[Récit de concert] 03/09/2016 : Strong As Ten + Gasmask Terrör + Zone Infinie + Year Of No Light + Veuve S.S. + Syndrome 81 + Kalte Lust + Litovsk + Ostavka + Brainfreeze @ Zinor (Destructure Fest, Jour #2)

La tente plantée sur les bords verdurés de la Maine pour récupérer d’une première soirée riche en découvertes, les abords du Zinor nous montraient que cette salle était vraiment un spot parfait pour passer un week-end loin du foyer afin de profiter d’un bon gros raout punx. A une saloperie de clébard aboyant compulsivement comme un débile passé 8h près. Le réveil anticipé offert par le bruyant canidé permettra toutefois d’apprécier pleinement le soleil matinal au détour d’un roupillon sur le barrage, d’une partie de molky à l’ombre, ou d’un frugal pique-nique. Bref, on ne va pas non plus épiloguer sur mon week-end bucolique en pays chouan, le temps de prendre une douche à la piscine voisine (quand je vous dis que ce spot est parfait…), et on était d’attaque pour entamer cette journée dès 17h, avec toujours plus de groupes mortels, de public, de distros, et de bouffe vegan.

affiche-destructure

  • Brainfreeze : Comme la veille, c’est un groupe du coin (du 44 voisin) qui ouvre le bal, et comme la veille, certainement pas pour meubler la programmation en attendant les têtes d’affiche. Inaugurant la scène extérieure sous le soleil, le power-trio entame cette seconde journée dans une relative douceur, celle de leur indie-grunge fortement teinté de post-hardcore se refusant à trancher entre #teamDischord et #teamTouchAndGo. Autant dire que tout respire à pleins poumons les années 90. Des disciples de Shellac, ils reprennent la disto métallique de la guitare, la basse râpeuse et un certain sens de l’abrasion (« 45 RPM »), de ceux de Fugazi, ils empruntent quelques lignes de voix sur fond de groove (« The Horde »). Pour autant, et y compris sur Nocebo dont les quatre titres seront joués dans l’ordre au milieu du set, cette indécision qui déborde parfois sur d’autres références est parfois déroutante tant elle multiplie les ambiances et contribue à former à patchwork constitué de vestiges datant d’il y a 25 ans. Du grunge bourrin de « Bullshit Ministry » à l’indie mélancolique de « No Good Story », en passant par le parler post-hardcore de « Disapointless » joué aux balais et interprété par le guitariste (qui s’associera ponctuellement au cours du set avec une justesse relative à la bassiste-chanteuse principale), il y a donc quelques fossés. Encore plus lorsque le groupe choisit de débuter le concert par un long titre inconnu (un nouveau?), aux accents shoegaze et à la répétition obsédante. Pas forcément facile à suivre, mais avec un degré d’efficacité quasi-constant, le trio diffusera les dernières ondes positives sous un soleil radieux, avant qu’une froideur toute bretonne, une obscurité crépusculaire et une violence crasse ne s’abattent sur ce Destructure Fest.
Brainfreeze (crédits : CC-BY-NC-SA par Jö)

Brainfreeze (crédits : CC-BY-NC-SA par Jö)

  • Ostavka : La première grosse baisse de température survient avec ce groupe brestois, découvert et instantanément validé en parcourant les groupes prévus à l’affiche de ce week-end. Avec une formule plutôt inattendue — deux crusts à la guitare et la batterie, un skin à la basse et une punk au chant — le groupe n’officie pas dans le street-punk de bas étage et préfère taper dans la cold-wave tourmentée du meilleur goût. Le post-punk glacial avec un chant féminin avait déjà Douche Froide pour mettre la scène française au pas, il faudra désormais compter sur ce quatuor breton, qui devrait prochainement sortir un album essentiel dans le genre. La démo du groupe, dont trois titres ont été remastérisés sur un EP, posait les bases d’un cold-punk costaud aux tempos soutenus et au power-chord un peu facile : « Not Your Doll », « Dual Personality » et surtout « Memento Mori » (rebaptisée « La Bière Et Les Copains » pour l’occasion, « parce que c’est moins déprimant ») en seront l’exemple lors de ce set. Mais le groupe semble désormais s’appuyer sur une capacité à livrer de jolis leads et surtout sur la voix grandiloquente de la leadeuse pour accentuer le côté mélodique, enrichir des rythmiques ralenties, et assumer encore plus l’influence des Cure tout en se rapprochant de Malaïse. Le combo en est à ses débuts (un ou deux ans au compteur), et c’est encore plus flagrant sur scène ou les quatre sont plutôt statiques — le guitaristes devra s’asseoir pour jouer les arpèges les plus compliqués, dont ceux du magnifique « Yellow Clothes », et demandera à rallumer les lumières pour ne pas perdre de vue son manche. Mais le live confirme d’un autre côté que les enregistrements ne mentent pas sur la force de ce chant lointain et réverbéré, met en relief des lignes de basse mélodiques, et ne fait que rendre l’attente de ce premier LP encore plus longue.
Ostavka (crédits : CC-BY-NC-SA par Jö)

