[Récit de concert] 18/02/2017 : Souven!rs + Distant Fall @ Zinc

Après le set dantesque de The Worst Doubt à l’occasion du festival Culture Bar-Bars en novembre dernier, il fallait bien un peu de temps pour que SuperTreble ne remette le couvert, avec un peu plus de sensibilité au menu, mais avec une programmation toujours guidée par le carnet d’adresse au chapitre « srabs les plus proches » et géolocalisée sur la côte Ouest, là où les choses se passent. Passée une controverse sans précédent sur le thème « est-ce que le visuel de l’affiche rappelle ou non les codes d’une chaine de magasins agitateurs de curiosité? », la soirée pouvait débuter avec, une fois n’est pas coutume lorsque c’est SuperTreble aux manettes, une affluence plus que correcte.

affiche-svnrs

  • Distant Fall : Caler un groupe local en première partie est toujours une bonne idée. A fortiori lorsque c’est son premier concert. Nouvelle démonstration ce soir avec ce combo où on retrouve d’anciens Inperil et Last Tree, pour lequel pas mal de monde s’était donné rendez-vous. La moyenne d’âge est assez peu élevée sur scène, à peine plus que dans le public où règne un dress-code curieux associant le treillis de l’aspirant en permission et les chaussures d’étudiant en BTS force de vente. Déterminés mais — sans vouloir ne juger qu’aux oripeaux — pas vraiment au fait des codes du genre, les supports du groupe sont néanmoins obéissants et secouent le pit sur l’injonction du chanteur, en essayant tant bien que mal et avec une certaine raideur de reproduire les figures imposées exécutées par quelques moshers plus expérimentés. Cultivant l’art du breakdown bien placé dans des structures mettant à l’honneur les tempos rapides, les pictaviens s’inscrivent dans un registre metalcore mélodique à la manière d’Architects ou Adept. Les relents screamo/emo encore plus fragiles style Defeater/Touché Amoré sont encore présents, même si le vocaliste qui nous avait habitués à des hurlements plutôt aigus semble avoir changé de registre pour quelque chose de plus grave, dans la logique de puissance des accords et des rythmiques les plus appuyés. Tout au long des quatre titres joués qui constitueront un EP à paraitre cette année, les locaux montreront donc une certaine maitrise (ça shredde pas mal côté guitare, même si on ne l’entendra pas assez), mais restent cantonnés dans un schéma souvent similaire et un peu téléphoné comprenant les classiques séquences rapides, moshparts massives et passages plus atmosphériques. La propreté d’exécution devrait toutefois suffire à convaincre les amateurs du genre.
Distant Fall (CC0)

Distant Fall (CC0)

  • Souven!rs : Le degré de sensibilité augmente considérablement tandis que l’affluence se réduit nettement avec ce combo venu de Vannes, et dans lequel on retrouve avec surprise le guitariste/chanteur de Classe Mannequin, croisé il y a peu au Relax. Surprise bonifiée par la reprise distordue d’ « I Don’t Mind », tube ultime des top models nantais, au terme d’un set très court compte tenu du genre. Grunge, emo, indie : il y a un peu de tout ça dans les rengaines délicates mais très habitées du quatuor mené par le batteur de Harm Done, qu’on sait donc capable de la violence la plus crue, en dépit de vocalises à fleur de peau toutes nineties réitérées dans Summer Video Club. On retrouve donc ces lignes de voix trainantes à la Nai Harvest et le timbre un peu cassé bien grungeouille du leader, confrontés à des parties de guitare qui voient la légèreté des mélodies le disputer à la nervosité accords, et les influences de Joyce Manor et Title Fight pointer le bout de leur nez. Le genre de truc qui te fait instantanément pousser les Converse éreintées, le jean limé et le t-shirt XXL. Mais bien au-delà des stéréotypes liés au genre, c’est l’aptitude du groupe à se montrer hyper accrocheur en quelques riffs et une longue plainte qui séduit. On le savait déjà grâce aux deux tubes « This World »  et « Distance », qui seront joués assez vite (il y avait aussi un autre titre de This Is Our Pride, « Somebody Else » peut-être), mais la tendance se confirmera avec les nouveaux titres interprétés qui, bien que pas encore trop appropriés par le second guitariste bien content de se cacher derrière une panne de pédale lors du plus réussi d’entre eux, balancent aussi leur lot de refrains catchy et entêtants. On savait l’hexagone capable de très bonnes choses côté indie-punk — notamment lorsqu’il est coupé au grunge, ce n’est pas Bitpart qui me contredira — et Souven!rs confirme clairement en live qu’il fait partie du haut du panier.

Souven!rs (CC0)

Souven!rs (CC0)

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