[Récit de concert] 13/11/2015 : She Hunts Koalas @ Cluricaume

Qu’il est bon de voir qu’il existe encore des orgas soucieuses de ce qui se passe autour d’elles, et conscientes du déficit que représente pour elles-mêmes comme pour le public une soirée où il faut choisir entre deux concerts se déroulant en même temps. Boue Records, de retour après un certain temps d’absence en tant que booker, l’a bien compris, et a bien pris de soin de caler la petite date de ses futurs poulains avant la soirée Rectangle du TAP, où toute la jeunesse décadente de Poitiers s’était donnée rendez-vous pour communier avec le Malin à l’appel des synthés incandescents de Carpenter Brut.

koals

  • She Hunts Koalas : Et les toulousains ont bien fait de commencer tôt, puisqu’étant donné le niveau sonore, la durée de set s’est rapidement réduite pour répondre aux plaintes du voisinage. Il fallait pourtant bien pousser les amplis pour donner la magnitude nécessaire aux assauts sismiques de leur doom atypique, et éloigné des standards funéraires du genre. Incluant dans sa formule des éléments empruntés au sludge qui se manifestent au travers de breaks saccadés ou au post-rock psyché plus aérien qu’insufflent des parties de synthé (parfois un peu superflues) et des arpèges clairs, le quatuor se raccroche essentiellement à une certaine scène doom actuelle au détours de tempos vertigineusement lents, évidemment, mais aussi par la densité brumeuse du combo guitare/basse. Pour faire simple, on les placera au centre de référence comme Conan, EyeHateGod et Year Of No Light (bien éloignées du t-shirt Go!Zilla du leader, qui dénote cependant un certain bon goût). She Hunts Koalas nous transporte donc dans des compositions progressives, évolutives, qui témoignent d’une volonté d’expérimenter pouvant parfois faire peur, comme lorsque le bassiste débute le set à l’archet. Mais c’est finalement le gros son qui triomphe, et qui transporte les quelques spectateurs présents dans une expédition au coeur d’un brouillard épais que seul un synthé rayonnant vient percer de temps à autres. Victimes de leurs propres décibels — dont une bonne part peut être attribuée à un batteur qui se perd parfois dans un jeu aussi touffu que sa tignasse et aussi démesuré que sa grosse caisse — les sudistes auront tout de même eu le temps de nous montrer leur potentiel pachydermique, même si ce qui avait retenu notre attention sur leur premier EP, le chant trainant et vaporeux, n’aura guère pu se démarquer du grondement ambiant. Il ne sera donc guère question de koalas ici : attendez vous plutôt à vous faire embarquer dans le sillage lourdaud d’un éléphant au pas de charge. Leur album à venir ne semble pas montrer le contraire.
She Hunts Koalas (CC0)

She Hunts Koalas (CC0)

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