[Récit de concert] 18/06/2016 : Napalm Death + Ludwig Von 88 + Goatsnake + The Toy Dolls + With The Dead + UK Subs + Agoraphobic Nosebleed + Discharge + Mantar + Myrkur + Hangman’s Chair + The Lumberjack Feedback @ Hellfest (Jour #2)

Deuxième journée de Hellfest, avec ce samedi une énorme rétrospective punk au programme. L’occasion de revenir ici sur la scène dédiée au genre, la Warzone, sur laquelle on aura passé le plus clair de notre temps ces trois jours, et qui a été complètement remaniée pour cette édition. Point noir du festival ces dernières années avec un accès compliqué en raison de l’entrée située à l’arrière de la scène créant un goulot d’étranglement lors des fortes affluences (remember Body Count), la morphologie du site — agrandi — a été totalement révisée avec la présence de deux points d’entrée perpendiculaires à la scène elle-même réorientée, qui empêchent les bouchons tout en permettant aux retardataires d’assister aux concerts de loin sans se soucier des périodes de rush. A mentionner également : le décor travaillé qui entoure désormais la Warzone et s’illumine de mille feux la nuit (à l’image des bars), même si la thématique « miradors et barbelés » nous laissera un peu sceptique.

affiche hellfest

  • The Lumberjack Feedback : C’est toutefois dans la Valley que commence la journée, avec un combo lillois atypique, remplaçant les canadiens de Dopethrone initialement prévus. Atypique car présentant la particularité de compter deux batteurs parmi ses rangs, laissant présager de belles parties complémentaires. Malheureusement, cette configuration semble essentiellement servir à densifier la puissance de la rythmique et à alourdir les temps forts. Et de la lourdeur, il y en a dans ce doom instrumental mâtiné de post-metal, à la façon de Russian Circles ou Neurosis, autant que de riffs électrisants. Les suites d’accord travaillées découvertes sur Blackened Visions, dont trois titres seront joués (le morceau éponyme, « Salvation », et le très progressif « Dra Til Helvete »), sont parfaitement restituées sur scène et les multiples nuances s’extirpant de la masse sonore (cassures rythmiques, riffs à tiroirs, arpèges moins saturés…) font mouche. Au bout d’un set à la conclusion bruitiste malmenant les batteries qui se cassent à moitié la gueule, sur un morceau inconnu (un nouveau?), on se dit que ce parfait compromis entre distorsion assommante et riffs hypnotisants était une introduction tout à fait appropriée à cette journée, tant le public encore clairsemé à cet horaire matinal peine encore à sortir de sa nuit.
  • Hangman’s Chair : On reste sous la Valley et dans les tempos lents avec une autre formation française, plus difficilement classable. C’est peut-être cet aspect qui m’avait empêché de prendre part à l’enthousiasme général qu’avait provoqué leur dernier album à sa sortie. C’est donc dans l’optique de comprendre cet engouement que je me rendais dans la Valley. Ben, j’ai compris. Autant ne pas tourner autour du pot : c’est le seul concert du week-end qui m’ait collé des frissons (et ce n’est pas une façon de parler). Des lignes de voix éthérées délivrées par un chanteur phénoménal, des riffs plombés par des années de spleen urbain, des rythmiques lentes comme l’ennui francilien, et une des meilleures cartes postales de Paris avec celle, bien qu’un peu plus offensive, de Cowards. This Is Not Supposed To Be Positive, le bien nommé, est principalement représenté avec ses deux temps forts, « Dripping Low » et « Flashback », de part et d’autre de la suite, et montre comment le groupe s’est affranchi des codes pour construire un rock à la fois lourd et vaporeux, shooté à la mélancolie bétonnée, qu’une distorsion épaisse et des tempos pesants ont tendance à rattacher trop facilement au sludge ou au doom. Bien que le « The Rest Is Silence » joué en fin de set, avec son chant crié et son riffing plus convenu, évoquent des influences effectivement sludge et hardcore, Hangman’s Chair se tient bien loin de la théâtralité mortuaire du doom et des coulées boueuses du sludge, pour construire la bande-son de leurs désillusions.
Lumberjack Feedback (crédits : CC-BY-NC-SA by LoloStudioFoto)

The Lumberjack Feedback (crédits : CC-BY-NC-SA by LoloStudioFoto)

