[Récit de concert] 26/03/2015 : Mexican Morrissey + Mexican Purple Wine @ Zinc

On aurait pu croire à une soirée tacos du côté du Zinc, mais bien moins exotiques que la péninsule du Yucatán, c’est bien de Charente et de Gironde que nous viennent les deux groupes du soir, partageant visiblement le même goût pour l’assaisonnement aux épices mexicaines du vin violet et des chanteurs avec une voix un peu chiante. Et encore une fois, il ne sera point question ni de pinard ni des Smiths lors de ce concert, qui sur le plan géographique comme sur le reste semble donc n’avoir ni queue ni tête (à l’image de cette intro d’ailleurs). Pourtant, un public assez nombreux (mais pas trop, quand même) a fait le déplacement, ce qui ne doit rien valoir au hasard.

affiche mex

  • Mexican Purple Wine : Et effectivement, lorsqu’on s’intéresse de plus près au pedigree des membres de ce premier groupe, on retrouve finalement un Spread The Fury et trois ex-Café Flesh. Soit pour les 3/4, les rejetons d’une connexion Jarnac-Minneapolis ayant offert à la Charente et plus encore une scène dans la droite lignée (ou presque) des productions signées chez Amphetamine Reptile Records, et de la scène grunge/noise/post-hardcore US (Headcases, Mr Protector, et en trichant un peu les inévitables Gâtechien). Sans surprise, et dans un sens tant mieux, Mexican Purple Wine perpétue donc la tradition tout en évitant astucieusement la copie trop parfaite. Pour cela, le quatuor accélère le tempo et se pare d’oripeaux furieusement rock’n’roll. Le ton est donné d’entrée avec le déluré « Cow Girl », qui lance le set sur les chapeaux de roue, malgré une batterie qui aurait mérité un peu plus de pêche. Le reste du show ne se départira guère de ce petit grain de folie bien sauvage qui peut à certains égards faire penser au garage new school des Hives du début (« Under Your Influence »), porté à bout de bras par un chanteur-bassiste au phrasé déglingué et au timbre parfaitement gueulard. Les racines noise du groupe et leurs tempos plus lourds ne sont jamais bien loin, comme dans l’inédit qui nous sera joué, et le combo n’est d’ailleurs jamais aussi bon que lorsqu’il nous livre les accords abrasifs de « Swamps » et son refrain exalté aux faux airs de Guy Picciotto. Il l’est tout de même presqu’autant en concluant avec le riff survolté de « Some Love », qui confirmera cependant le contraste entre l’explosion des morceaux et la relative passivité des musiciens, que la faible affluence avait peut-être refroidis.
Mexican Purple Wine (Crédits : CC0)

Mexican Purple Wine (Crédits : CC0)

  • Mexican Morrissey : L’ambiance est un peu plus chaleureuse avec ce duo bordelais, et la communication avec le public un peu moins parcellaire. Il faut dire que le batteur a un passif plutôt riche avec Poitiers, ayant officié pendant un peu plus de dix ans derrière les fûts et le micro de Seven Hate. On le retrouve ici au même poste, avec un peu moins de monde autour, et également dans un autre style — bien que la racine hardcore soit toujours bien perceptible en toile de fond. Exit donc — à quelques rares exceptions près — les lignes de voix mélodiques, et retour à quelque chose de plus primaire, comme peuvent en témoigner les échanges de « From Breast We Bleed ». Pour les plans un peu plus chantés, il faudra finalement davantage compter sur le compère guitariste, même si la qualité de son — faisant la part belle à la frappe puissante du batteur — ne nous en fera pas beaucoup profiter. L’accalmie sur « Sofrito » et son passage a cappella nous offrira cependant un bel aperçu de son grain bien rock US. L’influence stoner-rock se fait ainsi sentir à certains moments et étant donné la ressemblance du guitariste avec Josh Homme, il est difficile de ne pas penser à Queens Of The Stone Age. Il n’est cependant pas seulement question de physique, l’inclusion de ces riffs sablonneux exécutés tellement tranquillement façonnant l’identité du groupe et en faisant une Cadillac Nitro Pimp parée pour les escapades sur le goudron brûlant des routes désertiques de Californie (« The Bull »). Ce sont tout de même les accents les plus hardcore qui ressortent le plus de la version live de Mexican Morrissey (demandez à l’intro d’ « And The Retards Won… »), d’autant que les nombreux inédits qui nous seront servis ne semblent pas décider à faire baisser le niveau d’intensité. A suivre, donc…
Mexican Morrissey (Crédits : CC0)

Mexican Morrissey (Crédits : CC0)

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