[Chronique de disque] Valve – Apnée

valveSorti le 8 mars 2015 sur Poutrage Records, Dingleberry Records, Opposing Music, Itai Itai Records, Fall Into Void Records et Old Town Bicyclette Records

Grosse sortie collective et internationale pour ce groupe parisien, enchainée avec une tournée tout autant internationale (France, Allemagne, République Tchèque, Pologne, Hongrie, Autriche) histoire de répandre la nouvelle. La métaphore autour de l’air est bien filée et installe un premier paradoxe lorsqu’on met en regard le nom du groupe et le titre de l’album, sans qu’on sache si la suffocation ou au contraire le lâcher-prise aérien (voire même les deux?) sera le sentiment principal à l’arrivée. L’artwork sombre et vaporeux ne nous donnera pas plus d’indice : il faudra donc logiquement s’immerger un peu plus profondément dans cet album pour en savoir un peu plus.

Le caractère oppressif des premières mesures ne laisse pas beaucoup de suspense et annonce la couleur, qui sera aussi sombre que celles des profondeur où le combo souhaite nous entraîner. Le son est massif, le tempo lent, la rythmique martiale, la voix aigüe et agressive et les tonalités très dissonantes. Il est alors aisé de pressentir un doom blackisant somme toute relativement répandu par les temps qui courent. Mais ce serait oublier que le quintet possède plus d’un tour dans son sac.

Pour s’en convaincre, il suffit d’écouter « Une Carcasse Vide de Vie et de Sens », morceau à tiroirs qui, malgré un titre pas forcément très engageant, reste la pièce maitresse d’Apnée et témoigne d’un travail important sur les ambiances. Succédant lui-même à « Odds », inattendue remontée à la surface faite d’arpèges acoustiques et de volutes réverbérées, cette odyssée de 13mn se met lentement en place, et resserre petit à petit l’emprise afin d’accentuer l’asphyxie. Aux à-coups initiaux, introduit par un blast clairement black, succède alors une rythmique plus marquée, qui accélère l’immersion autant que la panique, perceptible dans un passage en voix-quasi claire. Dans son sadisme, Valve n’omet pas de vous envelopper dans une bulle d’air inopinée, dont les arpèges post-rock offrent un répit, avant de bien vite la crever avec une brutalité typée hardcore. Un style qui caractérise aussi « 777 », dont l’urgence stridente et les palpitations croissantes annoncent plus précisément l’expiration finale, et vont finalement s’éteindre jusqu’au dernier souffle ; ou encore le titre « Apnée », bien caché derrière l’écrasante dissonnance à la Eryn Non Dae, au travers d’une furieuse accélération.

Dans la lignée d’une scène doom sombre, torturée et teintée de post-rock déjà bien garnie, les parisiens savent se démarquer par une approche plus complexe de leurs rythmiques qui, tout en restant toujours très lourdes, impriment une dynamique rampante à ce qui s’apparente à un hardcore pesant. Tel un serpent de mer naviguant en eaux troubles, Valve enserre votre gorge de ses anneaux et vous entraîne dans ses abysses pour une Apnée de plus de 35mn qui, malgré quelques appels d’air entretenant l’espoir d’une remontée salvatrice, ne peut que déboucher sur une issue fatale.

Apnée de Valve c’est si tu n’as rien contre : Neurosis, Amenra, Cult Of Luna.

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