[Chronique de disque] Beaver – Cold Hands

https://i1.wp.com/f1.bcbits.com/img/a3647159792_2.jpgSorti le 6 novembre 2014 sur Anarchino Records

Aussi improbable que ce soit, c’est de Pologne que nous vient une des dernières bonnes surprises de 2014. En élargissant à la scène « rock » du pays dans son ensemble, je serai bien incapable de citer plus de groupes que Behemoth et Vader. Bien loin du black et du death metal, c’est au rayon hardcore emo que vous trouverez le six-titres (quatre pour la version physique) de Beaver. L’artwork noir et blanc, même s’il m’a d’abord évoqué celui de Pink Flag de Wire, annonce a priori quelque chose de pas franchement joyeux, bien plus enfoncé dans la mélancolie que le post-punk british. Let’s wait and see…

« Hopeless », qui ouvre l’EP a le mérite d’annoncer la couleur, ou plutôt de confirmer celle de la pochette : ce sera gris, ce sera morne, ce sera sans espoir. Sans s’arrêter au titre en lui-même, les premières mesures du morceau reprennent à leur compte l’ambiance désespérée annoncée, qui s’exprime à travers un chant torturé, successions de cris éperdus que soutiennent des arpèges mélo-mélancoliques. La recette est là, ne reste plus qu’à la développer, et les polonais vont largement s’y employer dans les deux titres suivants, « Cold Hands » et « Wrong Assumptions », qui permettent au combo de noircir son tableau tout en lui donnant du relief à l’aide de mélodies qui, au détour de refrains fiévreux et sans avoir l’air d’y toucher, s’immiscent dans la tête pour y rester un bon moment. Après un « Black Paint » qui nous renvoie curieusement à quelque chose de plus old school avec ses guitares étouffées fugaziennes, Beaver nous laisse avec deux derniers titres où la recherche mélodique s’efface un peu au profit d’une énergie plus affirmée.

Les polonais nous livrent donc ici un EP abouti, qui draine son lot de mélodies accrocheuses, de screamo avec les cordes vocales à vif tout autant que les nerfs, et de bourrinades plus percutantes. L’équation semble classique, et dans un genre aussi codifié que le hardcore, qui plus est pour ses dérivés mélodiques ou emo, difficile de faire bouger les lignes. A défaut d’être original, il faut donc se démarquer en misant sur l’efficacité. Ce que réussit Beaver haut la main avec ce Cold Hands, puisqu’outre une enveloppe émotionnelle qui transpire la désillusion, l’EP ne pêche pas dans le détail et regorge de subtilités mélodiques qui font toute la richesse de cette galette. Servi par un son de guitare plutôt clair, même si une disto éraillée vient supporter les refrains les plus exaltés, cet aspect du hardcore des polonais restera leur principal point fort. Et comme une bonne surprise venant de l’Est n’arrive jamais seul, cette bonne découverte aura en plus eu le mérite de me faire découvrir Lie After Lie, qui rassemble quelques-uns des compatriotes du groupe ici chroniqué, officiant dans la même vibe emo/mélo. La Pologne serait-elle le nouveau Washington DC?

Cold Hands c’est si tu n’as rien contre : Defeater, Touché Amoré, et, histoire de soutenir la scène locale, Inperil.

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