[Chronique de disque] 100%chevalier – EP-EE

chevalierSorti le 15 octobre chez October Tone.

Découverts au cours d’une rave rock organisé par Marvin & co sur une plage du sud de la France, ce trio instrumental guitare-basse-batterie avait du subir les déconvenues liées à une installation électrique capricieuse qui avait réduit son set des deux tiers. Un court temps de jeu pourtant amplement suffisant aux strasbourgeois pour marquer les esprits ( en tout cas le mien) à l’aide d’un son et d’ambiances singulières, tranchant largement avec le déluge saturé de noise matheuse, de hardcore gueulard et de stoner-sludge plombé qui allait submerger la plage jusqu’à l’aube. Arrivant à point nommé pour compenser ce concert amputé, EP-EE confirme les très bonnes choses entendues sur les rivages de la Méditerranée.

Fréquemment catalogués un peu trop simplement à la page « math-rock », les trois alsaciens restent pourtant à bonne distance de la formule maintes fois resservie (mais toujours gagnante lorsque bien exécutée) alliant riffs distordus vitaminés et embardées syncopées. Ils se sont parcimonieusement essayés au contretemps marqué et à la disto rapeuse sur le déjà très bon EP-IC, mais reviennent ici à quelque chose de plus direct rythmiquement, tandis que la section mélodique installe minutieusement les morceaux et les font évoluer tout du long au travers de boucles cristallines qui se superposent peu à peu. La basse bien ronde et obsédante nous ramène pour sa part à une époque où le post-punk allait allègrement puiser son inspiration dans les sound-systems jamaïquains (#Public Image Limited, #Killing Joke). L’intro tout en dub grandiloquent de « La Buse » renoue avec ce mélange des genres, même si la suite du morceau, tout en étant le plus saturé, agité, enjoué de l’EP, s’inscrit dans la logique développée dans les six titres, et nous offre un outro des plus éthérés.

Aéré, aérien, atmosphérique : tout se passe dans les airs avec cet EP-EE qui nous fait prendre quelques centaines de mètres à chaque couche de guitare en plus, qu’il s’agisse des cordes plaquées passées au flanger qui impriment une dynamique précise, feutrée et planante en sous-main ; des arpèges ultra-réverbérés qui ponctuent les titres comme des jingles évanescents ; ou des nappes d’effets qui augmentent subitement l’altitude de quelques pieds et mènent finalement les progressions à leur paroxysme céleste. C’est ainsi ce schéma ascensionnel que suivent les deux pièces principales de cette sortie — « Beluga » offrant pour le coup une pause stationnaire au milieu de ces élévations successives — que sont donc « Senzu » et « Tiamat », toutes deux magistralement lancées par des titres introductifs parfaitement intégrés à la structure  de l’EP et évitant l’écueil du remplissage. Difficile à cataloguer — d’aucuns la rangeront à la case post-rock, alors que 100%chevalier va plus loin et pousse l’envolée aux confins du psyché et de la trance, c’est d’autant plus flagrant en live — la musique du trio strasbourgeois se fait bien moins belliqueuse que le nom pourrait le laisser penser. C’est assez rare sur Du Barbelé dans les Tympans, mais c’est cette fois du velours pour les esgourdes qu’on vous propose.

EP-EE de 100%chevalier, c’est si tu n’as rien contre : l’Electric Electric de « Minimal = Maximal », le Maserati de « The Eliminator », le Toucan d’ « Autopista ».

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