[Récit de concert] 22/01/2016 : Stalled Minds + Police Control @ Zinc

Deux mois après le passage de Youth Avoiders au même endroit, booké par la même orga, les liens semblent s’être affermis entre SuperTreble, Bob et le groupe parisien, puisque deux membres en étant issus sont de retour sous le même patronage avec un de leurs projets parallèles, en rade de date sur ce week-end les associant comme souvent à Police Control. Et si, lors de leur dernier passage, les deux franciliens avaient pu bénéficier d’une salle bien remplie et d’une audience particulièrement réceptive à leur garage-punk survitaminé, il y avait de bonnes chances pour que cette fois-ci, ce soit l’habituelle petite affluence poitevine bien sage qui fasse face aux deux formations.

affiche sm

  • Police Control : Et effectivement, bien que le début du concert ait été annoncé aux trainards occupés à finir leur clope devant le bar, le public est peu nombreux alors que le duo s’installe dans le cave et entame « Alcool Nation » alors que le tom basse se casse la gueule. Funeste présage. Autant le dire de suite, on a déjà vu mieux, y compris en terme de première partie. Le guitariste-chanteur — qu’on retrouve par ailleurs au même poste dans Skategang, où officie également un membre occasionnel de Youth Avoiders (ce qui explique peut-être la proximité du groupe avec Stalled Minds) — s’essaie donc au chant en français et se voit accompagné d’une batteuse au jeu souvent hésitant pour livrer un garage-rock minimaliste et nonchalant. Les tempos souvent mollassons sont couverts par des riffs rock’n’roll en son clair, tandis que les textes évoquant les moeurs dissolues d’une fougueuse jeunesse nous ramènent à la première vague punk du lycée Charlemagne, en 76. Bref, entre Téléphone et BB Brunes qui ne seraient pas trop en place, le set de Police Control ne restera pas parmi les plus inoubliables qu’on ait vus. Les trois membres de Stalled Minds étant certainement les plus attentifs du public dispersé, ce sera difficile de soutenir le contraire.
Police Control (CC0)

Police Control (CC0)

  • Stalled Minds : Ça restera la grosse déception de la soirée. Ho, non pas le groupe n’ait pas été à la hauteur de ce qu’on pouvait attendre : ce que j’en ai vu et entendu avait l’air tout à fait conforme à ce que leur premier et génial EP révélait en terme d’urgence effrénée mêlée à une certaine mélancolie évanescente à fleur de peau, quoiqu’en plus soutenu rythmiquement, et avec quelques fausses notes en ce qui concerne le chant. En deux mots : plus punk (donc plus proche de Youth Avoiders), mais toujours avec un pied à Portland dans le salon des Observers, le second dans les nuages froids de  Blank Pages et les cordes vocales dans le garage enfumé et lo-fi de Warm Soda. Seulement, avec un changement de plateau express mal anticipé et pas d’annonce de la seconde reprise, on peut dire que j’ai totalement mal géré l’interlude pissou-p’tite mousse et ai ainsi raté 10mn du show. Et tant qu’à parler chiffres, sachez que 10mn de concert chez Stalled Minds, ça fait 4 morceaux et 50% de set. Ce sont donc les à-coups fiévreux d’ « Away » qui remontent de l’escalier alors que j’arrive dans la cave. J’ai beau tenter de me rassurer en me disant qu’avec un peu de bol, le trio joue les titres dans l’ordre de l’EP, ce qui impliquerait que je n’aie raté qu’un seul morceau, cette éventualité signifierait dans le même temps que j’aie manqué « Underground », le tube ultime du groupe. La sueur du batteur ne dissipera guère mes craintes : j’ai non seulement raté « Underground » mais n’aurait finalement droit qu’à « Waiting For The End » et « Changed My Reality » et un rappel provoquant enfin quelques signes d’agitation (que j’ai failli manquer aussi, en remontant trop vite noyer mon chagrin dans la bière). Le fait d’avoir pu gouter une nouvelle fois à la formule guitare clinquante/batterie haletante de Youth Avoiders (qui ravira ceux qui trouvent ces derniers trop hardcore), couplée à des lignes de basse taillées au cordeau et un chant cold-pop vaporeux constituera donc une maigre consolation. Voir Supertreble et Bob toujours plus proche de la galaxie Skategang sera d’un plus grand réconfort. Car je peux vous dire que quand le trio parisien foulera enfin une scène pictavienne, il n’y aura pas de pause pissou-p’tite mousse.
sm

Stalled Minds (CC0)

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