[Récit de concert] 19/06/2016 : Refused + Black Sabbath + Ghost + Kadavar + Gojira + Unsane + Power Trip + Turnstile + Municipal Waste + Stonebirds @ Hellfest (Jour #3)

C’est déjà le dernier jour de festival à Clisson, et pour la première fois du week-end, le temps n’est absolument pas menaçant. Ça tombe bien, puisque comme la plupart du temps, le dimanche est la journée qui m’intéresse le plus sur le Hellfest, et compte le plus de groupes que je souhaite voir ou revoir depuis un bon moment. De quoi trouver un regain de motivation opportun tandis que les tempes commencent à cogner après trois beuveries nuits agitées, et que les jambes commencent à flancher après un certain nombre de bornes parcourues. Heureusement, en complément d’une programmation alléchante, le festivalier pourra également se délecter d’un tout aussi alléchant et désormais légendaire Potatoes Burger, histoire de reprendre un peu de forces.

affiche hellfest

  • Stonebirds : Comme chaque jour, on émerge tranquillement dans la Valley, avec une programmation matinale de plus en plus atmosphérique sur cette scène stoner, de sorte à accompagner des réveils à la douleur croissante. De la même façon que The Lumberjack Feedback la veille, mais avec des influences différentes, le trio breton se plait à briser la lourdeur monolithe de ses compositions à coups de sonorités plus aériennes. A moins que ce ne soit l’envie de plomber de belles envolées fuzz sous une épaisse couche de riffs bitumeux qui ne motive le combo. La voix rugueuse, les suites d’accords brûlantes et les sonorités réverbérées fleurent bon le soleil, le sable et le goudron chaud. Pas vraiment les paysages bretons donc, mais plutôt l’aridité des déserts américains ombragés par les figures tutélaires de Kyuss ou Alice In Chains, ce qui ferait de Stonebirds et Soundcrawler de parfaits compagnons de tournée. A ce détail près que les lorientais poussent plus loin l’exploration d’ambiances atmosphériques rayonnantes, et s’imposaient donc comme les hôtes idéaux en ce dimanche breton ensoleillé.
  • Municipal Waste : Les tauliers du crossover sont bien matinaux en cette dernière journée. Partageant quelques membres avec Iron Reagan — le groupe de thrashcore qui monte qui est aussi passé par une Mainstage lors du Hellfest 2015 — le combo américain disposera du même temps de jeu (trente petites minutes), alors qu’il bénéficie pourtant d’une aura plus importante. Il suffit pour s’en convaincre de jeter un oeil à la fosse bien remplie, qui me poussera à suivre le show de loin. Une demi-heure, pour une formation qui joue des morceaux tournant autour des deux minutes, cela peut paraitre assez long de prime abord. Mais, en dépit de titres évocateurs portés sur la gaudriole (« Bangover », « Beer Pressure », « You’re Cut Off »), le quintet a aussi des choses à dire. Pas besoin de vous faire un dessin, il suffit de jeter un oeil au backdrop ci-dessous, reprenant le suicide trumpien ornant des t-shirts estampillés « The only walls we build are walls of death » pour avoir une idée des intertitres commentant la campagne électorale complètement rincée que sont en train de vivre les USA. L’occasion de réarranger le brûlot de dix secondes « I Want To Kill The President » pour viser le gros Donald (rien de fou en soi, mais ce qui prête à sourire dans un pays où on colle des procès à des mecs qui évoquent le manque de diplôme d’Estrosi…). Mariant sans souci la dureté de leur propos politique à la légèreté de leurs morceaux crossover joués pied au plancher et taillés pour la fiesta, Municipal Waste aura réussi à coller un beau bordel dans le pit, qui ne cessera de tournoyer durant toute la durée du set. Et comme toute bonne teuf qui se respecte, c’est finalement le voisin un peu récalcitrant Orphaned Land qui y mettra fin, alors que l’hymne dédié « Born To Party » allait commencer cependant que la fosse scandait « Municipal Waste Is Gonna Fuck You Up! ». La guitare en forme du « M » du groupe n’aura guère le temps d’aller au delà de trois accords, le son étant coupé par la régie. Autant dire que le retour en backstage a du être salé.
Municipal Waste (crédits : CC-BY-NC-SA par LoloStudioFoto)

