[Récit de concert] 01/04/2015 : The K. + H.O.Z. + MyBodyHorse @ Grand Kfé

Le Grand Kfé semble désormais acquis tout entier au metal. Et le meilleur marqueur de cet attachement, c’est peut-être justement lorsqu’il n’y en a pas au programme, du metal. A peine 30 personnes avaient donc fait le déplacement pour cette affiche qui ne manquait pourtant pas de gueule : pas un seul groupe du coin (ce qui peut certes porter préjudice à l’affluence, mais si c’est pour revoir toujours les mêmes…), et même une tête d’affiche INTERNATIONALE, puisqu’elle nous vient de Belgique, mais surtout initialement programmée au Confort Moderne en octobre dernier (avant d’être finalement annulée). Une fois de plus, on ne nous avait pas trompés sur la marchandise, mais ça n’aura pas réussi à attirer le chaland.

affiche the k hoz mbh

  • MyBodyHorse : Nous venant tout droit de Tours, ces voisins ne nous sont pas tout à fait inconnus : ils avaient en effet joué sous les cocotiers gonflables de Tours 2 Fête, un peu après Francky Goes To Pointe-à-Pître (autopromo), l’autre groupe du batteur. Le blues poisseux et réverbéré du duo était plutôt bien passé dans cette ambiance intimiste de plein-air. Ce fut un peu plus laborieux dans le bar de la MDE, qui fait tout de suite plus grand lorsqu’il est quasiment vide. A sa décharge, il faut dire que le son dont a « bénéficié » le groupe ne l’a pas vraiment aidé — et ça devient problématique, puisque c’était la même chose pour le concert de Hardcore Anal Hydrogen, même pire étant donné la présence d’une double-pédale. La grosse caisse écrasait donc tout et aplatissait largement la profondeur de la voix et la disto métallique de la guitare. Ajoutons à cela un batteur avec du savon dans les pognes qui multipliera les lâchers de baguette, couplé à un jeu étonnamment approximatif sur les roulements compte tenu de ce dont il est capable dans son projet zouk, et vous aurez une idée du set mi-figue mi-raisin que nous aura livré le groupe. La mise en place des morceaux prenant généralement un peu de temps, on misera sur un petit manque de répèt’ avant le concert. C’est dommage car des morceaux comme « No Glory » ou « Just A Little Something » sont des titres à la lourdeur pour l’un et à la légèreté pour l’autre bien travaillées. On se consolera avec l’inévitable reprise bien grasse de N.I.B. et avec la joie de vivre qui caractérise décidément tous les musiciens venant de Tours, une ville qu’il doit y bien faire bien bon pour y vivre.
Pic_0401_027

MyBodyHorse (Crédits : Licence CC0)

  • H.O.Z. : Pas d’amélioration en vue côté son, bien au contraire. Extrêmement fort, celui-ci n’aura pas vraiment permis d’apprécier à leur juste valeur les titres du dernier album des dunkerquois, noyant les riffs faiblement saturés et la basse bien ronde de ce Band Of Brothers dans un fracas assourdissant. Peut-être cette configuration sonore aurait-elle été davantage appropriée sur un set majoritairement composé des morceaux plus anciens du quatuor, fortement teintés d’un noisecore proche de celui des japonais de Melt Banana. Mais ces petites déflagrations de 30 secondes ne serviront que ponctuellement d’interludes introduisant les pièces plus binaires sorties sur Head Records il y a tout juste un an. Entre les ritournelles punk-rock de Me First And The Gimme Gimmes, et les hymnes furieusement rock’n’roll de The Hives période Tyrannosaurus Hives,  H.O.Z. met à l’honneur les refrains fédérateurs (« Hey Ladies », « Ain’t Got No Woman »), les couplets crooneresques (« Daneel », « Band Of Brothers ») et les passages gueulards (« On The Road »). Ces multiples variations vocales font appel à chaque membres du trio, et sont à la mesure de l’énergie délivrée par les parties instrumentales, dont le son ne nous laissera pas profiter des multiples nuances (le taping sur « On The Road », le refrain de « Pretty Easy »). Une frustration doublée du fait que le leader du groupe, à la guitare transparente magnifique et au chant principal, restera confiné sur sa chaise en raison d’un tibia-péroné fraichement déplâtré. Et vu l’implication mise à profit en dépit d’une douleur parfois visible, on ne peut que regretter que le groupe n’ait pas pu mettre totalement à profit la vitalité scénique faisant écho à leurs morceaux. A revoir très vite, dans de meilleures conditions, donc.
H.O.Z. (Crédits : Licence CC0)

H.O.Z. (Crédits : Licence CC0)

  • The K. : Le trio liégeois était précédé d’une réputation scénique assez explosive, et contrairement à H.O.Z., il n’y avait pas de blessé de leur côté. Et effectivement, en voyant leur guitariste-chanteur allongé sur la terrasse extérieure pour expliquer un truc à son interlocutrice, on pouvait pressentir une prestation assez entière. La faible affluence en revanche, aurait pu réfréner les ardeurs de The K., et l’inciter à livrer le service minimum. Des doutes cependant rapidement balayés lorsque le leader se présentera simplement vêtu de son caleçon face au public. Il n’y aura donc guère que le bassiste pour faire dans la relative discrétion, le batteur joignant le geste à la frappe pour asseoir le grunge noisy à la Pissed Jeans servi par le combo, à travers un jeu plutôt visuel. Le set semble bien rôdé, et malgré l’apparente folie du trio, les morceaux de leur album My Flesh Reveals Millions Of Souls s’enchaînent sans accrocs, entrecoupés avec des titres plus anciens ou bien inédits que je ne connaissais pas. Au bout d’une multiplication des incursions dans le maigre public — du guitariste aux 3/4 nu et même du batteur, pour donner une becquée houblonneuse à notre Béné national — c’est finalement l’ensemble de la scène, musiciens et instruments compris, qui se retrouvera dans le milieu de la salle, pour nos offrir un final des plus déglingués, à la façon du show de Monotonix au Less Playboy Is More Cowboy de 2011. La guitare finira pour sa part autour du coup d’un spectateur ne sachant visiblement pas en jouer, mais qui pourra néanmoins compter sur une réverb’ maximale masquant les fausses notes. Le chanteur ainsi délesté de son instrument aura ainsi tout le loisir de crapahuter sur le balcon au-dessus du bar, réitérant ainsi l’exploit récent du vocaliste de Kruger. Les belges du soir seront d’ailleurs les seuls à livrer une performance à la hauteur de leurs homologues suisses sur l’ensemble du semestre au Grand Kfé. A croire que seuls nos voisins ont la science de la scène. Vivement un groupe italien (Zeus! par exemple?)
Ce qu'il restait de la scène PENDANT le dernier morceau de The K (avec Béné devant, évidemment) (Crédits : Licence CC0)

Ce qu’il restait de la scène PENDANT le dernier morceau de The K (avec Béné devant, évidemment) (Crédits : Licence CC0)

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