[Récit de concert] 20/08/2016 : Amenra + Carpenter Brut + Neurosis + Cult Of Luna + Agnostic Front + Gorod + Sordid Ship + Hypno5e + Fange + Infest + Regarde Les Hommes Tomber + Atlantis Chronicles @ Motocultor 2016

Petit frère, cousin proche, version miniature du Hellfest : de nombreux raccourcis permettent de qualifier le Motocultor, « l’autre » festival breton de metal et dérivés. Si les deux événements ne boxent manifestement pas dans la même catégorie, n’ayant pas d’autre expérience que le mastodonte clissonnais au rayon gros festival spécialisé (les reports sont ici), il sera assez aisé de s’en servir comme maître-étalon pour apprécier les particularités du rendez-vous nolféen. Finalement, les principaux petits points noirs du Hellfest se transforment en points forts pour le Motocultor : peu de distance entre le parking, le camping et le site, peu de queue à la fouille, une facilité de circulation pour aller d’une scène à l’autre… Bref, un festival à taille humaine. Il faut simplement persévérer pour parvenir au sacro-saint site du Kerboulard qui, si on n’arrive pas de Vannes, reste très peu indiqué à l’intérieur du bourg de Saint-Nolff — le manque de signalisation et d’info visuelle (concernant les lieux du site, le running-order ou le fonctionnement du bar) est un reproche qui pourra aussi être formulé à l’intérieur de l’enceinte du fest’. En clair, si les décors exubérants et les installations accessoires qui vous en collent plein les mirettes ne vous intéressent pas, que seul l’aspect musical d’un événement vous fait vibrer : le Motocultor est fait pour vous. Egalement moins grand public, sa programmation ravira les amateurs de metal pur(s) et dur(s) (avec toutefois quelques embardées audacieuses). Celle du samedi était particulièrement alléchante, ça tombait à point nommé puisque c’était la seule journée à laquelle nous pouvions assister.

Affiche Motocultor

  • Atlantis Chronicles : Quitte à n’être présent qu’une seule journée, autant en profiter à fond, et ce dès le début. D’autant que les voisins de camping belges qui harcèlent chaque meuf passant à portée de voix ne nous donnent pas très envie de nous éterniser et d’être associé à leur beauferie misogyne. On est donc en place pour le set des parisiens qui viennent réveiller la Dave Mustage avec leur deathcore technique. Douceur et simplicité ne feront donc pas partie de ce petit déjeuner qui mêlera masterclass en tapping et moshparts syncopées à tendance djent (on n’est pas très loin de Gorod sur certains plans). Pas de quoi refroidir un public réceptif qui lance un circle pit dès le troisième titre du set. Aérant ces parties tempétueuses bien distordues, de belles plages progressives viennent immerger le public dans l’univers nautique du groupe (à l’image d’Ahab, dans un registre doom) et faire écho au décor de scène représentant sous différentes formes les avatars du monde sous-marin. Au bout d’un set plein de maîtrise et de dextérité, au cours duquel l’un des deux guitaristes nous fera profiter de son chant clair du plus bel effet, Atlantis Chronicles remontera à la surface quittera la scène  laissant dans son sillage un public conquis.
  • Regarde Les Hommes Tomber : Pas besoin d’aller au bout du set des nantais pour savoir que là aussi, l’assistance leur sera acquise. Le quintet n’est pas encore présent que la tente abritant la Massey Ferguscene est déjà pleine à craquer. Les nombreux présents ne tarderont pas à obtenir ce qu’ils veulent puisque « A Sheep Among The Wolves » ouvre le set et charrie déjà son lot de roulements tribaux, de blasts orageux et de descentes de toms menant directement aux rives du Styx. Les variations rythmiques qui impriment une cadence lourde à ce post-black flamboyant font toujours mouche sur scène, tandis que les guitares souffrent un peu du son de la tente, avec quelques larsens, et que les arpèges et leads tourmentés ont du mal à s’extirper du grondement sourd ambiant. Evidemment, l’horaire et le soleil luisant qui va avec ne mettront pas en valeur l’atmosphère sombre des morceaux, pas plus que les stroboscopes déchirant cette pénombre menaçante, mais la puissance des compositions, le riff lancinant d’ « Ov Flames, Flesh Ans Sins » (jouée sans son intro), le final cataclysmique de « Wanderer Of Eternity » ou la cavalcade affolée de « The Incandescent March » suffisent à faire pressentir la fin du monde suggérée par le nom du groupe, ainsi que par l’attitude prophétique du vocaliste secondé par ses quatre instrumentistes encapuchonnés. Une posture mutique naturellement abandonnée au moment de saluer chaleureusement le public, visiblement ravi d’avoir goûté à 3/4 d’heure d’apocalypse.
Atlantis Chronicles (crédits : CC-BY-NC-SA par JojoStudioFoto)