Municipal Waste (crédits : CC-BY-NC-SA par LoloStudioFoto)

  • Turnstile : C’est parti pour la meilleure séquence du festival (inévitablement sur la Warzone) et aussi la plus attendue pour ma part. Et j’aime quand tout se passe comme prévu, c’est peu de le dire. Deux groupes choisis parmi la nouvelle vague du hardcore étasunien, avec d’abord ce premier quintet comptant le batteur de Trapped Under Ice au micro et partageant son batteur avec Angel Du$t. Ces deux références suffisent à situer le hardcore ici proposé : conforme aux préceptes du genre institués au cours des années 90, mais enveloppé dans une couche de sucre qui rend l’ensemble nettement plus catchy. Quitte à placer des références, on ajoutera le phrasé rap et le timbre vocal DeLaRochien de RATM, le groove de Living Colour, et quelques moshparts tout en souplesse à la Crown Of Thornz. Leur album Non Stop Feeling ne mentait déjà pas sur la marchandise, et continuait à exploiter le filon de la rythmique élastique et des passages vocaux vaporeux découverts sur deux premiers EPs. En concert, ce feeling est décuplé et transforme le pit quoiqu’aéré en piscine à vagues dès l’amorce du riff de « Fazed Out ». En contrepartie de cette grosse décharge de vitalité, le chant clair se fera approximatif sur « Drop » ainsi que « Gravity », et le refrain de « 7 »/ »Keep It Moving », curieusement joué en milieu de set, sera repris par le public. Il faut croire que c’était le prix à payer pour voir le chanteur descendre dans la fosse à de multiples reprises, et un bassiste tournoyant — laissant deviner des shows dantesques lorsque le combo se produit en salle. Sans oublier d’en placer une pour Donal Trump sur « Pushing Me Away », Turnstile aura réussi, en laissant autant de place à Step 2 Rythm qu’à leur dernier album, à offrir tout ce qu’on attendait de ce groupe qui monte : du groove, de la fraicheur, et une grosse présence scénique. Avec ça, ils pouvaient bien se permettre de conclure avec « Blue By You », l’OVNI pop de leur dernier album, chanté par le bassiste.
  • Power Trip : Seconde formation de notre ticket gagnant, en provenance directe du Texas. On reste dans le giron du hardcore mais on change nettement de registre et de références, ce qui n’empêche pas les mecs de Turnstile de rester sur le côté de la scène en mode Unitay, et leur bassiste d’avoir le dernier mot sur « Crossbreaker ». La dose de thrash est ici nettement plus importante, et l’ombre de Cro-Mags, dont le logo orne par ailleurs le t-shirt d’un des guitaristes, ne s’éloignera guère de la Warzone pendant toute la durée du set. Exit la fraîcheur et la souplesse donc, l’ambiance est beaucoup plus directe et bas-du-front, en témoigne ce début d’échauffourée (le seul recensé de tout le fest’) déclenché par un énergumène visiblement en croisade contre les appareils photo, qui se soldera par le coup de pied au cul le plus humiliant qui m’ait été donné à voir, délivré par un bel aryen solidement charpenté. De manière plus générale, tout le monde semble de toute façon avoir posé son cerveau sur le bord de la fosse à la seconde même où les battements martiaux de « Manifest Decimation » ont débuté pour lancer le set. C’en était donc parti pour trois quarts d’heure de circle pit quasiment ininterrompu (le seul auquel je participerai des trois jours). Quelques pauses seront toutefois à noter, pour reprendre les sing alongs mongoloïdes de « Murderer’s Row », « Suffer No Fool » ou « The Hammer Of Doubt » au micro ponctuellement partagé par le leader, quand il ne distribue pas des high kicks sur scène. En dehors de cela, ça tourbillonne sans fin au rythme des cavalcades thrashcore et des mid-tempos débilos délestés de la grosse réverb’ caractéristique de Power Trip. A revoir au plus vite, si possible avec leurs potes de Turnstile.
Turnstile (crédits : CC-BY-NC-SA par LoloStudioFoto)

Turnstile (crédits : CC-BY-NC-SA par LoloStudioFoto)

