[Récit de concert] 26/02/2016 : Everblast @ Cluricaume

Jusqu’à des temps relativement récents, Verbal Razors — on parle de leur tout nouvel album par ici — faisaient figure de cavaliers solitaires sur la scène crossover/thrash locale. C’était sans compter sur ce combo montpelliérain agrégeant quelques transfuges issus de Payday ou Lahius, ayant choisi d’emprunter cette voie, mais pas que, dans un premier LP déjà validé à 100% par là. La rumeur populaire parle d’un éventuel rapprochement entre les deux formations, ce qui contribuerait à créer un monstre à deux têtes des plus redoutables. En attendant, les sudistes taillent la route en solo, et se sont lancés dans une tournée de six dates. L’occasion de voir si, après un set impeccable au Samynaire 2015, le quatuor s’en sort aussi sans le sable et les shorts.

affiche everblast

  • Everblast : Outre le fait d’avoir passé un excellent moment, peu de souvenirs clairs et précis subsistaient cependant de la date balnéaire des héraultais. Et si la formule une face/un style passe bien sur un disque, restait à voir ce qu’il en retournait sur scène. Finalement, la scission reste là aussi assez nette et le groupe choisit de procéder à l’inverse de leur LP, en attaquant par la partie lente et pesante, dans un genre pré-sludge semblable aux Melvins. « Stiffs » introduit ainsi le set avec ses rythmiques tortueuses et annonce un gros son, notamment côté batterie, qui accapare une bonne partie de la petite scène et pousse les guitaristes à se confronter au premier rang d’un public assez nombreux pour l’occasion. Les morceaux down-tempo s’étirent donc avec le live tandis que le batteur au regard malicieux s’amuse à faire durer les passages lancinants en balançant des gros doigts à ses compères (paroxysme en fin de set avec le final de « Dizzy »), et l’onde sonore gagne encore en rondeur face aux amplis à mesure que dégoulinent les riffs graisseux. Ce qui se fera malheureusement au détriment du chant, qui aura du mal à filtrer sur « Bodies Of Doom », par exemple. Le temps d’une transition notamment composée de deux nouveaux titres révélant une ligne directrice immuable toujours située entre foudroiements thrash et tonnerre doom, et c’était parti pour une grosse embardée vers la face A du premier effort des montpelliérains (« Insectorama », « FWPCQ »). Tempos démultipliés, permutation du chant (assuré par le second guitariste, ce qui explique un changement de registre sans accroc), riffs plaqués façon Slayer : forcément, le glissement est perceptible. Un élément, qui fait mouche sur disque mais prend vraiment de l’ampleur en live, permet cependant vraiment de donner du liant à la setlist en estompant les louvoiements stylistiques : il s’agit du sens du groove des compos (y compris des nouvelles), qui se manifeste autant dans les accélérations lorsque le combo se montre sludge (« Free Booze »), que dans les ralentissements des morceaux thrash (« Petunia », « Master Of Poupi », « Laxative Corpse »). Deux sets en un seul tout en gardant une certaine cohérence, c’est donc le pari d’Everblast, et c’est réussi. Et vu les nouveaux titres, il va falloir s’y habituer.
Everblast (crédits : Everbast)

Everblast (crédits : Everbast)

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