[Récit de concert] 02/05/2014 : Gasmask Terrör + Verbal Razors @ Zinc

Deux des orgas habituées à squatter la cave du Zinc, mais silencieuses depuis quelques temps (et un concert d’Aluk Todolo en octobre dernier si je ne m’abuse?), ont visiblement décidé de reprendre du service (du moins pour un soir) ! Geeha Music et Beards & Bones remettaient donc le couvert en ce lendemain de journée internationale des travailleurs, avec une affiche des plus alléchantes. Et comme un come-back, ce n’est jamais assez, In Touch Able (en sommeil depuis quelques temps également), après un coup manqué la veille, programmait Bild une heure plus tôt, en mode sauvage et DIY sous la pénétrante. Je m’y suis rendu pour saluer la démarche, mais n’y suis pas resté assez longtemps pour pouvoir en faire un compte-rendu détaillé, car l’appel de la bagarre souterraine commençait à se faire sentir du côté de la Grand’Rue…

affiche gasmask verbal

  • Verbal Razors : J’en avais déjà parlé par ici en des termes plutôt sympas, autant dire que j’attendais les tourangeaux de pied ferme. D’autant plus en sachant que leur S/T sorti en janvier serait vraisemblablement largement mis à l’honneur lors de ce concert. Pas manqué, la plupart des titres de leur album, largement encensé par la critique, auront été joués ce soir-là, de « Hard Boiled Head » à l’imparable « Krakatoa » (petite interlude heavy au milieu d’un océan de pur crossover joué à toute berzingue), en passant par « Blood In Your Hands », « Teenage Threat To The Throat » ou encore « Tears Of Rage » et « Killing Snow ». Au terme d’un set (forcément) un peu court, un rappel avec au hasard « ACAB » et « The Graveyard » aurait été du meilleur effet. Mais l’heure c’est l’heure et l’absence de ces deux chansons aura permis au groupe de dévoiler quelques titres inédits qui s’inscrivent dans la droite lignée de ce dont Verbal Razors nous a habitués : une résurgence 80’s/90’s aux frontières du thrash et du hardcore à l’ancienne. La version live des morceaux déjà connus est quant à elle conforme à celle de la galette. Malgré une batterie un peu forte qui régale à la double-pédale (sans oublier ce savoureux passage à la ride-bell sur « Tears Of Rage »), ça mouline sec et propre du côté de la Flying V, et le chanteur (qu’on retrouve à la gratte chez Ed Warner), en dépit d’une sono habituellement capricieuse, s’en sort plutôt bien. On retrouve dans son attitude toute la hargne qui caractérise sa voix, tandis que les intertitres et les échanges avec Def’ (« Highlander, ou le Rebelle, on sait pas trop ») témoignent du côté plus fun du combo. Malgré ça, c’est plutôt tristoune dans le public. Bien que pas mal remplie, la cave restera franchement statique, alors que le son des tourangeaux ne donne pas vraiment envie de garder les mains dans les poches. Mais bon, c’est malheureusement le lot des groupes jouant en première partie, qui pâtissent souvent de spectateurs encore trop peu imbibés pour déclencher les hostilités.

Verbal Razors (Crédits photo : CC0)

Verbal Razors (Crédits photo : CC0)

  • Gasmask Terrör : Car pour la tête d’affiche, changement d’ambiance. Quelques secondes suffisent à transformer le sous-sol du Zinc en ring de boxe, et c’est parti pour la bagarre ! Il faut dire que le style ici développé est plutôt radical et fait pressentir le set éclair de 20mn à tout casser, ce qui ne laisse pas beaucoup de place pour l’échauffement. Largement reconnu dans le milieu DIY, y compris international, Gasmask Terrör – dont les membres évoluent dans d’autres formations également très chouettes et plus (Shock) ou moins (Monarch!) similaires – est le plus souvent catalogué à la page « crust ». Pas forcément très clair, ce terme reviendrait à les assimiler à des formations comme par exemple les Washingtonians. Mais alors que les pictaviens lorgnent davantage du côté du metal (avec leur touche grindcore), les bordelais versent plus dans le punk hardcore old school. Celui avec des rythmiques D-Beat (comme ce que faisait Bougnoule, pour parler local) et un côté clairement anarcho-punk (à la manière de Conflict, pour parler global). A la manière de Verbal Razors, qui ne réinvente pas le crossover mais se contente d’en tirer ce qu’il y a de plus efficace, les girondins ne révolutionnent pas le hardcore. Mais force est de constater qu’il font le taff, et qu’ils le font très bien. Les riffs sont percutants, la batterie déroule à vitesse grand V et sans temps mort, et difficile de ne pas noter la performance du chanteur, qui redonne du sens au mot « implication ». Proche du public et participant au bordel ambiant, le frontman n’hésite pas à partager le micro avec les spectateurs qui connaissent les paroles pour quelques sympathiques moments de communion. Enfin bref, pas besoin de faire un dessin, Gasmask Terrör nous a offert un concert de punk, avec les morceaux de 2mn, la guitare à burne, le chanteur qui crie très fort et les habitués qui braillent les refrains entre deux pogos. Passés une bonne suée + un rappel (un cover de Bastard), il est déjà temps de remonter à la surface. De songer avec délice aux bleus sur les côtes du lendemain matin. De se dire avec 20 secondes de recul que ce serait quand même franchement pas mal si Gheea et Beards & Bones revenaient définitivement aux affaires, pour transformer un peu plus souvent le Zinc en sorte de Miroiterie-bis (RIP).

DSC0014n

Gasmask Terrör (Crédits photo : CC0)

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :