[Récit de concert] 28/11/2015 : Youth Avoiders + The Washingtonians @ Zinc

Le crescendo continue pour cette édition du festival Culture Bar-bars puisqu’après une ouverture plutôt sympa et une deuxième soirée vraiment cool, ce final s’annonçait magistral. Tellement magistral que c’en était frustrant de devoir se cantonner au Zinc pour ne rien rater, alors que des ex-Senser et Treponem Pal se produisaient avec Fiend au Cluricaume, et que le bricolo tourangeau Boogers ambiançait le Relax. Comme à son habitude, la rédaction du Barbelé optait pour la solution « coupe-gorge et tempos soutenus » proposée par Super Treble et Bob, binôme mystérieux peu à cheval sur la ponctualité. Et si la première partie du programme nous était offerte peu avant le début des festivités par un duo de bad boys occupés à se rayer la gueule à coups de pinte près du zinc, c’était évidemment à la cave que devait se dérouler la seconde.

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  • The Washingtonians : On aurait pu croire que les locaux se seraient sabordés au cours d’une soirée spécialement dédiée, entourés de proches comparses également issus de l’école Napalm Death/Brutal Truth et amateurs de crustcore, de grind et de hardcore-metal bien charnu. Une sorte de foire à la saucisse musicale, où l’amour du gras ne se heurte pas à l’exigence des gourmets. Mais après un Upward Behind The Onstreaming It Mooned (à mes souhaits) passé relativement inaperçu en comparaison à Severed Heads qui avait bénéficié de bons retours, le combo était visiblement pressé d’en finir. Et si côté basse et guitare, on a décidé de marquer le coup en sortant le lycra léopard et la crinière à la Europe, le batteur et l’imposant vocaliste (dont le timbre puissant se jouant aisément des différents registres manquera assurément aux amateurs d’objurgations punitives) expédieront le set sans tambours ni trompettes. Pour dire, le frontman habituellement prompt à venir bouger les lignes lorsque ça ne répond pas assez, ne viendra labourer le pit qu’une seule fois, histoire de ne pas partir sans se frotter une dernière fois avec la fosse pour la forme. On peut aussi comprendre que tous n’aient pas eu envie de se transformer en ersatz de Twisted Sisters. On retiendra donc pour ce dernier tour de piste un set sans réelle surprise (avec une setlist axée sur leur dernier effort et semblable à celle de leur dernier passage au Zinc), mais toujours empreint d’une brutalité sourde qui alterne entre blasts furtifs tractant des riffs bulldozers et breakdowns féroces permettant au leader d’aboyer ses gimmicks fédérateurs. Soit finalement ce qu’on attend d’un show des Washingtonians, ni plus, ni moins. Solidité des compositions, sobriété sur scène, et un supplément de déconnade bien débile : espérons au moins que la fin du combo occasionnera le début d’une nuée de groupes inspirés des multiples courants ayant nourri deux excellents albums.
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The Washingtonians (CC0)

  • Youth Avoiders : Ça restait la date la plus attendue du festival pour ma part, et la cave déjà bien pleine pour le set précédent ne désemplissant pas n’était pas loin de montrer que je n’étais pas le seul. Cela faisait un moment que je voyais le combo parisien hanter des affiches fleurant fort les frictions vigoureuses et la sudation (et notamment des ouvertures pour des pointures bien punx), j’étais donc ravi de les voir enfin débarquer à la maison pour réveiller un public souvent trop sage. Et de fait, l’intro de « Cold Mines » (pas vraiment reconnaissable étant donné le guitariste en moins) et son démarrage auront suffit à faire passer la cave, à affluence égale, de l’Enterrement à Ornans des Washingtonians à une toile de Dan Witz. On m’avait prévenu que le set des franciliens n’excéderait pas 20mn. Leur excellent album éponyme puisant certes son efficacité dans sa capacité à la concision, j’espérais malgré tout avoir droit à plus d’une demi-heure. Deux titres (donc 2’30mn) plus loin, le souffle court et le chandail humide, j’en étais rendu à douter de ma capacité à sortir indemne de ce merdier. Slams ininterrompus, marée humaine incessante s’échouant sur le devant de la scène, une enceinte qui menace plusieurs fois de se casser la gueule : il faut bien remonter jusqu’à une date de Gasmask Terrör pour retrouver une communion des corps similaire. Question de tempos certainement. Puisque si Youth Avoiders ne verse clairement pas dans le crust comme leurs camarades bordelais, et se passe sans difficulté de distorsion, le quatuor n’est pas le dernier pour exciter le métronome. Construit sur une base garage-punk qui évoquera autant l’urgence du premier album des Hives que les mélodies juvéniles des Carbonas, le punk-hardcore des parisiens peut également compter sur les hurlements éperdus d’un chanteur qui ne décevra pas malgré le débit ADSL casse-gueule de ses lyrics, et la puissance de riffs à l’énergie rock’n’roll. De quoi construire un set d’une incroyable vitalité, basé sur Youth Avoiders (« Smoked Glass », « Long Chains », mais évitant malheureusement « Affliction » et « Oil Slick ») mais piochant également dans leurs sorties précédentes pour notamment inclure l’énorme « Red Eyes ». Avec une branlée de cet acabit, il était donc grand temps que Culture Bar-bars s’achève, car le lendemain annonçait quelques plaies à panser.
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Vue d’ensemble du groupe Youth Avoiders (détail) (CC0)

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