  • Unsane : Le genre étant relativement peu représenté au Hellfest, lorsque les tauliers du noise-rock sont de passage en ville, mieux vaut ne pas les rater. Vu le taux de remplissage de la Valley, on était visiblement quelques-uns à s’être donnés le mot. Il n’y a pourtant que peu de surprise dans un set d’Unsane, si ce n’est dans le cas présent qu’aucun titre de leur dernier album n’y fut joué, la setlist privilégiant les années 90 du groupe en groupant soigneusement les morceaux d’Occupational Hazard et Scattered, Smothered & Covered de part et d’autre du show. Mis à part ça, on sait que les trois encasquettés les plus célèbres du noise game n’auront de cesse de nous déverser leur rancoeur haineuse sous forme de riffs dissonants, de basse graisseuse, de vibratos dégringolants et de patterns aussi volumineux que la batterie dont ils sont extraits (il y aura même un peu d’harmonica pour introduire « Alleged »), dans lesquels vient se noyer une voix arrachée qui suinte des années d’addictions diverses. Massif et saturé, corrosif et malsain (forcément), répétitif jusqu’à l’abrasion, le son d’Unsane aura donc tenu toutes ses promesses, au terme d’un set dense duquel on ressortira aplati sous des tonnes de distorsion.
  • Gojira : Les landais se présentent sur la Mainstage en terrain conquis. Formant certainement le groupe français le plus connu à l’étranger, il y avait peu de raison pour qu’ils se prennent un bide à domicile. L’affluence grandissante depuis leur passage en 2013 montre d’ailleurs que leur popularité s’accroit encore, alors que Magma, leur sixième album, est sorti depuis deux jours et traduit un des virages les plus radicaux opérés par le combo depuis ses débuts. Plus courts, plus catchy, et surtout plus clairs, les titres de ce disque joués pour ce show, « Silvera », « Stranded » et « Only Pain » souffriront d’ailleurs du son taillé pour les compositions plus distordues et fidèle à la veine death progressif creusée par les français. Pas de quoi refroidir pour autant un public acquis à leur cause, qui répond chaleureusement aux marques de sympathie renouvelées par le frontman entre chaque morceau, visiblement ravi de revenir jouer au HELLFEEEST, encore plus pour y fêter l’anniversaire de leur batteur, qui aura donc droit à son solo en conclusion de « Backbone ». Car si quelque chose reste immuable chez Gojira, c’est bien sa capacité à conquérir chaque scène foulée, grâce à une grosse présence et une interprétation habitée des morceaux, bien aidés par les tapis de double grosse-caisse et les riffs mastodontes et plein d’harmoniques de « Flying Wales », « Wisdom Comes » ou encore « Toxic Garbage Island » qui ont fait sa réputation. Ca n’enlèvera pas toute la frustration liée au fait de rater Mgla qui jouait en même temps dans le Temple, mais ça y contribuera grandement.
Unsane (crédits : CC-BY-NC-SA par LoloStudioFoto)

Unsane (crédits : CC-BY-NC-SA par LoloStudioFoto)