Atlantis Chronicles (crédits : CC-BY-NC-SA par JojoStudioFoto)

  • Infest : Le groupe basque est à l’origine d’un très bel effet chaud/froid, lorsqu’il fut annoncé qu’il remplaçait Bl’ast! sur la Dave Mustage. Pensant d’abord aux légendes du hardcore à tendance powerviolence, leur passage en début d’après-midi me faisait vite retrouver la raison et envisager un groupe un peu plus confidentiel. Quoiqu’il en soit, les sudistes ont tout de même de la ressource, et officient pour leur part dans un grindcore « light », entre Nasum et les Blockheads, évitant le blast à outrance et le grünt en boucle (même si les puristes du genre y auront tout de même droit, évidemment). Si la guitare qui tronçonne et les cadences infernales nous rappellent où nous sommes, le groupe sait aussi aménager quelques cassures rythmiques plus lourdes qui « aèrent » ces boules puantes successives en y incluant des phases presque groovy propices à la gigue. Le combo revendique d’ailleurs cette volonté, avec des morceaux comme « Moshroom », rebaptisé « Moshtente » pour l’occasion. Oui, on reste dans un concert de grind, l’ambiance reste donc légère, inversement à l’humour cassoulet, que ce soit sur scène avec un leader qui ne résistera pas à la tentation d’aller se jeter dans la foule, ou dans le pit qui auto-gèrera le premier wall of death de la journée.
  • Fange : Dans la série « Nos régions ont du talent », après l’Île-de-France, Breizh-44 et Euskal Herria, c’est au tour de Roazhon (et un peu Laval, maintenant que c’est le boss de Throatruiner derrière le micro) de nous présenter ses gloires locales. Curieux de voir ce que donnait ce harsh-sludge oppressant sur une grande scène, je m’attendais à ce que le monolithe compact se fissure un peu dans ce large espace pour tomber à plat (mais je m’en foutais un peu vu que le show bourré de larsen donné dans la cave moite et exigüe du Zinc avait tenu toute ses promesses en terme d’agression sonore rapprochée). Évidemment — et avec toute la clairvoyance qui me caractérise — ce live devait finalement s’avérer être le plus impressionnant de la journée. Zéro faute pour ce set, du bon troll introductif avec un gros morceau de trap (genre Kaaris ou Gradur) à la réintégration du chanteur d’origine, ici derrière des machines pour ajouter un peu de noise au bruit, et au micro pour « Grêle Molle » et « Ammoniac », extraits de Poisse, premier album du combo. Côté visuel, les quatre s’approprient finalement bien la scène, et notamment le chanteur, à qui le grand espace laisse l’occasion d’extérioriser toute sa démence. Arpentant les planches de long en large, il se cogne, crache, se raidit, s’étrangle, se brise, et éructe finalement ses textes aussi malsains que le sludge bruitiste dans lequel ils viennent se perdre. Même constat pour le son : la hauteur sous plafond profite à la distorsion massive de la guitare (au refrain de « Mâchefer », plus qu’aux arpèges dégoulinants de « Cour Martiale »), dont les riffs fusent et tournoient comme un ouragan boueux pour finalement s’abattre sur la fosse comme une pluie de plomb à l’intensité semblable au vrai déluge qui tombe dehors. Une intensité aussi décuplée qu’inattendue, qui démontre que Fange sait se jouer des contextes pour rendre irrésistible la puissance dévastatrice de son sludge cacophonique. De la petite cave inhospitalière de ton bled faisant ressortir les aspects les plus vicieux de sa dissonance, à la grosse scène permettant de prendre la mesure de la monstruosité outrancière du son et des hommes, la sanction sera la même.
Fange (crédits : CC-BY-NC-SA par JojoStudioFoto)