Ostavka (crédits : CC-BY-NC-SA par Jö)

  • Litovsk : De retour sur la scène extérieure, on reste un pied à Brest la pluvieuse et on y ajoute la froideur de la mer du Nord, guère plus accueillante. Les textes du groupe sont en effet écrits aussi bien en anglais qu’en néerlandais et sont interprétés par deux chanteurs différents qui campent au pied de la scène. Pas forcément flagrante sur leur excellent LP récemment sorti, la subtilité devient un peu plus évidente en concert, où on prendra plus facilement parti pour le punk officiant en anglais avec un phrasé oi! que pour le skin qui chante en hollandais en forçant un peu le côté post-punk (même s’il lâchera quelques kacedédi, dont une à un huissier, plutôt marrantes avant ses morceaux). A la section instrumentale, on retrouve un classique trio basse-batterie-guitare délivrant un cold-punk nerveux, au riff éraillé, à l’arpège tourbillonnant et réverbéré,  et à la basse obsédante plaquée sur la binarité bien stricte de la batterie. Si la figure tutélaire qu’est The Mob reste bien présente à l’esprit, c’est de la tension froide développée par Diät ou de The New Flesh que les bretons sont les plus proches. Hyper efficace sur scène, le quintet laisse bien ressortir le côté oi! de ses compos, qui permet au public désormais bien fourni de reprendre les refrains fédérateurs dès « Nergenst » qui ouvre le set. La bonne entente se poursuivra à mesure que le combo déroulera les titres issus de leur album (« Are We Going Somewhere? », « Gewoon Me », « Crazy As Those Dreams Can Be » ou encore « De Wandeling Van Het Vandaal » qui malgré le gros pain en ouverture reste une énorme pile), mais franchira un palier lorsque deux titres centrés sur la rue — celle du refrain de « New Age » par Blitz et celle de « Brest » — seront joués à la suite et repris vigoureusement par les cinq premiers rangs. Au final, la seule déception liée à Litovsk sur ce samedi sera celle de ne pas pouvoir mettre la main sur leur LP, déjà épuisé, et en cours de repressage.
Litovsk (crédits : CC-BY-NC-SA par Jö)

Litovsk (crédits : CC-BY-NC-SA par Jö)

  • Kalte Lust : Contrairement à ce qu’indique l’ordre de passage, ce n’est pas Veuve S.S. mais ce quintet bordelais qui se présente dans la salle. On craint d’abord une annulation des lyonnais, mais il semble finalement que le réajustement cherche juste à garder bien glaciale la vague de groupes qui défilent en cette fin d’après-midi. Car au rayon permafrost, ce combo n’a pas son pareil pour saisir à froid une audience déjà maintenue bien au dessous de zéro. Les premiers titres manqués (il faut bien manger, et vu l’affiche, ne pas se gourer dans le timing), c’est sur l’envoûtant « Story Of The Eye » que j’arrive dans la salle, plongée dans la solennité de la cold-wave girondine. Rythmiques martiales, tribales, arpèges énigmatiques, nappes de synthé fantomatiques (quoique trop en retrait sur ce concert, bien plus que sur leurs deux albums), voix féminine profonde et mélancolique un peu à la Siouxsie : le groupe installe une obscurité feutrée, et fait planer une inquiétude sourde au dessus d’un public pénétré. Il n’y a pas ici de grosse saturation, ni d’accords de puissance, et le jeu de batterie se base sur les toms pour installer une attente angoissante perpétuelle sans jamais accélérer les tempos ou forcer sur les décibels (à part peut-être sur « Into The Water »). Je n’entendrais d’ailleurs aucun de leurs titres chantés en allemand, qui auraient pu ajouter un peu de rugosité. L’ambiance est donc sombre et pesante à souhait, grâce à des compositions à la gravité captivante (complètement immergé, le chanteur de Gasmask Terrör qu’on retrouve ici à la guitare nous gratifiera d’ailleurs d’un déhanché sensuel qu’on ne lui connaissait pas, le claviériste passera pour sa part une partie du set arc-bouté sur son synthé). Paradoxalement, les musiciens la jouent plutôt relax entre les morceaux, les balances de la scène extérieure donnent l’occasion au batteur d’imiter celui de Syndrome 81 qui bourrinne dehors, et les interférences de son portable permettent au guitariste de vanner Zone Infinie. Au milieu de ce set abondamment aspergé d’azote liquide, on trouvera donc néanmoins les stigmates chaleureux d’une camaraderie rigolarde. Une familiarité qu’on retrouvera par paquets de douze pas plus tard que juste après.
Kalte Lust (crédits : CC-BY-NC-SA par Jö)

