[Récit de concert] 13/01/2017 : Classe Mannequin @ Relax

Pour débuter cette année 2017, le Relax a choisi d’ajouter de la fraicheur à ce climat hivernal de mois de janvier. C’est donc dans le catalogue de Head Records, à la ligne éditoriale fluctuante mais à la qualité constante, que le comité de programmation est allé se fournir. Conglomérat nantais réunissant des membres de Bantam Lyons, Moskou ou Tiny Scalp, le quatuor du soir avait pour mission d’équilibrer la balance atmosphérique en ondes positives, sachant qu’à quelques encablures de là, la cave du Zinc baignait dans les ambiances torturées du depressive suicidal black metal d’Ostium et de Ruines. Même si, à titre personnel, je serais bien allé me frotté à la resucée de Regarde Les Hommes Tomber que les seconds semblent proposer, cette concurrence marquée par un écart stylistique important n’expliquera guère la toute petite affluence au Relax.

affiche-cm

  • Classe Mannequin : Plus poilus que les héroïnes qui composaient le casting de la sitcom des années 90 du même nom, les quatre nantais n’en développent pas moins une musique aux traits fins, aux contours harmonieux et à l’esprit ingénu. Soucieux de ne pas trop se découvrir d’entrée de jeu, le set débute comme leur album se termine : c’est donc l’instrumental tendu et linéaire « Tunnel » qui ouvre le gala, tandis que « Fakir » suit et ne montre guère plus de jovialité – tout comme le peu de public présent qui, fidèle à la tradition des bords de podiums, tire la tronche et répond du bout des lèvres aux sollicitations d’un chanteur quelque peu esseulé. Mais, bien qu’enracinées dans la collection automne-hiver, ces deux compos introductives parmi les moins jouasses du groupe annoncent tout de même une griffe qu’on retrouve dans la plupart des pièces présentées, à savoir des mélodies marquées au caractère jinglesque comme la scène math-rock — et notamment son épicentre nantais, comme par hasard — est capable d’en livrer (« Soleil d’Amour »), mais brodées sur un écheveau mêlant pop angora et noise-grungeouille plus rêche, avec pour accessoires clinquants des lignes de voix accrocheuses avant d’être plaintives (« Ballroom Dancer »). La suite du set, qui comprendra notamment deux inédits, donnera progressivement au groupe l’occasion de démontrer ce savoir-faire dans l’assemblage de motifs colorés, sans tomber dans l’outrance tape à l’œil (on n’est pas chez Desigual) ni dans le tricot imbitable. Cadencé par les rythmiques sautillantes d’un batteur ingénieux, le défilé n’omet aucune gourmandise, y compris celles qu’on pourrait croire incompatibles avec la taille mannequin : « Candy Panda » (qui voit le bassiste et le guitariste échanger leurs instruments), et « Fajitas Oh My Lord ». Ne sacrifiant pas aux coutumes de la haute-couture, la robe de mariée le tube indiscutable du groupe, le très Dinosaur Jr « I Don’t Mind », arrivera avant la fin et donnera toute la mesure du préjudice subit depuis le début de set par un chant qui ne sera pas épargné par le son. Peu rancuniers vis-à-vis de l’accueil mitigé, les quatre créateurs consentiront un dernier tour de piste pour mettre en pratique une fois de plus leur capacité à synthétiser une tonnes d’influences diverses (pop, noise, indie, grunge…) dans des draperies au maillage complexe mais astucieux qui, si elles ne tutoient pas toutes la perfection comme peut le faire « I Don’t Mind », reflètent tout de même une certaine classe que n’usurpe pas le nom du groupe.
Classe Mannequin (CC0)

Classe Mannequin (CC0)

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