  • Myrkur : Le Temple est étonnamment rempli tandis que s’avance sur scène, pieds nus et drapée dans une robe noire, une des femmes les plus détestées du milieu black metal, sous le feu de remarques le plus souvent misogynes de la part des trve du cul aux idées puantes qui peuplent une partie de cette scène. Ce qui prête un peu à sourire étant donné que les musiciens encapuchonnés accompagnant en live ce projet initialement solo sont issus de Mayhem et God Seed. Avec le tort de certainement trop s’écarter des sentiers bien balisés du black metal, la danoise insuffle une touche de lyrisme atmosphérique dans ses compositions, qui conservent une enveloppe trad’, au travers de samples d’instruments ancestraux bien audibles en live comme le violon ou la harpe. Une ambiance parfois champêtre et bucolique (à l’image du pied de micro en vrai bois d’arbre), parfois médiévale, pourtant apte à plaire aux amateurs du genre. Alternant avec facilité les hurlements furieux sur les passages black et les lignes de voix lointaines et éthérées sur ses deux micros, la soliste prend également parfois la guitare pour accentuer la violence de certains titres (les tourbillons infernaux d’ « Onde Børn », de « Skaði »). Un set malgré tout dominé par les passages chantés, en dépit de « Mordet » et « Hævnen » dans la setlist, qui aura au moins eu le mérite d’apporter un peu de grâce sous le Temple, et de trinquer en danois avec l’une des seules représentantes féminines du metal du week-end.
  • Mantar : Encore un inclassable ici, opportunément déplacé de la Mainstage à la Valley. Difficile en effet d’imaginer ce duo dans l’immensité et la démesure d’une des grandes scènes. D’autant que les deux allemands en short jouent la carte de l’intimisme, avec une configuration face à face, placés de profil au public. De quoi pleinement apprécier la frappe massive du batteur, qui imprime une cadence lourde à ce metal hybride, qui marie des éléments poisseux empruntés au sludge et au black metal dans un magma bien crasseux. Un peu comme si des crusts se mettaient au metal. Aussi approprié dans la Valley que sous le Temple, Mantar pose en effet des lignes de voix putrides sur des lignes de guitare boueuses, à l’inspiration sudiste. Difficilement situable donc — quoique pas si loin de Black Tusk — mais d’une puissance irrésistible se dégageant d’un riffing ravageur, qui avait fait mouche sur leur dernier album, Ode To The Flames. Étonnamment, outre ses trois temps forts que sont « Praise The Plague », « Cross The Cross » et surtout « Era Borealis », ce sont les titres issus de Death By Burning qui seront principalement joués et permettront au duo d’accabler la fosse bien remplie, sous des tonnes de graisse faisandée.
Hangman's Chair (crédits : CC-BY-NC-SA by LoloStudioFoto)

Hangman’s Chair (crédits : CC-BY-NC-SA by LoloStudioFoto)

