[Récit de concert] 04/03/2015 : Cowards @ Zinc

Les soirées se suivent et ne se ressemblent pas au Zinc. Une semaine après l’enterrement le plus débilement fendard que j’ai jamais vu — celui de l’asso Migouri — l’ambiance était (attention euphémisme) radicalement différente dans la cave du bar. Le parfum de la mort n’est pourtant jamais loin non plus lorsque Cowards est dans les parages, il suffit pour vous en convaincre d’écouter leur dernier album, mais l’approche est ici nettement moins rigolol que lorsque l’oraison funèbre est prononcée par la Fiole et X-OR. Pour exemple, le dernier passage des parisiens à Poitiers s’était soldé par une brusque interruption des programmes après deux morceaux, faute de sono convenable. Les mecs sont pas là pour se marrer qu’on vous dit ! Restait donc à savoir si la sono allait cette fois être à la hauteur.

affiche cowards

  • Cowards : Hé bah non ! Non je déconne. Aucun souci de voix cette fois-ci, bien au contraire même, puisqu’on aura la chance de l’entendre de bout en bout, et les habitués savent que c’est assez rare au Zinc pour être souligné. Ce qui n’empêchera pas le chanteur de se déchirer les cordes vocales durant tout le set et de virer au vermillon en trente secondes chrono. La grande colère des Couards pouvait donc commencer, et vu la frontalité des cinq musiciens, on peut se demander si leur nom ne s’adresse pas finalement aux éventuels déserteurs qui décideraient de rebrousser chemin devant tant d’hostilité. Les franciliens ne trichent pas, et leur présence scénique restitue fidèlement le sentiment d’aversion se dégageant de leur hardcore sombre comme du black metal, fangieux comme du sludge. Leurs concerts prennent alors la forme de confrontation et, je vous le donne en mille, c’est bien vous qui vous retrouvez à racler le bitume crasseux avec vos chicots. Etant personnellement très bien placé — au premier rang, soit à environ 50cm du chanteur — j’ai ainsi pu profiter du sentiment délicieux de prendre une énorme soufflante de quasiment une heure, le tout sous les yeux (attention, nouvel euphémisme) légèrement flippants perçant la longue crinière d’un des deux guitaristes.
Cowards (Crédits et source photo : Demi Deuil)

Cowards (Crédits et source photo : Demi Deuil)

La menace est donc omniprésente et se manifeste de façon plus prégnante lorsque vous croisez le regard des membres du quintet, entretenant dans l’attitude ce que leur musique compte de plus malsain. Car lorsqu’on se focalise plus particulièrement sur le son — les guitares étant quelque peu bouffées par la section basse-batterie et ne bénéficiant pas de la disto pointilleusement dégueulasse qu’on retrouve sur leurs productions — ce n’est pas forcément l’aspect le plus oppressant qui ressort. On le sent à l’écoute de Rise To Infamy, les blasts et autres passages bien lourds façon Eyehategod s’éclipsent assez souvent au profit d’un bon groove hardcore à la Kickback. La setlist étant constituée de tous les titres de ce dernier album (oui tous, pas de jaloux) + « Where Lies The Anchor » et « Vices & Hate » (qui peuvent eux aussi dans leur genre solliciter les cervicales), ce sont donc ces rythmiques chaloupées faisant rouler des épaules qui donneront un étonnant relief à ce set qui s’annonçait ultra-plombant de bout en bout. Après tout, ces mecs sont comme tout un chacun : un batteur qui pose une galette une fois le concert achevé, un chanteur accessible et très avenant après qu’il ait retrouvé un teint normal. Seulement, Cowards développe une vision jusqu’au-boutiste de la musique, sans concession, que la scène se charge de matérialiser un peu plus concrètement, formant un exutoire charriant ce que la nature humaine compte de plus vicieux.

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