[Récit de concert] 21/02/2015 : Les Tigres du Futur @ Cluricaume + Vagina Town @ Relax

Programme chargé pour ce vendredi, puisque la place du marché avait rendez-vous avec les 70’s, en la personne des Tigres du Futur et de Vagina Town, respectivement programmés au Cluricaume et au Relax. (22ème?) Anniversaire pour le pub irlandais, et rien de spécial pour le bar à rhum, si ce n’est la continuation d’une prog annuelle qui commence à avoir une sacrée gueule. De quoi augurer une soirée de beuverie fort joviale, dans l’esprit des anciens barathons où seules les bières se succèdent plus vite que les concerts. Enfin ça, c’est si les cafetiers de la place avaient choisi de s’entendre sur le déroulement de la soirée, ce qui n’était manifestement pas le cas puisque les félins entamaient la seconde partie de leur set alors que les vagins débutaient le leur. Ç’a été un crève-coeur, mais pas le choix : il a fallu faire un choix. Voici donc un retour sur le concert des Tigres du Futur et sur la fin de celui de Vagina Town.

affiche tigres

  • Les Tigres du Futur : T-shirt Doom pour le claviériste, Black Sabbath pour un des guitaristes, s’il y a bien une chose sur laquelle les parisiens sont au taquet c’est bien sur la mise en contexte؟ On est en effet ici bien loin des mollards crust-punk chargés de bière tiède bon marché, ou des messes noires doom (quoiqu’un vampire mal maquillé croquant une chauve-souris vivante ferait certainement une très bonne scène de nanard). Pour mettre sur pied leur garage bien vintage, les cinq parisiens puisent en effet dans les couleurs chaudes et vives des vieilles bandes VHS servant de support à des séries Z dont le budget était manifestement trop serré pour pouvoir investir dans des hauts de costumes pour les rôles féminins. C’est donc avec une toile de fond globalement constituée d’actrices de seconde zone topless évoluant dans des situations improbables impliquant ponctuellement des ninjas que s’est déroulé un set marqué par l’absence de « Le Jour de la Colère Astrale », lente et palpitante progression de vingt minutes aux ambiances travaillées.
tigres

Les Tigres du Futur (Crédits : CC-BY-NC-SA par Jö)

Il faut bien dire que vingt minutes sur la durée d’un set, c’est plutôt conséquent. On se consolera en plus en se disant que pour ce seul titre, on aura eu droit à quasiment dix inédits. Bien calés entre la quasi-totalité des titres de Collections Illusions Sonores Vol.1 (« L’Enfer Mécanique des Morts-vivants », « Decapitron », « Ninja Twist », « La Galaxie de la Frayeur » et « La Course à la Mort » en rappel), ces nouveaux titres s’inscrivent dans la lignée garage/surf/twist sur fond d’orgue Hammond du groupe, à mi-chemin entre les Doors et quelques riffs nerveux s’approchant étonnamment du premier Arctic Monkeys. Ils semblent toutefois être marqués a priori par des influences plus variées et développent des ambiances plutôt inédites chez le groupe, à l’image de ce titre aux accents à la fois heavy et psyché faisant écho au t-shirt Black Sabbath du guitariste. Rassurez-vous cependant, Les Tigres du Futur n’ont pas basculé dans l’univers sombre des groupes qui égayent leurs poitrails : la machine à twister ne s’est pas enrayée, l’orgue est toujours aussi criard, les amplis ont le bouton « Feeling » bloqué sur 11 et les images diffusées en arrière-plan font de leurs prestations des ciné-concerts foutraques, où le grotesque kitsch le dispute au raffinement rétro, et le lourdingue hilarant à la fièvre dansante.

affiche vagina

  • Vagina Town : Pas le temps de souffler, ni de fumer de clope : les décibels  en provenance du Relax nous indiquent que les nantais-e-s (parité respectée pour cette formation basse – clavier ♀ vs. batterie – guitare/chant ♂) ont déjà débuté leur set. Le bar est logiquement relativement vide et ne se remplira pas beaucoup, ce qui reste du public du Cluricaume préférant profiter de la fraîcheur de la nuit et se livrer à quelques libations. Pas de projection vidéo ici : la fantaisie visuelle se trouve sur scène, dans les costumes bien psyché des instrumentistes. De quoi coller avec l’esprit général de leur musique, qui rejoint en cela celle des Tigres du Futur, au même titre que le côté rétro de leur garage lui aussi orgue-Hammondisé. A sa façon, le tube du dernier EP « Ecstasy » appelle lui aussi au déhanchement endiablé. Mais Vagina Town se fait toutefois souvent plus lourd et plus sombre, avec des textures plus grasses et plus crasseuses, comme sur « LSD ». Le leader du groupe ne s’y trompera pas en entamant le rappel complètement désaccordé : « bon ça devait être un country, mais on a qu’à dire que c’est du blues ». Ça sonne donc effectivement très US, et le fantôme des Cramps n’est jamais bien loin, ne serait-ce que dans les parties de voix avec la réverb’ à fond. Ces quatre rejetons du label décidément plein de flair Kythibong reviennent donc aux sources d’un garage chargé en drogues de synthèse, impliquant un psychédélisme moins rayonnant qu’on pourrait le croire, qui sent plus souvent la descente d’acide bien glauque que la montée triomphante. Parfait contrepoint des Tigres du Futur, évoluant dans un style similaire avec des ambiances différentes, on ne pourra que regretter d’avoir du manquer la première moitié du set.
Vagina Town (Crédits : CC-BY-NC-SA par Jö)

Vagina Town (Crédits : CC-BY-NC-SA par Jö)

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