[Récit de concert] 12/03/2015 : Indust + WhoIam + Like Pigs On Embers @ Zinc

Habituée des concerts orientés death metal, l’asso Go Music s’ouvre de plus en plus au hardcore, avec toujours quelques accointances pour le versant métallique du style, celui où tout est gros : grosses moshparts, gros muscles, grosse baskets, grosses casquettes, et je m’arrêterai là… Exemple parlant avec cette date qui réunissait pas moins de trois groupes, tous extérieurs au département puisqu’originaires des Herbiers, d’Angoulême et de Toulon, mais partageant une vision commune du hardcore avec un grand « H » un petit « x » et un grand « C ». Affiche 100% inédite à Poitiers (en tout cas à ma connaissance) qui, au vu du dress code de l’assistance, aura attiré quelques aficionados du genre.

affiche indust

  • Like Pigs On Embers : Petit doute une fois passé l’escalier en colimaçon conduisant à la petite cave, alors que le pied de micro central culmine approximativement à 1,20m : c’est bien ce soir le gig hardcore, ou on a confondu avec une soirée « l’Ecole des fans » ? L’arrivée du quatuor et les premiers riffs de guitare balancés bille en tête dissiperont cependant très rapidement ces doutes et révéleront un hardcore se distinguant quelque peu de ce qu’on pouvait attendre de la soirée, en incorporant au milieu de moshparts bien massives somme toute assez classiques quelques passages plus brutaux proches du powerviolence, se manifestant par quelques blasts bien sentis. Une férocité qui commence à contaminer le public arrivant au compte-goutte, à l’affût du moindre breakdown pour lancer le concours de danse à grands renforts de moulinets et de coups de pieds dans le vide. Pas suffisant cependant pour le frontman, qui fera honneur à son statut en allant chercher la confrontation avec les premiers rangs histoire de galvaniser les spectateurs les plus bourrés motivés. Ainsi exhortera-t-il l’assistance à se lâcher pour les deux morceaux concluant ces vingt minutes de set, et, à cet effet, à « oublier [leurs tafs] de merde, oublier ces putains de codes du hardcore de merde. » Message reçu 5/5, puisque les mosheurs les plus ardents garderont bien sagement bras croisés tout au long des ultimes titres, sans qu’aucun stéréotype HxC ne pointe le bout de son nez.

whoiam

  • WhoIam : La température monte d’un cran avec les angoumoisins. Le chanteur est déjà torse-nu lorsque j’arrive dans la cave et aux timides petits pas de danse accompagnant le concert d’ouverture a succédé un pit bouillonnant d’où s’extirpent pêle-mêle bras, jambes et têtes sans que l’on puisse distinguer clairement le sens de leurs propriétaires. Il faut dire que côté scène, le hardcore développé se veut taillé pour le mosh. Et si le quatuor se revendique de « Los Angoulême », c’est bien du son de la côte Est dont il se nourrit et plus particulièrement de la plus connue des scènes HxC des Etats-Unis : celle de New-York. Déclinant le traditionnel combo couplet rapide/breakdown chorus avec ce qu’il faut en terme de sing along limite oi! à la Sick Of It All, les charentais n’oublient cependant d’incorporer là-dedans la dose de groove nécessaire pour éviter la redite totale et rendre leur hardcore vraiment accrocheur. Et vu les deux inédits joués en fin de set, le combo semble bien persévérer dans cette voie. Ajoutez à cela une bonne communion avec le public, qui viendra d’ailleurs chercher le leader par la peau du cul pour lui faire visiter les hauteurs de la cave, et vous aurez tous les ingrédients faisant de WhoIam la bonne surprise de la soirée.

indust

  • Indust : Vétérans de la scène hardcore de Toulon, également désignée sous l’acronyme THC (vous l’avez?), le combo tourne depuis quasiment vingt ans, en dépit d’un line-up qui semble relativement instable. Désignés par Noisey comme une des formations représentatives de la capitale varoise, c’est par ce biais et cette vidéo que j’en avais entendu parler pour la première fois. Je m’attendais donc à une configuration à la Walls Of Jericho et fut logiquement assez décontenancé par celle qui nous a été proposée, à savoir batterie-chant-deux guitares. Et pas de basse. Explication : le chanteur (plus question de chanteuse, donc) étant indisponible, c’est le bassiste qui le remplacera et se passera de la 4-cordes. Deux ans après, il ne reste par ailleurs qu’un seul membre du line-up présent sur la vidéo citée plus haut. L’instabilité ne semble donc pas être un problème pour les toulonnais qui assureront quand même le set en formation réduite. Seulement, être chanteur ne s’improvise pas, notamment dans ce genre de registre. Et s’il n’y aura pas grand chose à redire sur les premiers titres, dont le tout nouveau « Back To The Pit », il n’en sera plus vraiment de même à mi-parcours, à tel point que certains spectateurs se demanderont si le micro fonctionne correctement. Mais la scène HxC est une grande famille, et l’assistance n’hésitera pas à assister (comme c’est bien vu) le frontman intérimaire lorsqu’elle le pourra, et notamment sur un cover de Madball particulièrement fédérateur. Sur le plan stylistique, pas grand chose à dire : ça reste relativement classique avec une tendance bien massive qui pourra parfois rappeler Hatebreed, même si le manque de basse fera quelque peu tomber à plat cet effet costaud, notamment sur les pauses, où la batterie se sentira un peu seule. Pas de quoi gêner un pit trop occupé à se délester des dernière calories encore mobilisables.
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