[Récit de concert] 16/03/2017 : Nursery @ Relax

Réaffirmant son statut de relai de bon goût d’une certaine scène rock indé, le Relax visait une fois de plus en cette douce soirée aux airs de printemps la pépinière nantaise, et y cueillait pour l’occasion une pousse déjà bien éclose, avec à son actif quelques belles affiches, passées ou à venir (la Ferme Electrique, qu’on doit au label qui a sorti leur LP, la Ferme de la Justice, A Tant Rêver du Roi ou encore Indigènes). Malgré des terrasses bien remplies, et pour chauffer tout ce petit monde un concert surprise de Labulcrack (à ma connaissance seule fanfare locale certifiée sans reprises foireuses dedans, sucez ça les Bitards), le Relax et son invité du soir seront pourtant boudés, une injustice de plus à ajouter à celles subies par le bar à rhums et sa programmation aventureuse.

  • Nursery : Pour faire écho à la première partie improvisée par Labulcrack sur la terrasse du Cluricaume, le torse à paillettes du batteur-chanteur habitué à arborer des slogans griffonnés au rouge à lèvre les soirs de concert affichera le bon mot « qui sème le vent récolte la trompette ». Une tenue de scène qui contraste avec l’attitude plus sobre des deux autres musiciens, voire carrément réservée pour le guitariste féru de nicotine (sale époque pour les rockeurs, contraints d’attendre la fin des morceaux pour tirer frénétiquement sur leurs vapoteuses). Mais finalement, cette disparité se retrouve également dans la musique du trio, qui mêle pop fraicheur et raideur post-punk. La voix haut-perchée des Pixies se pose ainsi sur les lignes de gratte tendues de Frustration ou Le Prince Harry en reprenant l’approche minimaliste d’un Wire sous amphet’. Le cocktail peut paraître douteux à première vue, mais fonctionne pourtant parfaitement, Nursery dosant savamment ces influences au fil des morceaux pour créer un set disparate, à l’atmosphère pop vénéneuse façon Vagina Town omniprésente, mais à l’intensité variable : des tempos urgents de « Better To Fail », « Selfie Night » ou « Race » à ceux plus lourds d’ « Echoplex » ou « Give Me Sundays », en passant par les chorus intemporels et instantanément addictifs de « We Are Fine », « Banzaï » ou « Worm ». Tandis que les lignes de chant si particulières livrant ces refrains flottants et psychotoxiques se retrouvent parfaitement en live, la réverb’ « multivoix » qui va avec y compris, le jeu de batterie initialement dépouillé gagne en tension sous l’effet d’une instabilité rythmique accentuée, faisant écho à la saturation tremblotante qui enveloppe les leads de guitare (quand la pédale veut bien fonctionner). Les quelques nouveaux titres joués ce soir-là dans le milieu du set confirmeront ce goût pour la nuance et la disparité, mais annonceront surtout une ou des sorties à la qualité constante. Mais ça, les absents et autres badauds avinés venus se rompre la nuque sous l’œil goguenard du batteur pour les deux derniers morceaux ne le sauront pas.

Nursery (CC0)

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