[Récit de concert] 14/12/2016 : Bear And Forbear + Quitters @ Zinc

A cheval entre La Rochelle, Bordeaux, et désormais Poitiers, l’asso 1000 Manières De Pourrir organisait son premier gala en capitale pictavienne au Zinc. Plutôt versée dans le punk, comme en témoigne l’affiche du jour, l’orga n’hésite toutefois pas à sortir de sa zone de confort pour se tourner vers des genres plus métalliques (leur prochaine date au Zinc sera ainsi orientée black metal). Pour ce premier jet placé sous le signe du prix libre (entrée ET merch’ des groupes), l’Amicale de la Telecaster® deux groupes — dont un local — bien actifs dans les réseaux DIY étaient invités à achever leurs tournées hivernales respectives à Poitiers où ils trouveront, et ne manqueront pas de le souligner, une cave bien remplie (et toute illuminée de jaune), qui plus est pour un soir de semaine.

affiche-quitters

  • Quitters : Choix un peu surprenant, c’est le groupe extérieur, de Montpellier, qui est chargé d’ouvrir le bal (peut-être en raison de leur agenda chargé pour la suite de la soirée, à savoir un retour direct à la maison avec une étape à Lyon). On retrouve à une des guitares le bassiste entrevu lors du passage de Guerilla Poubelle l’été dernier au Plan B, ce qui confirme la gravitation du groupe dans le giron de Guerilla Asso, pourvoyeuse de nombreuses formations dans le même genre, à savoir un punk-rock aux accents mélo affirmés qu’on sent biberonné aux sorties Epitaph ou Fat Wreck Chords. A ce détail près que le quatuor exploite le sillon mélodique à fond, sous forme de leads ingénieux qui restent en tête (« I Think About These Things When I’m Drinking »), pour donner aux gros accords de convenance un contrepoint indie-punk bienvenu, ce qui le rapprocherait d’Iron Chic. Poussant le sens du catchy un peu plus loin, le guitariste-chanteur — malgré un accent anglais parfois bien franchouillard — lâche à l’occasion des refrains bien sentis et ultra-accrocheurs (notamment sur « Runaway » et « Leave Your Bruises », joué en dernier et qu’on espérait plus) repris par les membres de Bear And Forbear et montrant que les deux groupes ont déjà acquis une certaine complicité au cours de quelques dates communes. Entre quelques blagues plus ou moins réussies et de fausses intros en forme de clin d’oeil (ceci par exemple), le quatuor aura tout de même le temps de roder leurs nouveaux morceaux sur scène, annonçant des sorties futures toujours dans la même veine, et emmenées par un batteur inventif au bras long (la crash culmine bien à 1,50m). C’est frais et catchy comme de l’indie ou de la pop tout en restant assez rugueux et rythmé pour rester dans un périmètre punk-rock connu et reconnu (pensez planche à roulettes et teen-movies), et ça s’appelle donc Quitters.
Quitters (crédits : J.-E. Mallet)

Quitters (crédits : J.-E. Mallet)

  • Bear And Forbear : Avec ce quatuor fraichement formé (à peine plus d’un an d’existence et de mémoire un seul concert à Poitiers au Rock’n’Bike Café, qui a fermé tellement vite que je n’ai pas eu le temps d’y mettre les pieds), le calembour reste poussif et le tempo soutenu. Peut-être un peu plus que chez Quitters d’ailleurs. Pas vraiment inconnus dans le coin, les membres du combo sont pour deux d’entre eux issus de Johk et on y trouve également un Topsy Turvy’s (le roadie de Seven Hate batteur de ces derniers est d’ailleurs bien présent au premier rang et aligne les vannes histoire de déconcentrer ses petits camarades). Les mecs ont de la bouteille et ça se sent en live où pas grand chose ne dépasse — si ce n’est la voix principale qu’on retrouve un peu plus rugueuse et nasillarde que sur Viewpointleur premier EP quatre titres naturellement joué entièrement entre quelques inédits. Mais outre cette assurance scénique, les compositions aussi traduisent l’expérience du groupe qui, en plus d’astuces vocales assemblant les timbres des trois cordistes dans des placements et des harmonies efficaces, ne se cantonne pas au schéma couplet-refrain habituel avec un pont s’il y a le temps. Les structures sont donc travaillées et voient s’entrecouper des plans rapides guidés par les cadences infernales du batteur, des mid-tempos maousse costauds laissant le champ libre à des choeurs chaleureux, et des accalmies à base d’arpèges en sourdine et de quasi-a capella qui lorgnent franchement du côté de l’emo pour babtou blessé. Un schéma presque progressif annoncé d’entrée de jeu par leur modèle du genre, puisque c’est « The Middle Ground » qui entame le set et énumère les différents registres dans lesquels se déclinent les morceaux, et que reprend bien sûr « Rooftop », le tube MTViesque du groupe. Bear And Forbear, à travers cette variété dans l’écriture, semble assimiler un paquet d’influences qui, tout en restant dans les radars du punk-rock à bermuda/Vans Authentic, voient se mélanger pop-punk, emo et skatecore. Le principal restant que tout cela ait été bien digéré pour un rendu cohérent évoquant 1000 Degrees, ce qui ne gâche rien.
Bear And Forbear (crédits : J.-E. Mallet)

Bear And Forbear (crédits : J.-E. Mallet)

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