[Récit de concert] 23/06/2014 : Room 204 + Demainpute @ House show

Ce n’est ni dans un bar, ni au Confort que se produisaient ce 23 juin les nantais de Room 204, mais dans le salon d’un pavillon situé en pleine banlieue calme de Poitiers. Ce qui en dit long sur la facilité d’organiser des concerts dans cette ville… Ceci dit, les conditions dans lesquelles s’est déroulée la soirée n’en ont pas pâti pour autant : avec une partie de la pièce surélevée qu’on pourrait croire faite pour servir de scène, une déco plutôt chouette servie par des lumières tamisées, et un son largement meilleur que ce qu’on peut trouver dans les lieux de concert habituels, le cadre était tout trouvé pour assurer un moment sympatoche.

Y'avait pas d'affiche, alors j'en ai fait une. DIY wesh.

Y’avait pas d’affiche, alors j’en ai fait une. DIY wesh.

  • Demainpute : Seulement, encore faut-il arriver à l’heure. Et pour cela, mieux vaut ne pas sous-estimer cette saloperie de rue du Planty, qui n’en finit pas. J’arrive donc alors que Demainpute joue son dernier morceau. J’apprends donc que Demainpute est finalement un barbu qui chante seul, assis, et accompagné de sa Telecaster. Le peu que j’en ai vu n’avait d’ailleurs pas l’air mal du tout, alors que ce n’est pourtant pas forcément mon truc. Pour situer un peu, le musicien en question officie dans le duo math-noise Dear John Dear, mais également dans le groupe d’indie-folk Meringue, Alcohol and Us (qui figure d’ailleurs dans une liste de 100 formations à surveiller, élaborée par Mybandnews au début de l’année, et parmi laquelle figurent des trucs plutôt sympas comme Von Pariahs ou Petit Fantôme). Et Demainpute se rapproche davantage de ces derniers que de Dear John Dear, ce qui ne correspond pas vraiment à ce qui a l’habitude de me flatter l’esgourde. Mais il faut croire que le fait de jouer en one-mand-band renforce ses accointances du soliste avec la folk – au détriment du côté pop – et donne des accents bluesy à sa musique. A ce titre, l’unique morceau que j’aurais pu voir, sous des atours bien planants, montera finalement en puissance, en faisant abstraction du bon gros pain en plein milieu, pour laisser l’amertume prendre le pas sur la douceur. Servi par un son au poil, la voix de Demainpute se révèlera particulièrement dans le ton de la guitare en clair et des ambiances distillées. Côté public, on notera que les ballades avaient a priori fait mouche, puisqu’une bonne ovation de la petite vingtaine de personnes présentes faisait suite au set. Il faut dire que la proximité entre le musicien et l’assistance créait une atmosphère particulière, intimiste, donnant une saveur particulière à ce genre qui n’est pas vraiment celui que je préfère. Saloperie de rue du Planty.
Demainpute (Crédits photo : CC-BY-NC-SA par Jö)

Demainpute (Crédits photo : CC-BY-NC-SA par Jö)

  • Room 204 : Yes ! Le trio nantais, dont le dernier album Maximum Vegetation fût particulièrement bien accueilli par la rédaction de ce webzine (chronique par ici) faisait en cette fin de mois de juin escale à Poitiers (ou plutôt Buxerolles) sur la route devant les mener au Samynaire de Montpellier, histoire de fêter les deux mois d’un disque qui n’a toujours pas pris une ride. Mieux encore, il gagne clairement en puissance lorsqu’il est joué sur scène, et il l’est dans son intégralité (ou pas loin). Le set s’ouvre ainsi sur les premiers morceaux du dernier opus et d’emblée, alors que le son est plus que propre même si Guitariste-à-lunettes est un peu plus fort que Guitariste-à-casquette, c’est le côté le plus brut des compositions qui prend le pas sur les petites nuances délicates qui parsèment Maximum Vegetation. La disto est bien épaisse et si vous avez apprécié le côté fruité et verdoyant de l’album, sachez qu’en live c’est double-ration de vitamines et envahissement de plantes (bien) grasses. On perd un peu le subtil côté jinglesque des grattes, qui pâtit d’ailleurs de quelques petits pains par-ci par-là sur les arpèges du type de ceux qui concluent « Population de Cocotiers », mais le jeu de batterie prend quant à lui tout son sens, alors que le live permet de mieux en apprécier visuellement la sophistication. Et si le cogneur que Room 204 partage avec Papier Tigre rend en cela honneur à la pile math du groupe, il n’en délaisse pas la face rock et nous gratifie de quelques parties plus binaires et rentre-dedans. Notamment lors des morceaux plus anciens, qui tranchent largement dans le vif les lianes qui ont poussé ça et là pendant le début de set. D’abord regroupées entre elles, les chansons récentes et plus anciennes se mélangent finalement au fur et à mesure et s’enchainent dans des transitions bien négociées. Je ne verrai ainsi pas le final de « Biocorridor » se fondre discrètement dans l’intro d’un titre plus ancien et bien bourrin, quand la conclusion du set se fera en deux temps séparés par un petit tour de montagne russe métronomique offert par le batteur. Ha on sent que ça bosse le set chez Room 204 ! Et le résultat est là : une pêche de fou, une musique tout sauf bête comme chou, des musiciens qui n’ont pas le melon et qui appuient sévère sur le champignon pendant 3/4 d’heure au bout desquels on ressort avec la banane (métaphore 100% Maximum Vegetation et 200% pourrave pour conclure \o/ ).
Room 204 (Crédits photo : CC-BY-NC-SA par Jö)

Room 204 (Crédits photo : CC-BY-NC-SA par Jö)

 

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