  • Discharge : On reste dans un registre relativement crado avec les fondateurs britanniques du d-beat (à qui ils ont offert son initiale), qui occupent évidemment la Warzone, où de nombreux groupes s’en étant directement inspirés s’y sont succédés et s’y succéderont (en France, on a par exemple Gasmask Terrör, mais je doute que ce type de festival soit leur délire). Comble du raccord, c’est donc à quelques encablures de la monumentale statue de Lemmy Kilmister, située à l’une des entrées de la scène confinée, que se produira un combo qui a nettement été influencé par le riffing rock’n’roll de Motörhead (le leader du groupe soulignera d’ailleurs cet héritage en dédiant un morceau au bassiste fraîchement trépassé), autant que par la nouvelle vague nettement plus politisée du punk anglais du début des années 80 auquel il appartenait (aux côtés de Conflict ou des tout premiers The Exploited). Histoire de revendiquer ce passif, une grosse partie du set sera d’ailleurs consacrée aux deux premiers efforts du groupe sortis en 81/82 avec une dizaine de titres issus de Why? et Hear Nothing, See Nothing, Say Nothing (avec des titres savoureux comme « Protest And Survive », « The Possibility Of Life’s Destruction) ainsi que le single « State Violence, State Control ». Un set à l’ancienne donc, avec les crêtes, rangeos, bandanas, vestes à patch et… chapeau de farmer de rigueur, avec seulement deux extraits de End Of Days sorti cette année, qui ravira donc les fans de la première heure.
  • Agoraphobic Nosebleed : Tempos soutenus toujours, avec cette formation grindcore peu habituée à la scène (environ cinq concerts en vingt-cinq ans), qui joue sous l’Altar. Premier dilemme du week-end également, puisque Torche joue en même temps dans la Valley, mais vu la rareté des prestation d’ANb, il était impensable de ne pas aller se frotter aux blasts épileptiques et aux riffs stroboscopiques du quatuor à la configuration atypique. Pas de batteur (mais une boîte à rythmes qui décuple la puissance des patterns et aura même droit à son solo!), un binome à parité au chant, et un duo guitare-basse. Comme attendu, les titres n’excèdent pas les deux minutes et occasionnent des déluges bruitistes incroyablement violents. Problème : aussi denses soient-elles, les compositions charrient tout de même leur lot de riffs et de leads stridents, qui demeureront assez imperceptibles étant donné la qualité toute relative du son, qui se doit d’être optimal pour apprécier pleinement ce sous-genre de metal extrêmement brutal. Les 50mn de set alloués aux américains paraissent donc un peu longues, quoique le public semble bien se marrer à l’aide de ballons et autres objets gonflables atterrissant aux pieds des chanteurs amusés, qui se livreront un face-à-face intense et offriront quelques jeux de questions-réponses bien sentis. Sur la fin de set, quelques titres plus « lents » issus d’Agorapocalypse (« Hung From The Rising Sun », « Question Of Integrity ») raviveront cependant l’intérêt par leur intelligibilité (d’autant que c’est le monstrueux « Agorapocalypse Now » qui terminera), mais n’enlèveront pas la déception de n’avoir eu droit à aucun titre d’Arc, dernier EP du combo, qui aurait permis à la chanteuse de faire planer l’ombre d’EyeHateGod sur l’Altar.
Mantar (crédits : CC-BY-NC-SA by LoloStudioFoto)

Mantar (crédits : CC-BY-NC-SA by LoloStudioFoto)

  • UK Subs : La rétrospective punk continue sur la Warzone avec une formation historique, déjà vue au Lemovice Antifa Fest et à Paris avec les Vibrators. Officiant dans un style similaire, c’est-à-dire dans une veine punk très rock’n’roll influencée par le pub-rock, le quatuor débarque sans backdrop, sans fioritures, si ce n’est la tignasse bleue de leur leader affichant 72 ans au compteur. Comme la plupart des groupes vétérans, les anglais déroulent un set en forme de best-of, parsemé de leurs hymnes les plus fédérateurs. Les titres les plus repris en choeur sont donc astucieusement intercalés entre des morceaux plus convenus. « Stranglehold »,  « Emotional Blackmail » ou « Tomorrow’s Girls » n’en sont que plus retentissantes, même si le nouveau guitariste semble payer son manque d’expérience au sein du groupe et n’en met pas une dedans, si bien que « Rockers » sera difficilement reconnaissable. Alors que la fin de set se fera sentir, il plantera également l’immanquable intro de « Warhead »(construite sur trois accords…). Les UK Subs accorderont tout de même un rappel au public, composé de trois tubes (« New York State Police », « I Live In A Car » et « CID »), qui supplanteront par leur efficacité la récurrence des pains du côté de la six-cordes.
  • With The Dead : Second dilemme du jour ici, puisque pendant ce temps, Entombed A.D. est en train de tronçonner sec du côté de l’Altar. C’est cependant dans la Valley que je décide de m’arrêter pour voir si le premier album éponyme du groupe anglais sorti l’an passé sait garder son efficacité sur scène. Et un peu aussi, il faut bien l’avouer, pour voir en action l’un des line-up les plus excitants du moment au rayon doom (Napalm DeathCathedralElectric WizardRamesses…). Concernant mon premier souhait : aucun souci puisque With The Dead sera joué morceau pour morceau, comme si le groupe enregistrait l’album live devant une Valley bien garnie. Concernant le second : il n’y aura finalement que peu d’action, le genre s’y prêtant mal et les musiciens se contentant de glisser sur scène telles des ombres fantomatiques, la palme du mouvement fantasmagorique revenant sans conteste au bassiste longiligne et à son chapeau mystérieux. Bref, il ne faudrait pas que ces digressions accessoires ne fassent oublier l’essentiel : le quatuor a livré là l’un des meilleurs lives du festival, et écrasa la concurrence doom, certes peu représentée. On est ici au coeur du genre, et si le groupe se donnait pour objectif de marcher sur les plates-bandes d’Electric Wizard, c’est tout à fait réussi. Le groove omniprésent de la batterie soutient parfaitement le riffing shabbatique des titres, tandis que les incantations lointaines et réverbérées du chanteur ajoutent encore à l’occultisme du moment. Aussi grandiose que pénétrant.
Discharge (crédits : CC-BY-NC-SA par LoloStudioFoto)