Kalte Lust (crédits : CC-BY-NC-SA par Jö)

  • Syndrome 81 : A la jonction d’une programmation faisant la part belle au désespoir le plus tourmenté et à la violence salvatrice, ce quintet brestois cristallisant une partie de la richesse présente et passé du Grand-Ouest en matière de rock’n’roll (Litovsk, Sordid Ship, The Night Stalkers, Thrashington DC…) apparaissait tout trouvé. Compromis parfait entre la fraîcheur d’une lame de rasoir effleurant l’intérieur du poignet un soir de cafard et la chaleur d’une bonne claque amicale dans le dos assénée à l’entrée d’un troquet de la rade de Brest, les bretons combinent des textes plombés au spleen côtier et des leads glacés comme la bruine du Finistère à des riffs qui cherchent la baston et des refrains gouailleurs. Dans un sens en plein dans le revival oi! qui sévit en France depuis quelques années maintenant (Outreau, Lion’s Law, Rixe, Bromure…), Syndrome 81 s’en démarque aussi un peu en incluant une bonne dose de post-punk dans leur écriture, ce qui les rapproche de Blitz, dont ils reprendront d’ailleurs « I Don’t Need You » en traduisant les paroles. Ils franciseront aussi « Nothing » de Negative Approach, pas besoin de dire que ces deux covers foutront un joli merdier dans la fosse. Passant le set au pied de la scène, le chanteur se fera de toute façon truster le micro pour tous les morceaux, histoire que des gimmicks aussi sympathiques que « Suicide balnéaire, suicide bord de mer », « Toute ta vie tu as trimé, tu les as tous enterrés » ou « Tu n’en peux plus d’ici » soient scandés par la foule dans la joie et l’allégresse que n’évoquent pas vraiment ces textes, pas plus que ceux de « Dans Les Rues La Nuit », « Désert Urbain » ou « Contre Vents Et Marées » qui seront également joués. N’ayant rien à envier au béton de la périphérie parisienne, le gris du ciel breton et l’ennui qui hante ses rues embrumées donne naissance à de magnifiques complaintes oi!. Mais en live, pas le temps de chialer : ce sont clairement les refrains accrocheurs et bien ajustés (en tout cas plus qu’un centre de Bruno Grougi) qui reprennent le dessus pour fédérer un public ne demandant qu’à les entonner en se mettant sur la tronche.
Syndrome 81 (crédits : CC-BY-NC-SA par Jö)

Syndrome 81 (crédits : CC-BY-NC-SA par Jö)

  • Veuve S.S. : On prend définitivement de la distance avec le post-punk de l’après-midi et on pénètre dans la nuit la peur au ventre, avant de se faire taillader à coup de lame rouillée par le hardcore malsain des lyonnais. Du vice, du ressentiment, ou plus simplement de la haine, c’est bien tout ce qu’ils ont à offrir, non sans une certaine insistance. Il n’est pas ici question de tempo, de riffing, ou plus globalement de genre musical : tout ce qui pourra retranscrire la violence la plus dégueulasse se verra accaparé et remâché par le quatuor qui en dégueulera un hardcore déstructuré et uniquement guidé par le nihilisme et la misanthropie les plus vils. Des effluves d’équarrissage en général, au chanteur chauve à moustache à l’aise dans sa démence qui se plait à martyriser son micro, menacer les premiers rangs, et s’arracher les cordes vocales en particulier, ce déballage de tripes viciées pourra évoquer Calvaiire. Mais Veuve S.S. baffre à tous les râteliers et convoque les blasts blackisants et crasseux de Céleste aux côtés du groove malfaisant de Cowards et du powerviolence éclaté de Dropdead ou d’Infest à la table vermoulue de ce festin faisandé, avec pour chemin de table une dissonance omniprésente et des textes sanglants et putréfiés. Avec pas mal de sorties au compteur et notamment Viscères dont ce ne sera pas faute de réclamer le titre éponyme, le combo choisira visiblement de mettre en avant des morceaux méconnus pour ma part (des nouveaux?) parmi lesquels, entre deux estafilades, je finirai par distinguer les assauts lourds puis sauvages de « Schlass ». La tête et le bide retournés à la suite de ce set plus qu’intense, on n’était plus à ça près pour accueillir le groupe le plus inattendu de la programmation.
Veuve SS (crédits : CC-BY-NC-SA par Jö)

