[Récit de concert] 18/12/2015 : Gasmask Terrör + Vengeance @ Zinc

Dernier concert pour 2015 et le deuxième du mois pour Gheea Music. Décembre est synonyme de crossover tourangeau et de d-beat girondin pour l’orga pictavienne. On y avait eu droit dans la même soirée en 2014, pour cette année, ce sera séparément : Verbal Razors sont venus au début du mois, c’était au tour de Gasmask Terrör de venir clôturer la saison. L’occasion de profiter des différentes distros alignées près de l’entrée, qui donnent de plus en plus de gueule aux concerts locaux. Une soirée pour partir en vacances plein d’optimisme pour 2016, qu’on espère dans la dynamique lancée ces douze derniers mois.

affiche gasmask

  • Vengeance : Petite appréhension sur cette première partie, puisque j’avais déjà eu l’occasion de voir le combo angoumoisin chez lui, à la Nef, en ouverture des légendaires Melt-Banana, et qu’il ne m’avait pas laissé un souvenir impérissable. Sur une scène un peu trop grande, avec un son désastreux, les cinq charentais n’avaient pas cassé la baraque, et je demandais justement à voir ce que rendrait leur powerviolence agrémenté de tout ce que le hardcore charrie de plus rapide et crasseux dans un lieu plus exigu comme le Zinc. Et en effet, la cave étroite convient mieux au quintet, bien qu’on les retrouve aussi statiques que la dernière fois. Le son est également plus à leur avantage et permet mieux de distinguer la section instrumentale même si la caisse claire un peu mollassonne, quasi inaudible pendant les blasts, peine à marquer le temps fort. Le principal atout du groupe, le duo vocal mixte qui alterne les registres grave/aigu dans un ping-pong hurleur crispé un peu comme Despise You, se détache bien du reste et donne du relief au mur compact comme du béton armé formé par le trio guitare/basse/batterie. Les morceaux ne dépassent que rarement la minute, ce qui est amplement suffisant pour déverser des tombereaux de riffs furtifs sur fond de d-beat ou de blasts, dans de brefs déferlements de violence saturée d’où émergent pêle-mêle des influences grind, hardcore, noisecore… Le principal problème du live, et ce en plus du faible nombre de titres issus de leur démo et de leur split avec Jugular Scars dans la setlist (« Baisse les Yeux », « You Piss Me Off », « Dent »), c’est qu’on retrouve difficilement, y compris dans les parties de chant, toutes les nuances de ce powerviolence bien moins simpliste qu’on pourrait le croire. En partant de là, il sera difficile d’émettre un avis sur les nouveaux titres, sinon que placer l’intro de « Smells Like Teen Spirit » semble être une belle feinte. Une première partie en demi-teinte donc, à laquelle le public — au premier rang duquel on retrouve les membres de Gasmask Terrör — restera relativement insensible malgré le haut degré d’intensité.
Vengeance (CC0)

Vengeance (CC0)

  • Gasmask Terrör : Public relativement insensible si on le met en regard avec celui qu’on retrouve alors que les bordelais débutent leur set. Car si les fosses locales doivent certainement se trainer la réputation de ne pas être les plus faciles à remuer — à raison — il est tout de même quelques groupes qui réussissent à favoriser les contacts humains francs et vigoureux (le dernier en date, c’était Youth Avoiders). Ce, à chacun de leur passage, et alors même qu’une petite trentaine de personnes a finalement répondu présent, en dépit d’une délégation tourangelle ayant fait spécialement la route pour voir leurs copains de scène. Essentiellement centré sur Chape de Plomb, leur dernier LP tout juste sorti chez Destructure, le set débute cependant sur le classique du groupe « No Mistake », provoquant les premiers partages de micro, qui jalonneront l’ensemble du concert lorsqu’il s’agira de beugler en choeur les refrains/slogans en français du dernier disque (« L’Ordre et ses Chien », « Tension! Terreur! Tension! », « Chape de Plomb »). Direct et foudroyant, le crust-punk de Gasmask Terrör s’appuie logiquement sur un d-beat insatiable, mais, et on le doit certainement à leur guitariste prolixe dans le milieu metal (Monarch!Year Of No Light…), du soin pour cheveux et du limbo, peut compter sur un riffing empruntant autant au hardcore qu’au rock’n’roll pour s’éviter un simple déversement de violence crasse, bête et méchante. C’est dans cette même démarche conforme aux incontournables du genre, mais aussi attentive à se faire efficace, que le set connait quelques accalmies sur les tempos pour livrer des titres quasi street-punk, « L’Echec » et « Cold War », super fédérateurs en plus d’appeler le coup de rein qui twitste. Au bout de 20mn de fureur nihiliste molardée par le timbre éructant du chanteur, bazardée par une section instrumentale ultra-brutale, et achevée par une reprise du « Misery » de Bastard, le silence des pantoufles reprenait ses droits dans la cave, le bruit des bottes les siens dans la rue, et la chape de plomb retombait doucement sur le vieux monde.
Gasmask Terrör (CC0)

Gasmask Terrör (CC0)

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