[Récit de concert] 24/02/2016 : Holy Chips @ Relax

Poitiers n’est jamais qu’à une heure de la capitale internationale de la bamboule, ce qui laisse son ambassadeur le plus fringant, Funken, à quelques encablures du Relax, où il trouve tout loisir pour amener dans sa boîte à magie les projets qu’il mène en compagnie d’autres joyeux lurons bien connus des cercles pas fermés du tout de la festivitude. La dernière fois, dans le même bar (faisant désormais office d’escale incontournable pour tout amateur de queue-leu-leu qui se respecte), c’était en son propre nom. Ce soir, c’était en configuration triangulaire, dans laquelle on retrouvait également un membre de Piano Chat et Braziliers, ainsi qu’un iOlogic.

affiche hc

  • Holy Chips : On commence à connaître la formule avec le barbu à casquette indroligérien, et c’est avec plaisir qu’on retrouve sur scène une installation où se mêlent claviers, machineries électroniques du futur et instruments plus classiques à six ou quatre cordes. L’esprit bidouille est donc toujours présent et voit le trio composer à partir de miettes électroniques, saturées, pitchées, un ensemble aussi consistant que fragile. Les boucles de bidibips synthétiques s’imbriquent donc dans de brefs arpèges de guitare qui s’amoncèlent jusqu’à former un empilement semblable à un paquet de Pringles saveur crêpe au chocolat. Sucré/salé, doux et croustillant, Holy Chips cultive le contraste pour bricoler une indie-pop qui trouvera sa place sur un dancefloor intimiste, autant que dans le fond de votre canapé hivernal, vous rappelant que les goûters printaniers dans le jardin reviendront bien un jour. Cultivant un même sens de l’assemblage un peu bancal de sonorités atypiques, il était naturel que Funken et Piano Chat unissent leurs trucs et astuces pour que l’un fasse bénéficier au phrasé hip-hop de l’autre sa sensibilité plus légère et aérienne (à moins que ce ne soit l’inverse) dans un projet plus sérieux que quelques featurings. La complicité du trio sur scène — lorsqu’elle n’est pas obstruée par le spectacle parallèle et envahissant lancé au premier rang par l’ingénieuse du son du soir — est évidente, et souligne les combinaisons de registres vocaux aussi variés que les couches instrumentales qui se succèdent pour faire sautiller cette pop faussement ingénue et vraiment insouciante, qu’on ne saurait que trop rapprocher des autres projets des trois tourangeaux, plus que de toute autre référence. Leur set se savoure comme un paquet d’ondulées XXL, y compris jusqu’à trouver les deux chips du fond du sachet, un peu plus molles, un peu plus fades, soit deux pétales kraut assez bourratifs à force de répétition, comme Tours sait en cuisiner (Futuroscope, Drame). Pas de quoi faire oublier la fraicheur des chips du haut du paquet cependant, qu’on espère goûter en galette d’ici peu.
Holy Chips (crédits : CC-BY-NC-SA par Mila)

Holy Chips (crédits : CC-BY-NC-SA par Mila)

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