[Chronique de disque] Everblast – S/T

everblastSorti le 26 octobre 2015 chez Head Records.

On continue notre tournée des labels français qui cartonnent et — après Kythibong de Nantes ici et A Tant Rêver du Roi de Pau — on s’arrête cette fois-ci à Montpellier, où Head Records s’offre un mois d’octobre taille XXL. Entre deux splits, ceux réunissant Pneu (encore eux) et Don Vito ainsi que Mombu et Mosca Violenta, le label héraultais nous offre un vrai concentré de la scène locale avec Everblast, qui réunit du Payday ou encore du Lahius. Programmé aux côtés de ces deux formations au Samynaire, c’était donc sur les côtes méditerranéennes et les pieds dans le sable que je devais découvrir ce groupe ayant terrassé le hardcore-jeu du soir en dépit d’une affiche plutôt relevée.

Du hardcore, il en sera question ici, mais pas que. Ce serait trop simple, ne serait-ce qu’eu égard aux différentes écoles dont sont issus les combattants présents sur le ring. Dans la lignée de leur première démo, dont on retrouve les cinq titres sur cet album, les quatre héraultais ont chaussé les gants pour livrer, à la façon de My War de Black Flag, deux rounds homogènes, un par face, où le combat prend une tournure bien différente, où les coups sont portés de façon bien distincte. Il sera à ce titre difficile de classer le groupe dans une catégorie bien définie, même si la première face les place clairement chez les poids coq secs et véloces du crossover/thrash et la seconde chez les poids lourd plus balourds du proto-sludge.

Everblast attaque donc la baston tout feu tout flamme en rentrant directement dans le lard sans vraiment s’attarder sur les politesses. Les coups sont portés à la vitesse de l’éclair en mode d-beat, le riffing typiquement thrash importé de la Bay Area (« Insectorama », « Master Of Poupi ») fend les lèvres et les arcades, et s’accompagnent de cris rageurs (voire carrément arrachés façon Cobra sur le déluge de coups qu’est « Sledgehammer »). Seuls manquent quelques tapis de double-pédale et un poil de sing along impliquant tout le staff. Dès cette entame, on sent cependant poindre autre chose derrière l’accumulation de mandales tous azimuts. Et de fait, les montpelliérains montrent qu’ils peuvent aussi construire et se donner un peu d’allonge grâce à des phases groove plus lentes bien amenées qui témoignent d’un certain jeu de jambes chaloupé (« Petunia », « Laxative Corpse », « Venom »). « Dizzy » se charge de faire définitivement basculer le combat, en attaquant thrash pour conclure sur deux notes pesantes sur fond d’effets dissonants et de tempo bien plus lent. Le combo montre alors un tout autre visage lors de la deuxième reprise, et dit adieu aux directs pour se faire à la fois beaucoup plus puissant et bien plus tordu, avec une succession de crochets et d’uppercuts. Les titres sont moins bavards mais le chant plus grave passe bien le changement de registre (« Bodies Of Doom »), tandis que les parties instrumentales plus importantes démontrent ce sens du riff toujours très lourd, souvent groovy (« Stiffs », « Free Booze ») et parfois mélodique (« Outrovader ») qui compense l’absence de voix. Quelque part entre le sludge d’EyeHateGod et ses bends acérés, la power-ballad ascensionnelle et de petites touches de post-hardcore qui peuvent rappeler le Zapruder du premier EP.

En deux rounds bien menés et complètement différents, les montpelliérains se montrent capables d’être aussi vifs que pachydermiques, de frapper par rafales ou bien d’une mandale écrasante, et vous laissera dans tous les cas sonnés dans les cordes. Pouvant compter sur une accumulation de riffs imparables et un sens du groove quel que soit le tempo, le quatuor devrait avec ce premier effort pouvoir jouer les caméléons pour squatter les affiches des rings hardcore, thrash ou sludge décidément en très bonne santé actuellement. Et vous pouvez être sûr qu’à tous les coups, comme sur cet album, Everblast gagnera par KO.

S/T d’Everblast, c’est si tu n’as rien contre Verbal Razors, Municipal Waste, Melvins.

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