[Récit de concert] 21/03/2015 : Cockpit + Cheaap @ Relax

Bordeaux rendait visite à Poitiers en ce 21 mars, et venait porter les couleurs d’une scène riche et renommée, emmenée notamment par le collectif Iceberg. Collectif dont fait partie JC Satàn, groupe garage qui, il y a quelques années, était venu partager sa guitare avec le public du Zinc, mais fréquente désormais davantage les SMAC et les gros festivals. La rançon de la gloire. Dans son sillage, ce combo entraîne de jeunes pousses s’engageant dans la même (ou presque) voie stylistique bien vintage. Visiblement soucieux d’entretenir la flamme, son guitariste Arthur Satàn leur assure même le SAV, puisqu’on le verra rôder près de la table de mixage durant les concerts, et, de son ombre bienveillante, placer le concert sous les auspices du garage new school.

affiche cockpit

  • Cheaap : Si ces trois bordelais puisent indéniablement leurs influences dans les années 90 états-uniennes, c’est néanmoins plus le grunge de Seattle que le garage qui nourrit leurs riffs et leurs rythmiques désinvoltes. Ne tournons pas autour du pot : difficile de ne pas déceler la présence de Nirvana dans les successions d’accords et la faible saturation métallique de la guitare sur les couplets. Cependant, loin de se complaire dans le simple copié-collé, le combo sait apposer une petite patte indie qui atténue les aspects les plus agressifs du grunge. Le chant est donc clair, la voix trainante et les tempos souvent relativement lents. Une torpeur un peu enivrante s’installait donc tranquillement, à mesure que le set avançait au rythme nonchalant de la batterie, et que les riffs abrasifs se répétaient à l’envi. Le jeu de scène relativement sobre et indolent du trio collant plutôt bien avec l’aspect juvénile de leur musique y contribuait également, et n’attirait donc pas forcément le regard. Restait seulement à se laisser porter par les pulsations irrégulières et tranquillement dodeliner de la tête. C’est peut-être donc dans le but de mettre un peu d’animation et de focaliser l’attention que le guitariste a finalement choisi de bouleverser un peu l’outro du dernier titre, et d’achever le set en fracassant sa guitare de façon plutôt inattendue, sous les yeux aussi interrogateurs qu’impuissants des membres de Cockpit, à qui appartenaient peut-être certains des amplis ayant servi de points d’impact à la 6-cordes du leader de Cheaap. Grunge.
Cheaap (2)

Cheaap (Crédits : CC0)

  •  Cockpit : Plus de peur que de mal cependant, puisque tout le matériel semble fonctionner sur scène. Je ne pense pas qu’on puisse en dire autant du manche et du corps de guitare gisant séparément dans la flightcase du chanteur de Cheaap. Je parle bien de matériel. Le bilan humain semble pour sa part un peu plus lourd chez ce quatuor, puisque les cordes vocales du chanteur principal ne semblent pas avoir survécu aux deux soirées précédentes, à Paris et à Rouen. Ce sera donc aux musiciens restants de prendre le relai vocal, même si cette démonstration de solidarité sera bien inutile vu l’impuissance des micros face au volume sonore des amplis (qui fonctionnaient donc au poil malgré les chocs reçus en fin de première partie) et celui de la batterie, tabassée de façon plus frénétique que lors du premier set. Il faut dire que là où Cheaap la joue sur le mode de la force tranquille (bon, sauf sur la fin), aussi flasque et informe qu’un pull de Kurt Cobain, Cockpit a le fuselage plus solide, va plus vite, plus fort et plus haut. Les tempos s’emballent, la disto s’épaissit côté 6-cordes, tandis que la réverb’ fait décoller la 12-cordes dans les airs pour offrir au garage nerveux des bordelais le soupçon de psychédélisme qu’il lui fallait, et qu’on ne perçoit pas vraiment à première écoute lorsqu’on se penche sur leurs quelques morceaux enregistrés. Bass Drum Of Death et sa mélasse grunge bien épaisse s’évapore donc quelque peu dans la version live de Cockpit pour rejoindre des cieux plus cristallins et planer dans le sillage bien psyché de JC Satàn, décidément bien présent dans cette soirée, tout en étant absent de la scène. Un peu poseur mais loin d’être posé, le garage de Cockpit a tous les attributs vintage de ce qui fait aujourd’hui la réputation de la scène rock de Bordeaux (et on peut facilement en dire autant de Cheaap). On dirait bien que la relève est là.

cockpit

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