Discharge (crédits : CC-BY-NC-SA par LoloStudioFoto)

  • The Toy Dolls : Le festival punk continue côté Warzone avec un revenant déjà présent en 2013, qui y avait foutu un joyeux merdier, comme à chacune de ses représentations. Gros ballons dans la foule, confettis (explosant de la bouteille de « Lambrusco Kid » par exemple), chorégraphies soignées (les guitares tournoyantes sur leur traditionnelle reprise des Surfaris), costumes impeccables et happenings foireux (le guitariste-chanteur leader du groupe depuis 1979 sortira d’un paquet cadeau estampillé « 35 » pour son entrée en scène, et reviendra pour le rappel couché sur une civière portée par son bassiste et son batteur) : tels sont les artifices d’un show travaillé, et taillé pour la fête. Mais avant tout parce que le punk pathetique ultra-fédérateur du trio fait mouche à chaque fois, à grand renforts d’harmoniques irish et de refrains de stades aux choeurs façon oi!. Le sourire permanent du leader à touffe rouge et sa voix d’helium y sont pour beaucoup, au moins autant que ses riffs et solos super carrés (il suffit pour s’en convaincre d’assister à leur reprise improbable du « Toccata » de Bach). Comme à chaque fois, les Toy Dolls livreront un set truffé de tubes (malgré l’absence de « Dig That Groove » et « Idle Gossip »), et un show haut en couleur qui demeurera une vraie bouffée d’air frais dans un festival à dominante sombre.
  • Goatsnake : Avec ce live, le Hellfest et plus particulièrement la Valley pourront ajouter un autre crooner légendaire (ou presque) à leur tableau de chasse. De ma modeste expérience, je retiendrai Glenn Danzig en 2013, et le rendez-vous manqué avec Clutch la même année. Le leader de Goatsnake est de cette trempe et irradie l’assistance de son charisme, en plus bien sûr de ses placements de voix influencés par la soul ou le gospel, et portés par un timbre chaud travaillé au vin rouge. Au comble de la classe, le frontman jouera live les parties d’harmonica présentes sur certains morceaux (« Flower Of Disease » pour ne citer que lui), ou même de la guimbarde en intro d’ « Easy Greasy ». Un chant et des arrangements qui renforcent l’atmosphère sudiste régnant sous la Valley, et les effluves en provenance du bayou s’en échappant. Car s’il est de bon ton de qualifier le sludge de heavy blues, l’influence de cette musique se ressent nettement dans les riffs lourds et plaintifs du guitariste, distordus par le son caractéristique de Corrosion Of Conformity ou Down, et imprégnés d’un toucher doom déjà rencontré chez The Obsessed, dont certains membres sont issus. Avec des titres comme « Black Age Blues » ou « A Killing Blues », c’est donc une avalanche du genre qui a coupé la route à la coulée boueuse bien sludge de Goatsnake.
UK Subs (crédits : CC-BY-NC-SA by LoloStudioFoto)

UK Subs (crédits : CC-BY-NC-SA by LoloStudioFoto)

