[Chronique de disque] Soundcrawler – The Dead-end Host

pochette soundcrawlerSorti le 20 février chez Klonosphère

Après une fin d’année 2014 bien chargée (marquée par les sorties de Supertanker, 7Weeks ou encore Dwail, chroniqué par ici) et une petite pause en janvier, le train-train des sorties Klonosphère se poursuit. Petite subtilité pour celle-ci tout de même : à la différence des désormais poids lourds qui composent l’écurie poitevine, les cinq périgourdins font figure de jeunes pousses prometteuses. Pas énormément de concerts au compteur semblerait-il, et un line-up fraichement stabilisé (The Sandcrawler, sorte de démo, mais bien soignée quand même, semble avoir été enregistré à deux), il y a fort à parier pour que cet album en ait pas mal sous le capot.

L’imagerie du groupe le laissait penser, il ne faut pas avoir peur de bouffer du sable lorsqu’on se lance dans l’écoute de ce disque. Le cadre est aride, le vent balaie les dunes en tourbillons qui vous fouettent le visage. Non, il ne s’agit pas là d’introduire la musique de Kyuss, mais bien celle de Soundcrawler. Cependant, si le stoner des français renvoie indéniablement au desert rock US le plus poussiéreux, d’autres influences sont perceptibles au détour des neuf titres de ce Dead-end Host.

La combinaison du fuzz et de la wah-wah apporte indéniablement un côté psyché à l’ensemble : le rapprochement avec Mars Red Sky devient franchement évident lorsqu’un groove lent et nonchalant décide de rejoindre la partie (« Raiders », « Souls From The Trash »), et encore plus intéressant lorsque l’ombre de Clutch vient vitaminer « A God To Feed » avec ses accents bluesy. Mais réduire Soundcrawler à une simple redite, aussi bien réalisée soit-elle, de ce que le stoner compte de nuances serait un peu réducteur. Car le quintet se nourrit également de courants musicaux différents, et se propose de remonter le temps pour continuer son voyage exploratoire au coeur du metal des années 90, avec un petit penchant pour les rythmiques heavy et les textures fuzzy. La proximité du groupe avec le grunge d’Alice In Chains (Infinite Genocide) doit cependant beaucoup au timbre du chanteur et à ses lignes de voix aussi puissantes que mélodiques. De façon plus surprenante, et bien que le côté aérien du stoner de Soundcrawler se devine à travers l’évocation de Mars Red Sky, on décèle également dans les atmosphères installées par les périgourdins quelque chose de plus sombre, plus torturé, qu’on pourrait rapprocher du metal progressif de Klone (« Burning Scales »).

The Dead-end Host mélange donc des influences variées, au carrefour du desert-rock sablonneux, du stoner plus nerveux, du grunge mélodique et du prog’ obscur. Bien qu’on sente que les musiciens n’ont pas vingt ans expérience, le sens de la composition est indéniable et rattrape largement les quelques ponctuelles faiblesses techniques occasionnées. L’album a peut-être tendance à s’essouffler sur la longueur (et « And All The Seconds Left », sempiternelle piste acoustique qui clôture l’album n’arrangera rien), mais il démontre surtout de larges facilités en ce qui concerne l’élaboration de riffs percutants et d’atmosphères planantes. Il identifie par la même occasion un groupe prometteur qu’il serait dommage de ne pas tenir à l’oeil.

The Dead-end Host de Soundcrawler c’est si tu n’as rien contre : Mars Red Sky, Alice In Chains, Klone.

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