[Chronique de disque] Dwail – The Human Concern – Judgment & Fall

Sorti le 21 novembre 2014 sur Klonosphère

Vu la calotte administrée au Zinc il y a un mois par les toulousains, il était difficile de passer à côté de la sortie de la seconde partie de The Human Concern. Succédant à un premier EP qui confirmait le potentiel explosif du combo, cette deuxième moitié, plutôt que de paraître de façon distincte, est venue se placer devant les six morceaux de la part 1 afin de former un album conséquent de 50mn, dépeignant un récit vu du côté extra-terrestre d’une part (The Judgment) et humain d’autre part (The Fall). Afin d’éviter les redites, et parce que beaucoup a déjà été dit sur la Chute, on se focalisera donc ici sur le Jugement, qui, malgré quelques aperçus livrés lors de leur dernière tournée centroccidentale, restait pour l’essentiel inconnu.

Faisant partie d’un même tout, il sera néanmoins difficile de ne pas revenir sur certains aspects de l’EP précédent afin de situer les titres inédits et de les mettre en perspective. Car envisagés comme un ensemble, ces derniers se démarquent dans un sens assez nettement de la fin de l’album, notamment par leur noirceur. Si « Influx » et surtout « Darkening Trees » avec ses accents étonnamment bluesy ouvrent la tracklist et créent un pont avec la première partie de The Human Concern en battant le rappel d’un metal à la croisée du mathcore et du rock’n’roll le plus furieux, le reste des titres laisse place à des ambiances plus sombres, à des tempos plus lourds et moins propices — malgré quelques accélérations qui ne manqueront pas de vous filer quelques fourmis dans les jambes — aux folles cavalcades que vous réserve la fin de l’album.

La montée en puissance progressive que représente « Crop Circles » est plutôt caractéristique de cette atmosphère globalement pesante, qui se manifeste à travers ce sample de voix radiophonique anxiogène posé sur une ascension instrumentale aussi froide que planante, qui n’est pas sans rappeler les roulements feutrés de Born In Winter. Et quitte à rester dans le death moderne, le morceau ne manquera justement pas de finalement basculer dans une violence lourde et saccadée où le chant hurlé et les rythmiques syncopées pourront évoquer Magoa. Tout en conservant cette lourdeur écrasante, « The Elements » réussit à marier de la bonne grosse moshpart en ternaire et ce côté bluesy mentionné plus haut — qu’on retrouve aussi dans les parties les plus pachydermiques d' »A Sharp Gunshot » — qui prend sa source dans un son de guitare métallique ainsi que dans des bends et des arpèges sablonneux, proches de ce qu’on peut trouver dans le stoner ricain le plus aride. Et même si ce dernier titre sait aussi montrer les crocs et renouer avec la sauvagerie initiale du premier EP, le contraste est tout de même important lorsque résonnent les premières mesures d’un « A Ray Of Light » déchainé et extrêmement direct.

La seconde partie de The Human Concern, plutôt que se placer dans la continuité des précédents morceaux, prend donc le parti de les introduire. La rapidité et la furie qui caractérisent la fin du disque s’éclipsent donc pour ces premiers morceaux au profit d’un travail sur les ambiances qui se veulent plus obscures et pesantes. Les toulousains continuent donc à mélanger les genres, mais estompent ici le hardcore mâtiné de rock’n’roll qui rend si sauvage et furieux les titres dépeignant la chute finale et inexorable. D’autres ingrédients sont ici convoqués pour traduire la version extra-terrestre de l’intrigue, peut-être un peu plus progressifs, mécaniques, qui font de la première partie de l’album un ensemble parfois féroce, mais souvent froidement écrasant. Le rock qui s’instille dans la musique de Dwail dans les six premiers morceaux ne rolle plus, il pilonne. Cultivant son concept de façon fidèle et cohérente, les quatre sudistes annoncent donc la fin foudroyante du règne humain en traduisant par leur metal si personnel et si imagé la force machinale et vierge de sentiment qui en est à l’origine. Le rock’n’roll de Dwail se fait donc pour ces premiers titres plus lourd, et moins sauvage. Mais on n’y perd pas au change, bien au contraire, puisque le concept de départ prend ainsi tout son sens.

The Human Concern – Judgment & Fall c’est si tu n’as rien contre : Hum… Pas facile… The Dillinger Escape Plan? Meshuggah? Gojira? Avec des bouts de Clutch dedans? Démerdez-vous avec ça !

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