Fange (crédits : CC-BY-NC-SA par JojoStudioFoto)

  • Hypno5e : On revient avec ce quatuor montpelliérain à quelque chose de plus aéré, de moins vicié. La tente bien remplie confirme notre incompréhension d’avoir vu leur passage à Poitiers boudé par le public. Les héraultais font en effet partie du haut du panier dans une scène metal française en proie au mimétisme, et la singularité de leur death progressif très imagé suffit à elle-seule à justifier ce succès. Aussi atmosphériques que complexes lorsque le groupe en vient à flirter avec le djent Meshugghien, le public connait les compositions. Il suit les innombrables revirements qui composent les scénarii et déterminent les textures de ces pièces à tiroirs entrecoupées de samples cinématographiques parlés. Pour autant, et à l’inverse de Fange, Hypno5e semble moins s’accommoder de la configuration festival. Les balances durent un peu, et le concert débute avec un peu de retard, mais aussi de flottement, qui gâcheront en partie « In Our Deaf Lands ». Les projections, bien que relayées par des lights travaillées, ne sont plus là pour enrichir visuellement les cheminements tortueux empruntés par les progressions abruptes et les ambiances contrastées qui en résultent. Enfin, le temps alloué ne permet pas au quatuor d’explorer toute sa discographie et l’oblige à livrer un set déjà-vu centré sur Acid Mist Tomorrow (le titre éponyme et les deux dernières parties de « Géhenne ») et conclu par « Tutuguri ». Ceux qui ont apprécié le show sans connaître Hypno5e auront donc la chance lorsqu’ils les reverront avec tous leurs effets de prendre une sacrée claque. Pour les autres, on se fera secouer avec plaisir par les titres chargés d’émotion du combo, mais on regrettera l’absence d’une partie du côté accessoire.
  • Sordid Ship : Côté effets, on sera servis pour le set des lorientais, qui n’ont pas lésiné sur les éléments contextuels. Ballons, matelas et requins gonflables, chemises à fleurs (mais avec des patches, la première du genre à n’en pas douter) : le tout sent bon l’ambiance détendue d’une plage ensoleillée, sable chaud et bière tiédasse de rigueur. Esprit surf, riffs punk rock et rythmiques hardcore, tout transpire les années 80 américaines et navigue sans cesse entre le littoral californien et le pavé new-yorkais. Sur scène, le quatuor joue également la carte de la légèreté, on sent que les potes ne sont pas loin (d’ailleurs le bassiste de RLHT passera son temps à chourer de la bière derrière la batterie). Les plagistes compléteront d’ailleurs leur set composé de gimmicks ne demandant qu’à être repris (« Cut The Rope », « Junkie Beach », « Tsunami Waves ») et de torpilles chargées de Dead Kennedys, de NOFX et de Minor Threat (« G.O.O.O.B. », « Shark Attack », « Sordid Ship ») par une course de matelas gonflables portés par le public, opposant le batteur du groupe à un spectateur désormais vainqueur d’un t-shirt. « On est un groupe de hardcore et on doit jouer 40mn, donc faut meubler » justifiera le chanteur ; ce n’est pourtant pas faute d’avoir écrémé la quasi-totalité de leur répertoire! Vainqueur du tremplin Motocultor (le chanteur adressera d’ailleurs une dédicace à tous les participants, la classe), Sordid Ship n’aura donc pas volé son titre, et déclenché une joyeuse houle dans le pit.
Sordid Ship (crédits : CC-BY-NC-SA par JojoStudioFoto)

Sordid Ship (crédits : CC-BY-NC-SA par JojoStudioFoto)