  • Kadavar : Grosse affluence toujours dans la Valley, alors que le trio teuton monte sur scène affublé comme de coutume de leurs fringues pattes d’eph’ et léopard typées 70’s, histoire de faire écho à leur stoner psyché qui en parait tout droit sorti. Arrivant à point nommé à l’heure de l’apérispliff, les allemands vont pendant près d’une heure embrumer la tente dans les volutes chanvrées de leur riffs psychotropiques portées par un groove stratosphérique. C’est presque comme si les titres issus de Berlin, leur dernier album en date mettant quelque peu en veilleuse le psychédélisme au profit d’un hard-rock plus rentre-dedans, étaient trop brutaux pour les esprits cotonneux et les crânes flasques dodelinant tranquillement sur « Black Sun », « All Our Thoughts » ou « Doomsday Machine », leurs morceaux plus anciens. « The Old Man », « Last Living Dinosaur » ou « Thousand Miles Away From Home » réveilleront donc les premiers rangs qui se livreront, et c’est assez rare pour le noter compte tenu du genre, à quelques séries de slams. Quelque part entre Graveyard et Uncle Acid And The Deadbeats, mais néanmoins au dessus, Kadavar a confirmé par ce show une maitrise de la scène indiscutable déjà éprouvée au Confort Moderne de Poitiers, sans que la configuration festival ne vienne ébranler cette machine bien huilée.
  • Ghost : Il fallait arriver tôt pour avoir une chance de profiter pleinement du show théâtral des suédois, sur la Mainstage 2.  D’autant qu’en cette fin d’après-midi, les grosses pointures s’alignent sur les grandes scènes, avec notamment Slayer et Megadeth. On profitera donc du set sans grand relief des premiers pour se sustenter, et de celui des seconds pour grappiller des places dans la foule déjà bien compacte. C’est donc plutôt bien placé que l’on aborde ce set, annoncé comme « spécial », et que l’on pourra donc comparer à celui vu à la Sirène de La Rochelle quelques mois plus tôt. La première partie du concert est sensiblement la même, et bien qu’on connaisse le truc, l’apparition subite du leader toqué Papa Emeritus III après la mise en marche de « Spirit » est toujours aussi spectaculaire. Côté accessoire, le backdrop Art déco, le placement des musiciens aux masques de gargouilles métalliques et le changement de costume du chanteur (de la robe au costume années 20) pendant « The Devil Church » restent inchangés. On remarque cependant à mesure que « From The Pinnacle To The Pit », « Cirice » ou le magnifique « He Is » s’enchainent, que la setlist a été totalement purgée des titres d’Opus Eponymus (adieu « Elizabeth »…) et qu’Infestissumam n’est plus représentée que par trois titres, dont feront toutefois l’objet d’une mise en scène justifiant le caractère spécial du show. « Body And Blood » verra ainsi une foule de nonnes distribuer hosties et vin consacrés au premier rang de façon plus impressionnante et surtout convaincante que les deux figurantes tétanisées de La Rochelle. On reverra d’ailleurs ces « soeurs du péché » pour le grand final, succédant à un « Mommy Dust » galvanisant (comment ne pas devenir dingue face à un putain de solo de guitare-synthé?) conclu par une pluie de confettis. « Monstrance Clock », ultime titre de ce set de Ghost, sera donc l’occasion de revenir pour les nonnes, et de redescendre dans la fosse accompagnées du chanteur. Mais ce sera surtout le moment pour une chorale d’une trentaine de gosses du coin d’entrer en scène et de reprendre le refrain du morceau, cependant qu’un feu d’artifice éclatait sur le côté de la scène ! Alors certes, on est à des années-lumières de la débauche de pyrotechnique de Rammstein, mais il faut bien dire qu’un choeur de sopranos invoquant l’orgasme féminin a capella, ça rend tout de suite spécial un set globalement sans surprise, et tout juste conforme à la majesté d’un groupe qui n’a plus grand chose à prouver, mais qui continue à dévoiler par ce genre de final une marge de création tout à fait réjouissante pour la suite.
Ghost (crédits : CC-BY-NC-SA par LoloStudioFoto)

Ghost (crédits : CC-BY-NC-SA par LoloStudioFoto)

