[Récit de concert] 15/01/2015 : Killing Spree + Mosca Violenta @ Grand Kfé

Top départ pour 2015 du côté du campus. Pour l’occasion, le troquet attenant à la MDE diversifiait un peu son registre habituellement métallique (ce sera le cas pour quelques autres dates du semestre, toute la prog est ici) pour proposer une soirée teintée jazz, avec deux groupes à la même configuration : basse-batterie-saxophone, et issus de structures faisant figure de valeurs sûres dans les circuits alternatifs de la musique qui tabasse bien. La qualité était donc de prime abord au rendez-vous, et une soixantaine d’amateurs ne s’y était pas trompée.

affiche ks mv

  • Mosca Violenta : Nous venant tout droit de Caen, et estampillés « Head Records » , excellent label-distro-orga de concert montpelliérain qui compte parmi ses rangs quelques pointures (Pneu, Verdun…), le trio avait emmené avec lui une distro fournie, qui trahissait un certain engagement politique pas déplaisant (pour les ZAD notamment), ainsi que les collaborations parallèles à tendance prog’ des membres du groupe (comme Rhùn). Des influences qui transparaissent assez largement dans la musique de Mosca Violenta, même si la formule à trois offre un peu de spontanéité, d’urgence, à leur jazz noisy. Bien appesanti par des lignes de basses lancinantes, avec ce son typique du post-hardcore albinien des 90’s, ce dernier aurait gagné à être marqué rythmiquement par une batterie plus massive, pêchue. Aussi aérien que la disposition des cymbales, le jeu du batteur, léger, avec pas mal de toucher, aurait pu être plus raccord avec la lourdeur de la basse, histoire de créer un contraste plus important avec une section mélodique pour le coup plutôt virevoltante. « Les Rognons », qui reste à mon sens le point d’orgue du concert, donne la mesure de cette opposition entre une section rythmique qui sait se montrer aussi pesante qu’abrasive et des parties de saxo — pourtant baryton — sautillantes et marquées par la liberté du free jazz (oui, c’est un pléonasme). A noter : je n’ai pas reconnu tant de titres que ça de leur album éponyme, à part « Fubar », ou « Majax ». S’appuyant déjà sur des structures relativement imprévisibles, les normands jouent donc à fond la carte de la surprise et vous emmènent définitivement vers des terrains méconnus.
Mosca Violenta (Crédits : CC0 par Poirez)

Mosca Violenta (Crédits : CC0 par Poirez)

  • Killing Spree : L’approche est différente avec ce tout nouveau trio poitevin. Il faut dire que le background des musiciens y est différent. Si on trouve ici des transfuges de l’Orchestre National de Jazz, le CV des membres de Killing Spree se montre aussi assez métallique, notamment du côté du saxophoniste Matthieu Metzger qui officie au sein de Klone, et du batteur Grégoire Galichet, issu de Dead Season. Et bien évidemment, on retrouve largement cet aspect dans la musique développée. C’est ainsi un blast bien saignant qui ouvre le concert et rameute les quelques clopeurs agglutinés dehors. Le propos ainsi introduit, la violence du metal ne quittera jamais vraiment les compositions du combo, et se manifestera essentiellement à travers le jeu puissant du batteur et son double kit : double-pédale, bien sûr, mais aussi double caisse claire, double paire de toms, double crash, double ride, et même double splash. Le jazz le plus rigoureux n’est cependant jamais bien loin, et vient coucher les méandres imprévisibles de certains morceaux sur le papier des partitions qui guident les instrumentistes. « Brain Sucking Exercise » marquera ainsi le climax de cette ascendance jazzy, marquée par une succession d’à-coups parfaitement coordonnés mais finalement assez peu marqués rythmiquement. La technique reste au centre du concept de Killing Spree, que les trois membres mettent souvent au service de l’expérimentation, bien que ce soit essentiellement Matthieu Metzger qui captive l’attention : ses parties jouées avec deux saxophones ou chantées à travers son espèce de vocoder tuyauté restant relativement atypiques. Et alors que le set pourrait s’enfoncer dans une démonstration relativement peu accessible, le trio sait aussi sortir le bon groove bien lourd qui fait mal au moment opportun, et se rapprocher en cela d’un jazz-metal plus classique et entrainant pouvant évoquer Exivious ou Step In Fluid. Que vous soyez un puriste de la partoche imbitable et des signatures rythmiques impossibles ou bien simple amateur de djentades bien huilées appréciant maltraiter ses cervicales, jetez donc une oreille à Killing Spree : vous y trouverez ce que vous aimez, les sonorités du saxophone en prime.
Killing Spree (Crédits : CC0 par Poirez)

Killing Spree (Crédits : CC0 par Poirez)

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