  • Gorod : L’heure tourne, et les groupes français s’apprêtent à laisser les scènes aux pointures internationales. Pourtant, à l’applaudimètre, les bordelais n’ont absolument rien à envier aux têtes d’affiche du jour. Aussi technique soit-il, leur death metal basé sur des signatures rythmiques impossibles et un shredding effréné était visiblement très attendu et n’aura pas déçu un public bien décidé à s’enjailler. Car au-delà de l’enveloppe d’apparence complexe, des parties bien groovy et des blasts sans détours retournent régulièrement un pit d’avance en ébullition. Des slams partent de très loin pour arriver devant la scène, la foule scande « Gorod » spontanément, et la friction semble chaleureuse dans les premiers rangs. Pour ne rien gâcher, les girondins savent choyer leur public, en allant jusqu’à exhumer un titre de l’époque où ils s’appelaient encore Gorgasm, et dont seulement deux membres subsistent encore (« Harmony In Torture », en l’occurrence). Comme d’habitude, le bassiste et son gros smile ainsi que le chanteur intenable retiennent l’attention, et contribuent à réchauffer l’ambiance entre la scène et le public. Après un traditionnel « Disavow Your God » en clôture, le quintet repart sous une des plus belles acclamations de ce samedi.
  • Agnostic Front : C’est à l’heure où le jour commence à tomber que je découvre pour la première fois la Supositor Stage, scène extérieure en pente douce et bordée par un bois. Comparée aux deux tentes imposantes, celle-ci parait finalement assez étroite. D’ailleurs, le fond de scène ne permet pas de dérouler l’ensemble du backdrop et on a l’impression que « Front » est en train de jouer. Peu importe, le public sait très bien à qui il a affaire et connait par coeur les hymnes qu’aligne le combo américain, entrecoupés de reprises tout aussi fédératrices : « Crucified For Your Sins » d’Iron Cross et « Blitzkrieg Bop » des Ramones en clôture, avec une tentative d’envahissement de scène avortée qui ne laissera passer qu’une personne déguisée en poule. Il est vrai qu’au jeu de la communion et de l’unitay, ce représentant de la Sainte-Trinité du New-York Hardcore (avec Madball et Sick Of It All), remplit le cahier des charges et chauffe la fosse à blanc. Forcément en avant, les deux fondateurs du groupe — Stigma à la six-cordes (facile à savoir : il a marqué son nom en gros sur la guitare, surement pour ne pas se la faire voler) et le chanteur à bandana — font surtout office de mascottes. Car si le second est bien obligé tant bien que mal de donner de la voix poussivement, le premier passe plus son temps à taper la pose qu’à jouer les riffs de « For My Family », « Police Violence » ou « Gotta Go ». C’est là le privilège des pointures du hardcore : elles peuvent jouer en roue libre, il y aura toujours un parterre de moshers pour donner vie aux morceaux.
Gorod (crédits : CC-BY-NC-SA par JojoStudioFoto)

Gorod (crédits : CC-BY-NC-SA par JojoStudioFoto)

  • Cult Of Luna : La nuit est désormais tombée, et le premier groupe du monstrueux triptyque post-metal programmé sur ce Motocultor s’apprête à investir la Massey Ferguscene. La pénombre ambiante se voit seulement percée de quelques rayons blancs, la fumée envahit la scène et place le septuor fantomatique dans un épais brouillard : aucun doute, le set sera introspectif, et seule la musique, au détriment des musiciens, sera mise en avant. Centré sur Vertikal, ces cinquante « petites » minutes de set (compte tenu du genre) laisseront passer quatre morceaux fleuves qui offrent la part belle aux progressions immersives où le riff monolithique le dispute au lead aérien, dans des successions faisant sans cesse s’ouvrir le sol sous ses pieds ou le ciel se dégager au dessus de sa tête. Mais réduire Cult Of Luna à l’intelligence des lignes de guitare serait omettre de faire honneur aux innombrables atouts donc disposent les suédois. A commencer par son chanteur, dont la voix rauque et puissante amplifie s’il en était besoin la dimension gigantesque des instrumentaux (le final de « Ghost Trail »), les arrangements lumineux émanant des synthés venant purifier un peu plus la clarté des arpèges (I : The Weapon »), ou les parties rythmiques effectuées à plusieurs batteries (« In Awe Of »). Avec des albums aussi grandioses, on ne pouvait attendre que du phénoménal de la part d’un live de CoL, et on n’aura pas été déçu.
  • Neurosis : Encore un grand nom de la scène post-metal, sinon le plus grand, et un gros coup de la part du Motocultor qui réussit à chopper la seule date française du groupe pour cette année. Aussi, un choix judicieux dans l’ordre de passage, car transition idéale entre Cult Of Luna et Amenra. Des premiers, ils troquent la pureté et la luminescence contre de multiples aspérités distordues et une poisse obscure. Aux seconds, ils ont certainement soufflé le sens de l’abrasion et de la souffrance habitée. C’est finalement toute une scène que Neurosis a enfanté dans sa douleur, ça n’en devient que plus clair à mesure de « Times Of Grace », « Given To The Rising » ou « Locust Star » défilent. Un riffing s’approchant du sludge sans non plus se vautrer dans la boue, des tempos écrasants sans qu’on puisse les identifier au doom, mais un sens du vertige et de la compacité à l’origine du genre post-metal. Incluses dans le set, « Bending Light » et « Broken Ground », issus de leur album à paraître en cette fin d’année, montrent que le groupe n’a rien perdu de sa puissance (le duo vocal époustoufle par sa grandeur), mais la fait désormais mûrir dans de belles progressions plus aérées et agrémentées d’effets synthétiques éthérés. Entre vieux classiques et prise de risque, Neurosis aura prouvé, comme s’il en était besoin, qu’il faisait partie des grands noms du metal, et devrait le rester pour un bon moment.
Agnostic Front (crédits : CC-BY-NC-SA par JojoStudioFoto)