  • Black Sabbath : Du côté droit de la scène pour Ghost, on fait deux pas de côté et on se retrouve sur le côté gauche de la Mainstage principale pour assister à l’un des derniers sabbats donné par les pères fondateurs du metal. Fondé en 1968 à Birmingham, le groupe effectue cette année une dernière tournée avec les 3/4 du line-up d’origine (sans son batteur), après avoir donné naissance à des genres aussi différents que le heavy metal, le doom, le stoner et de façon plus lointaine le black metal (soyons fous). Petite appréhension tout de même, sachant que les retours concernant le dernier passage du quatuor au Hellfest 2014 n’avaient pas été tendres concernant la prestation vocale d’Ozzy Osbourne. Cette année, en dehors des stigmates évidents liés à une forte consommation de botox, il n’y aura pas grand chose à dire sur le chanteur, certes pas aussi carré et fougueux que dans sa jeunesse chéiroptérovore, mais franchement, vous vous attendiez à quoi de la part d’un groupe avec quasiment 50 ans de carrière et d’addictions diverses dans le rétroviseur? Personnellement, je demandais juste un best-of des premiers albums du groupe joué convenablement. De ce côté-là, je n’ai pas été déçu, et ce dès les grondements d’orage pluvieux succédant à un petit film d’intro et précédant « Black Sabbath », premier morceau éponyme du premier album éponyme de Black Sabbath. Appuyés par un écran-géant géant alternant rediffusion de ce qui se passe sur scène sans lésiner sur les effets psyché et les illustrations des morceaux, ce sont donc « War Pigs » et ses sirènes hurlantes, « N.I.B. » et son solo de basse introductif, « After Forever » et son synthé futuriste, ou encore « Iron Man » et son groove mécanique qui reviennent sur 40 ans de riffs lugubres, d’arpèges maléfiques et de leads occulto-psyché interprétés par le maître du genre et son flegme légendaire. Forcément, le « jeunot » engagé à la batterie et son solo tape-à-l’oeil sur « Rat Salad » et une setlist ne faisant pas assez de place à Master Of Reality et pas du tout à Sabbath Bloody Sabbath terniront quelque peu ces adieux plus qu’honorables, mais un seul « Paranoid » vous est joué en rappel et tout est pardonné.
Black Sabbath (crédits : CC-BY-NC-SA par LoloStudioFoto)

Black Sabbath (crédits : CC-BY-NC-SA par LoloStudioFoto)

  • Refused : Nous voilà au bout de ces trois jours de Hellfest 2016. Les jambes sont lourdes, les tempes cognent fort et les oreilles bourdonnent. On va donc la jouer tranquille sur cet ultime set, et regarder le combo suédois de loin, assis dans l’herbe, d’autant que leur album come-back m’avait paru mi-figue mi-raisin. Tiens, pourtant c’est bizarre, elle rend vraiment bien « Elektra » en live, et vu le bordel en cours devant la scène, je ne dois pas être le seul à le penser. A partir de là, c’est l’escalade. Il semble en effet impensable de rester impassible devant une telle débauche d’énergie, inévitablement destinée à se propager dans la moindre cellule d’une assistance galvanisée par les assauts répétés de ce quintet électrisant, et à créer un moment de communion sincère en abolissant la frontière entre la scène et la fosse. Il est évident qu’à ce jeu là, le frontman en costard rouge y est pour beaucoup, multipliant les allers-retours entre son pied de micro et la barrière du premier rang, mais réussissant surtout le tour de force d’aborder des sujets aussi délicats que la culture du viol ou la montée du racisme sans tomber dans le prêchi-prêcha, et surtout en obtenant l’approbation d’un public pas toujours très concerné par ces thématiques. Derrière, le reste des musiciens — en formation resserrée pour rendre la scène plus conviviale — envoient avec précision les titres du dernier album (« Destroy The Man », « Servant Of  Death », mais pas « Françafrique », qui aurait pourtant été de rigueur), que l’interprétation live rattache finalement assez nettement aux titres plus anciens de The Shape Of Punk To Come — en tout cas plus qu’aux morceaux plus typés metalcore « Coup d’Etat » et « Rather Be Dead » qui seront également joués. Entre le post-hardcore, la fusion et une sorte de free-rock amenant le groupe à coller l’intro de « Raining Blood » au milieu de « The Deadly Rythm » pour lier tout ça, on retiendra surtout au terme de ce set l’association du groove et l’intelligence des riffs qui font d’un show de Refused un moment difficilement oubliable (j’aurais par exemple le refrain de « Summerholidays Vs. Punkroutine » dans la tête pendant deux semaines). La morale de cette histoire, c’est donc qu’il vaut mieux ne pas fléchir sous le poids de trois jours éprouvants et rester alerte jusqu’au bout du Hellfest : on n’est jamais à l’abri de prendre la branlée du week-end dans ses tout derniers instants, ce fut le cas pour moi. J’en ai ainsi profité pour mettre tout ce qui me restait dans le pit, et j’y ai laissé une dizaine de pages de notes griffonnées pendant toute la durée du festival. Cheers!
Refused (crédits : CC-BY-NC-SA par LoloStudioFoto)

Refused (crédits : CC-BY-NC-SA par LoloStudioFoto)

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