  • Ludwig Von 88 : Après un détour par les Etats-Unis avec le punk-rock de Bad Religion ayant donné lieu à une dantesque bataille d’écorce jonchant les bordures de la scène, la Warzone revient en France et donne l’occasion de ressusciter à l’un des groupes les plus emblématiques de la scène alternative des années 80, en sommeil depuis plus de 15 ans. C’est donc avec un mélange d’excitation et d’appréhension — l’exercice de la reformation peut souvent s’avérer hasardeux — que je me masse parmi la foule importante qui piaffe d’impatience dans la fosse. C’est vraiment une bonne chose de la part du Hellfest de programmer, au milieu de la masse de groupes hardcore et punk assez brutaux, des formations plus légères et sans trop de prise de tête. C’était le cas l’an passé avec les Wampas, cette année c’est donc au tour de LV88, qui doit donc être le seul groupe du monde à pouvoir être programmé au Hellfest et au Reggae Sun Ska durant le même été. Et vu la bronca que s’est ramassé le groupe chez les rastas blancs, force est de constater que le public metal est plus ouvert et enclin à partager les délires du quatuor parisien qui déboule sur scène avec les masques, maillots de cycliste, chemises colorées, soit tout l’attirail de la belle époque (plantages de boite à rythme compris), afin d’accompagner les morceaux les plus marquants de leur discographie. Il ne fallait d’ailleurs pas être en retard, puisque ce sont « Sur La Vie D’mon Père », « Louison Bobet » et « Guerrier Balubas » qui ouvrent le bal, tandis que de gros ballons multicolores rebondissent dans le public et que les premières explosions de confettis et de serpentins retentissent. Comme on pouvait s’y attendre, on assiste à une heure de fête, sans que le groupe n’oublie d’en placer une pour Morano dans « HLM », les Le Pen avant « Come On Boys » et d’évoquer le mouvement social avant « Paris Brûle-t’il? ». Toujours aussi décalé, Ludwig Von 88 aura surtout réussi le tour de force, entre quelques classiques plus costauds comme « Fistfuck Playa Club » ou « Oui-Oui Et La Voiture Jaune », de faire danser le public du Hellfest sur une reprise disco d’ « Antisocial » de Trust, et de faire chanter « Nous Sommes Des Babas » à une assistance parmi laquelle on peut croiser des t-shirts « Kill All Hippies ».
With The Dead (crédits : CC-BY-NC-SA by LoloStudioFoto)

With The Dead (crédits : CC-BY-NC-SA by LoloStudioFoto)

  • Napalm Death : On reste dans une veine politique, mais on gagne en brutalité avec ce combo death-grind légendaire. Concurrencés dans la Valley par Fu Manchu, j’optais finalement pour le set des britanniques pour des motifs politiques purement extra-musicaux (leur participation à une soirée Metalheads For Refugees à Lyon et leur refus de participer à un festival aux côtés d’un groupe de black metal français notoirement raciste), tout en étant conscient de rater un gros show sur la scène stoner. Ceci dit, on ne peut pas dire que le quatuor de Birmingham soit le dernier pour la gaudriole, en témoigne le jeu de scène du chanteur qui arpente la scène de long en large en déblatérant ses brûlots faisandés. Tout n’est pas parfait à vrai dire, à commencer par le son (ce qui est problématique sur ce sous-genre de metal extrêmement dense), et par les placements de grosse caisse assez hasardeux du batteur (ce n’est pas non plus le batteur d’Overkill vu la veille et complètement à la masse). Une fois passé le (gros) moment promo pour le dernier album, Apex Predator – Easy Meat, en début de set, le combo nous ressortira les vieux classiques tirés de Scum et From Enslavement To Obliteration, où les blasts lourds le disputent aux riffs infectieux et aux growls caverneux. Au delà de « Suffer The Children », « Lucid Fairytale » ou « Social Sterility », c’est toujours marrant de voir que le combo pousse le vice jusqu’à jouer « You Suffer », blast d’une seconde, avant d’enchainer sur une reprise « contre le fascisme » (en français dans le texte), « Nazi Punks Fuck Off », des Dead Kennedys en l’occurrence. Pendant un nouvel extrait du dernier album en guise de final, il est temps de s’éclipser afin d’être bien placé pour le feu d’artifice en hommage à Lemmy, certainement le plus beau que j’aie jamais vu (vous avez déjà vu des trucs écrits en lettres de feu? moi oui, « RIP Lemmy » pour être précis). Pensant en prendre encore plein les mirettes, c’est sur la Warzone que j’achevais la soirée, le Hellfest ayant fait le pari audacieux d’y diffuser Gutterdämmerung, un film au casting rock’n’roll (Iggy Pop, Lemmy, Josh Homme…) avec un orchestre live jouant les  reprises composant le score (Led Zeppelin, Slayer, Black Sabbath…). Finalement, le scénario relativement non-sens et l’anglais non sous-titré (quoi, tu ne parles pas anglais et allemand couramment?!) m’ont permis de sévèrement écraser comme à la maison. Le principal ne reste-t-il pas que j’ai vu Henry Rollins en chair et en os (certes en soutane et récitant ses propres répliques) et que j’ai pu lui faire des keurs ac lé doi?
Goatsnake (crédits : CC-BY-NC-SA par LoloStudioFoto)

Goatsnake (crédits : CC-BY-NC-SA par LoloStudioFoto)

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