Agnostic Front (crédits : CC-BY-NC-SA par JojoStudioFoto)

  • Carpenter Brut : C’était la bizarrerie du running-order, la transition improbable entre les tempos lents de Neurosis et d’Amenra, et tout simplement l’OVNI de la journée. Mais aussi et avant tout un des points forts du Motocultor, qui sait sortir de sa zone de confort pour proposer à l’affiche des formations extérieures à la sphère metal. Tout pape de la synthwave à la française soit-il (en excluant Perturbator), Carpenter Brut — et notamment sa formule live qui agrège des membres de Klone et Hacride — n’en est cependant pas tout à fait étranger, à la différence de JC Satàn programmé la veille comme un cheveu sur la soupe. La forte affluence, doublée d’une moyenne d’âge très basse, montre d’ailleurs que le festival tape juste. Dans une ambiance tamisée rougeoyante et sous les projections de cinéma gore bien rétro qu’illustre parfaitement l’électro horrifique du trio (dans la veine de Justice en plus kitch), la Massey Ferguscene se changera en club bouillonnant agrippé au kick implacable guidant « Roller Mobster », « Disco Zombi Italia » ou « Le Perv ». Pour ma part, et comme lorsque je les ai vus la dernière fois, j’ai toujours un peu de mal à rentrer dans cette version live de Carpenter Brut, gêné par le jeu de batterie trop « humain » et des transitions pas toujours très fluides. Ceci dit, il faut tout de même avouer que le karaoké final sur « Maniac » (BO de Flashdance) est plutôt imparable.
  • Amenra : La fin de la journée, et de mon Motocultor, se fait de plus en plus nette. Mes souvenirs un peu moins. La bière n’y est pas étrangère, évidemment, mais le post-metal à vif des belges non plus. C’est peu dire que ce quintet sait entraîner une foule dans la chute inexorable de ses compositions torturées. Pénétrant au plus profond des tissus pour une expérience aux frontières de la transe, chacun des lents martèlements de caisse claire perce la peau, chaque riff décharné racle la chair, la voix écorchée du chanteur se faisant l’écho de cette souffrance réitérée encore et encore avec une intensité croissante. En comparaison avec leur date du Confort Moderne en compagnie d’autres membres de la Church Of Ra, l’emprise est cependant un peu moins forte : moins de proximité avec les musiciens eux-mêmes imprégnés par la puissance de leur son, des images de fond moins visibles (quand elles ne sont pas polluées par des cons faisant de l’ombre devant le projecteur), et — ce qui m’avait marqué la première fois — un retour moins brusque à la réalité suite au final abrupt de « Silver Needle. Golden Nail ». Mais l’immersion est tout de même garantie, du début de set tout en groove lancinant (« The Pain It Is Shapeless We Are Your Shapeless Pain », « Razoreater ») à la rage lourde d’ « Am Kreuz » en passant par les percussions métalliques mystiques de « Boden », et il ne manquait finalement qu’ « A Mon Âme ». C’est donc quelque peu hébété que je sors de la Dave Mustage, dans un état semi-conscient qui me fera faire de mauvais rêves peuplés de gens vêtus de peaux de bêtes jouant du flûtiau sur la Supositor Stage.
Neurosis (crédits : CC-BY-NC-SA par JojoStudioFoto)

Neurosis (crédits : CC-BY-NC-SA par JojoStudioFoto)

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