[Récit de concert] 17/10/2015 : Shiko Shiko (シコシコ) @ Relax

Les avaries techniques sont souvent une plaie pour les groupes, a fortiori lorsqu’ils sont en tournée à plusieurs centaines de bornes de chez eux et que la panne concerne leur moyen de transport. Dans le présent cas de figure, coincés en Anjou une bonne partie de la journée, les lillois se seront certainement créés pas mal de soucis, mais auront au moins eu l’avantage de s’éviter la concurrence du Zinc, où une soirée hardcore de haute voltige se déroulait. D’un point de vue spectateur, la panne tombait en tout cas à point, et nous permettait de se créer une nouvelle soirée dans la soirée. Elle permettait également du même coup de faire gonfler un peu l’affluence.

affiche shiko

  • Shiko Shiko (シコシコ) : Le retard sur le programme initial n’a cependant pas été la seule conséquence de cette défection du camion, et le quatuor aura laissé une bonne partie de son matos dans la bataille. C’est donc sur une batterie récupérée dans l’urgence et complétée de pieds de micro pour tenir les cymbales (la « plus pourrie » sur laquelle ait joué le batteur a priori), ainsi qu’amputés de quelques machines que les nordistes déroulent une setlist remaniée en conséquence, et peut-être moins axée sur Maké Maké, leur album tout neuf. Pas de quoi les décourager pour autant, puisqu’ils livreront une prestation conforme à l’énergie et l’excentricité qui caractérise leurs sorties. Ce sera donc le synthé en bandoulière et debout sur une table que le chanteur achèvera le set, des gerbes d’effets électroniques jaillissant de la scène où s’étalent les nombreuses pédales qui en sont à l’origine. Le combo est cependant loin de se cantonner à tripatouiller dans les boutons, et s’offre une base math-rock dont les dédales rythmiques finissent souvent par déboucher inopinément sur des refrains sautillants des plus dansants. Shiko Shiko pioche dans la scène noise contemporaine pour assembler des canevas bigarrés aux influences innombrables, où riffs de guitare, lignes de basse et nappes de synthé s’entrecroisent sur des routes sinueuses aux virages serrés et imprévisibles. De Deerhoof à Battles en passant par Electric Electric voire même Pneu, les lillois savent faire varier l’intensité, se faire aussi aussi doux qu’agressifs, ralentissent, accélèrent, et finissent généralement leurs morceaux dans l’apothéose que tous ces revirements devaient inévitablement provoquer. Ce sera davantage dans ce mode opératoire que dans une certaine propension à triturer leurs instruments qu’on trouvera finalement une justification au sobriquet onaniste de Shiko Shiko.
Shiko

Shiko Shiko (シコシコ) (crédits : CC-BY-NC-SA par Jö)

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