bloc Party et insufflent un peu de catchy dans un entrelacs instrumental pas toujours facile à démêler. Diluées sous des effets pleins d’écho, les boucles de guitares soufflent chaud et froid, empilent arpèges indie/math piquants et accords dissonants affutés. Côté batterie, le jeu ambidextre du cogneur cerné par les toms basses lui permet d’explorer des patterns inventifs qui marquent vraiment les ambiances successives et ne s’interdisent pas d’alourdir le propos dans des phases arrachées typiquement post-hardcore bien sensibles. Avec toute l’énergie qu’on pouvait attendre d’eux à l’écoute de leur premier EP, bien qu’utilisée différemment sans s’enfermer dans le schéma « noisy-dance », les lillois défendent solidement sur scène Bodysick, qui s’annonce aussi riche musicalement qu’intense émotionnellement.

  • The Texas Chainsaw Dust Lovers : Pas le temps de lambiner, puisqu’à en juger par les effluves de fuzz filtrant au travers de la porte vitrée, les parisiens semblent avoir fini leur tour de chauffe du côté du Clu’. Après s’être facilement faufilé jusque près de la scène – le pub est un peu plus peuplé que le Relax ce soir, mais loin d’être rempli – on constate avec satisfaction une absence de sueur et un t-shirt encore sur les épaules du guitariste lead indiquant qu’on n’a pas du rater grand-chose. C’est d’ailleurs une bonne nouvelle car le stoner de TTCDL, tiraillé entre desert et southern-rock, se montre bien plus convaincant sur scène que sur ses albums, débarrassé qu’il est de ses atours « western spaghetti » un peu caricaturaux, même s’ils restent, il faut bien le dire, la marque de fabrique du quatuor. En revanche, on attendait avec une certaine curiosité d’entendre de vive-voix le chant de crooner Danzigien résonnant sur disque. Un vœu qui ne sera pas exaucé, les vocalises ne réussissant pas à suffisamment filtrer au travers d’un mur de guitares à la saturation et aux riffs typés Kyuss/Queens Of The Stone Age. Un sens aigu du groove et quelques accents bluesy un peu Clutchiens permettent en prime aux quatre franciliens de sortir du lot des rejetons de Palm Desert, et surtout de se mettre le public dans la poche au détour de rythmiques puissantes (prendre une photo de groupe de l’assistance avec le majeur en l’air n’était donc même pas nécessaire pour y parvenir). Attendu dans un tripot mal famé et agité bordant les rives du Mississippi et où les tord-boyaux défilent plus vite que les steamboats, TTCDL en concert confine finalement tout le décorum cow-boy à quelques notes d’harmonica et des réminiscences bluesy pour s’électriser et rejoindre les canyons californiens plus récents peuplés de cactus et de groupes électrogènes. Pour finir de brouiller les pistes, les parisiens nous serviront en rappel une version musclée de « Foxy Lady » chantée par le guitariste lead, qui y trouvera également l’occasion de livrer une dernière et nouvelle fois quelques solos bien solides, ainsi qu’un solo de air-drum de haute volée.

The Texas Chainsaw Dust Lovers (CC0)

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