[Récit de concert] 14/09/2015 : Le Mutant @ Cluricaume

Pour sa rentrée musicale — ou du moins ce concert se déroulant en période de rentrée, les manifestations du genre se faisant désormais rares dans le pub de la Place du Marché — le Cluricaume nous a montrés que la route séparant l’Irlande de la Californie méridionale était beaucoup moins longue qu’on pourrait le croire. Depuis un show mémorable des Tigres du Futur au début de l’année, le troquet semble bien décidé à occuper la niche très spécialisée du rock garage à tendance nanard, et nous le montrait en ce lundi soir pluvieux en accueillant ces bayonnais venus défendre leur nouvel album intitulé Fromagique, le créneau et la météo n’ayant toutefois pas attiré les foules.

mutant

  • Le Mutant : Fidèles aux thématiques et à l’imagerie développées sur leurs différentes sorties, le trio débarque sur scène sous des masques de singes et démarre le set en trombe. Comme prévu, l’énergie est au rendez-vous, et comme prévu, elle s’estompe aussi souvent pour laisser place à des compositions qui cassent un peu le rythme soutenu instauré par des titres comme « Santa And The Monkey », ou leurs reprises ultra-vitaminées des Ventures (« Walk Don’t Run »), des Flaming Lips (« Unplugged ») ou de façon plus surprenante mais jouissive de Grandmaster Flash (« The Message »). En corollaire à ces temps forts qui filent des fourmis dans les jambes au public, le trio basse-chant/guitare/batterie s’échappe des stéréotypes garage ou surf, pour brouiller un peu plus les pistes, ralentir les tempos, et faire de ses morceaux la BO d’un film de série Z à dimension internationale où des singes génétiquement modifiés se tapent une bouffe avec des mariachis de jeu vidéo (« Super Mario Tacos »), chaloupent dans les Caraïbes (« Electric Boogaloo », le presque-reggae « No Gas » beuglé par une dizaine de saôulins), se la jouent cow-boys (« Space Trip ») ou prennent de sacrées perches au LSD (« Barcelona », « Vegetarian Party »). Garage, surf, psycho, punk, psyché, latino, ou même slow langoureux : Le Mutant ratisse large, si bien qu’on ne sait parfois sur quel pied danser, les ambiances se succédant souvent abruptement, et faisant sans cesse osciller le taux d’adrénaline. Heureusement, les basques restent pour leur part constants sur scène, et matérialisent physiquement la folie de leurs compos, passant tant bien que mal outre les différents problèmes techniques affectant la basse ou la guitare. Et s’il est une chose qu’ils savent faire, c’est conclure un set en s’assurant qu’il restera dans les mémoires. Croyant à l’application de la technique anti-rappel ultime — qui consiste à ranger le matos dès la dernière note jouée — les trois s’affaireront en fait à délocaliser la batterie juste devant le bar pour jouer deux derniers morceaux, dont l’explosif « Music For The Birds », en plein milieu des clients, le guitariste à moitié grimpé sur le bar, le timide pogo qui s’était fait désirer durant tout le set s’amorçant enfin.
Le Mutant (crédits : CC0)

Le Mutant (crédits : CC0)

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