Veuve S.S. (crédits : CC-BY-NC-SA par Jö)

  • Year Of No Light : On a en effet tendance à l’oublier (du moins c’est mon cas) depuis qu’il multiplie les tournées internationales et court les gros festivals metal — avec notamment à son actif la grand-messe hollandaise des puristes : le Roadburn — mais ce combo bordelais fait bel et bien partie de la famille Destructure, depuis qu’il y a sorti deux splits dont un avec Karysun. Du point de vue de la programmation orientée post-punk/hardcore du festival, le doom fortement teinté de post-metal de YONL faisait également figure de curiosité (et je ne parle même pas du très officiel écriteau « CBⓇ acceptée » sur leur merch coincé entre une dizaine de distros DIY). Deux mesures plus loin, qui représentent environ une minute, la puissance combinée du grondement sourd des guitares, des nappes de synthé flottantes et de la batterie assommante rendaient parfaitement accessoire toute problématique de cohérence, puisqu’on se trouvait de toute façon bien loin de Montaigu. Dire que les lentes épopées de ce sextet girondin fantomatique dans ce brouillard épais sont immersives serait un euphémisme. Franchissant pour la plupart la barre des dix minutes, les compositions se déploient et gagnent inexorablement en intensité pour accentuer leur emprise et entrainer le public, nombreux ici encore, dans leur abîme froid et obscur. Associant les tempos abyssaux de Dirge à la grandeur de Cult Of Luna, Year Of No Light compte sur le nombre pour cultiver l’art du contraste, avec notamment trois guitares alliant riffs plombés et leads plaintifs, ainsi que deux batteries superposant roulements processionnaires et pulsations écrasantes. L’esprit embrumé au bout de ce set nocturne (le dernier sur la scène extérieure), difficile de faire remonter beaucoup de factuel à propos de cette séance divinatoire. Il me semblera tout de même reconnaitre « Stella Rectrix » et « Hierophante », tandis qu’on déplorera l’absence de l’épique « Géhenne ». Aussi, et afin de pallier l’absence temporaire d’un des membres du groupe (celui qui joue dans VvvV je crois), un septième initié fut introduit. D’abord remplaçant intérimaire, ce membre issu d’Angoisse devrait occuper le poste de chanteur dans YONL (l’indice fact-checking sur cette phrase est de 30%, la probabilité qu’une ou plusieurs conneries s’y soient glissées est de moyenne à forte). Ce serait donc le premier vocaliste du groupe depuis 2008, et il succéderait au « nouveau Prince Noir de la chanson française« .
Year Of No Light (crédits : CC-BY-NC-SA par Jö)

Year Of No Light (crédits : CC-BY-NC-SA par Jö)

  • Zone Infinie : Autant entrer dans le set de YONL n’a pas été pas un souci, autant en sortir fut plus laborieux. Heureusement, on pourra compter sur une salle désormais blindée et le contact chaud et vigoureux de ses occupants pour se remettre dans le sens de la marche et apprécier pleinement le punk-rock de loubards des stéphanois. Les problèmes de son qui retardent le coup d’envoi laissent apprécier le bagou du chanteur osant le combo 100% street-cred Air Max/Banane-rouflaquettes — soit le compromis parfait entre Gradur et Bébert des Forbans. Un peu teintés de oi!/street-punk, on retient surtout des morceaux leurs leads mélodiques accrocheurs et surtout leurs refrains avec de bonnes lignes de chant bien gueulardes. « Les Failles », « Agression », « La Guerre » ou encore « Zéro », avec ses questions-réponses supersoniques qui se marchent un peu dessus en concert, pourront donc compter sur une participation active du public qui reprendra ces hymnes de la ville avec force détermination et moult enthousiasme. Le nom et l’imagerie de Zone Infinie ne trompent pas : derrière de faux airs de La Fraction, le punk-rock des ligériens a les deux pieds sur le bitume, et chante la désillusion urbaine. Pas aussi désespéré et suicidaire que Syndrome 81 — même s’il sait aussi l’être à travers le titre ci-dessous que je ne connaissais pas — c’est surtout l’esprit de revanche, l’envie de relever la tête avec la lèvre aussi crispée que leur chanteur qui s’en dégage. C’est frontal, un peu bagarreur et certainement pas très fin, mais c’est peut-être tout ce que le béton décrépi d’une ville bousillée par des années de désindustrialisation et la liquidation de son passé minier avait à offrir. Du dégoût, de la défiance, de la démerde : c’est le programme de Zone Infinie, et on peut dire qu’il aura réussi à fédérer l’audience.

