[Chronique de disque] Piscine – Olympique

piscineSorti le 15 avril 2015 chez A Tant Rêver Du Roi.

On sort un peu de notre fonctionnement habituel, pour revenir sur une sortie pas vraiment récente, mais qui nous tenait à coeur. On profite donc de la release-party officielle de l’album, ce 26 septembre à Bordeaux en très bonne compagnie (Seal Of Quality, Goodbye Diana, et Belly Button), pour passer l’épuisette dans ce bassin et voir ce qu’il y a à en tirer. On avait déjà une petite idée, sachant que les girondins sont déjà venus nous voir au Relax il y a quelques mois, après une performance remarquée au festival A Tant Rêver du Roi, label qui sort ce disque Olympique.

La noise française à tendance algébrique inondant pour bonne part le marché du rock indépendant actuel, il n’est guère simple de tirer son épingle du jeu en proposant quelque chose qui se démarque assez du reste (et des locomotives que sont la quadrature du fun constituée de Pneu, Marvin, Papier Tigre, et Electric Electric) pour ne pas rester en carafe lors des qualifications. Heureusement pour les bordelais, l’écurie dont ils sont issus, ATRDR, forme quelques-uns des meilleurs poulains de la Fédération Française de Rock, et permet au trio guitare²-batterie d’être bien présent sur le plot de départ.

Mais réduire le succès du combo à son label serait un peu réducteur, et ne rendrait pas justice à ce disque qui sait dépasser les poncifs du genre pour faire montre d’une patte très personnelle. Piscine, c’est d’abord un son. On pourra regretter un mixage hasardeux, qui laisse un peu la batterie sur le bord du bassin alors qu’on gagnerait à profiter de son crawl plutôt bourrin (même le sifflet de « Philippe LUCAS » paraitra bien faiblard), mais pas la disto scintillante de la lead guitar qui s’exprime lorsque les arpèges montent bien haut au-dessus de la surface (« MNS », « Chlore », « Eric MOUSSAMBANI »). Différent, le math-rock des girondins l’est aussi par une écriture moins sinueuse que ses concurrents, qui reste bien dans sa ligne d’eau et nous évite la noyade dans trop de tripatouillage, même si quelques embardées marquées par un jeu de batterie tout en à-coups sont à prévoir (« Pédiluve », « Philippe LUCAS », « Apnée »). A la différence des guitaristes de Papaye ou de Room 204, plutôt branchés sports co’ et qui passent leur temps à se renvoyer la balle, les deux six-cordistes de Piscine nagent de conserve, chacun dans leur style : l’un tricote des mélodies virevoltantes et constantes, l’autre balance du gros accord qui monte au fur et à mesure de la course, et les deux barbotent emmenés par le rythme lourd de la batterie (« MNS », le ternaire « Chlore »). Pour le sprint final, on pourra compter sur une « Natation Synchronisée » endiablée et un « Eric MOUSSAMBANI »  bien plus en forme qu’à Sydney, qui remettent le combo dans des tempos plus conformes au genre.

Pour son entrée dans le grand bain, Piscine signe un premier effort pas frileux et qui nous promet de futures olympiades fort relevées. Comme dit, cette course de chauffe souffre quelque peu d’un son pas toujours au niveau de la puissance des riffs, mais aussi de mouvements un peu trop redondants (« Philippe LUCAS » et « Apnée »).  Peut-être pas de médaille d’or pour ce tour de Piscine Olympique, mais un podium haut la main.

Olympique de Piscine, c’est si tu n’as rien contre : Marylin-Rambo, Vergogne en plus rugueux, et le math-rock actuel mais en pas pareil.

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