  • Gasmask Terrör : J’en ai déjà beaucoup dit sur les bordelais, que ce soit ici, , ou encore (et j’aurais même pu parler de la fois où ils ont joué au Bonobo Stomp Fest d’Angoulême devant 10 personnes sans se démonter). Donc oui, c’était le chaos dans le pit, oui ce set était encore un hommage à Discharge, et oui ils ont repris « Misery » de Bastard en rappel. Si vous voulez une idée plus précise de ce que donne un set de Gasmask Terrör, allez donc lire un des reports proposés un peu plus haut. La seule différence que vous y trouverez, c’est que le chanteur aura eu le bon goût et l’élégance pour fêter les quinze ans de Destructure de s’entailler le front à coups de micro.
  • Strong As Ten : Nous voilà donc au dernier tour de piste. Et pas des moindres. Rien de mieux qu’un peu de fastcore avec des breaks bien thrashouilles histoire de vidanger les dernières calories et se déchirer une fois encore les cordes vocales avec quelques reprises bien senties (« Degenerated » de Reagan Youth pour ne citer qu’elle, mais pas de « Nervous Breakdown », snif…). Bandana de rigueur, private jokes entre les morceaux, et une délicate atmosphère de sortie skate bien arrosée : ce dernier set est donc placé sous le signe du fun et de la légèreté. On y retrouve des membres de Gasmask Terrör et Year Of No Light sur le bord de la scène qui chambrent les messins et reprennent les gimmicks supersoniques répondant aux cris aigus du chanteur. Tout ça dilué dans de courtes mais intenses courses-poursuites lancées contre le tempo et entrecoupées de passages bien twist façon Bones Brigade ou Reproach. Pour cela, Strong As Ten pouvait compter sur un batteur réglé comme du papier à musique, imprimant une cadence folle à chacune de ces cavalcades ne dépassant guère la minute, sans jamais frôler la surchauffe. On ressort donc une dernière fois de la salle avec un gros sourire, encore plus en notant qu’il y avait encore une fille sur scène. Sans atteindre la parité, loin de là, on en verra dans pas mal de groupes, ainsi que dans le public tout au long du week-end. Comme quoi il est possible d’organiser des événements autour des musiques qui font du bruit en faisant un peu de place aux meufs, sur et devant la scène. Un bon point de plus à ajouter au crédit de ce week-end mémorable (les absents ont eu tort) et de Destructure qui, je l’espère, fêtera ses 15 ans chaque année à moins de deux heures de chez moi.
Strong As Ten (crédits : CC-BY-NC-SA par Jö)

Strong As Ten (crédits : CC-BY-NC-SA par Jö)

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5 responses to “[Récit de concert] 03/09/2016 : Strong As Ten + Gasmask Terrör + Zone Infinie + Year Of No Light + Veuve S.S. + Syndrome 81 + Kalte Lust + Litovsk + Ostavka + Brainfreeze @ Zinor (Destructure Fest, Jour #2)

  • Bebert le frelon

    Connaissant très bien le guitariste du groupe OSTAVKA, il me semble qu’il jouait assis pour des raisons médicales (hémorroïdes).

  • KriKri d'amour

    Le nouvel album de OSTAVKA est en écoute sur leur bandcamp.

  • gratin de chou fleur à la sauce ragondin

    C’est rassurant de savoir que le gratteu d’ostavka peut faire une partie de son set debout, il est fort mentalement car avec de tel démangeaisons, il est costaud le gars…………..
    plus sérieusement mieux vaut avoir un groupe qui favorise la qualité musicale qu’un jeu de scène en allignant pain sur pain et puis le style ne se prête pas non plus à bouger et à sauter dans tout les sens.

    • la Rédaction

      C’était aucunement un reproche, c’était juste pour restituer ce qui se passe sur scène. Je suis aussi de ton avis sur le fait de privilégier l’intégrité des chansons, surtout quand il s’agit de morceaux excellents comme Yellow Clothes.

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