[Récit de concert] 30/04/2014 : Crawling In Sludge + Sensorial Damage @ Zinc

N’ayant pu me rendre à la Sirène de la Rochelle, où Jello Biafra, l’ex-leader du groupe de punk légendaire Dead Kennedys, donnait une petite représentation, je me suis rabattu – une fois n’est plus coutume – sur la soirée organisée au Zinc, qui laissait encore le metal local s’exprimer dans sa cave. On retrouvait donc Crawling In Sludge, qui débutait alors une petite tournée printanière, et un groupe moins confirmé qui commence néanmoins à pas mal tourner : Sensorial Damage. Deux formations du coin que je n’avais encore jamais vues, pour un prix dérisoire : autant en profiter.

  • Sensorial Damage : Formant un combo relativement récent à Poitiers, ces cinq jeunes qui n’en veulent ne devraient pas tarder à être désignés comme la relève du metal pictavien. Après avoir pris un petit coup de vieux il y a quelques jours pour Salut c’est cool, rebelote ce soir avec les coreux de Sensorial Damage. Le plus dur ici sera donc de parler d’eux sans l’espèce de côté paternaliste et condescendant qui vaut presque naturellement à ce type de groupe débutant d’être traité comme des gamins de cinq ans (sous couvert de bienveillance), et que j’aurais sans doute détesté si j’avais été à leur place. A l’inverse, difficile aussi de faire comme si les mecs avaient énormément de bouteille et de leur reprocher des trucs qui sont évidemment normaux étant donné la jeunesse du groupe. Évidemment, le set n’était pas parfait et la prestation du combo manquait quelque peu d’assurance. Il faut dire qu’ils étaient un peu à l’étroit sur la petite scène du Zinc et que leurs mouvements étaient un peu entravés, mais cela tenait aussi au fait que les musiciens étaient vraiment appliqués sur leurs instruments. Cependant, après des débuts peu engageants devant une petite dizaine de personnes, au fur et à mesure que le set avançait, que la cave se remplissait, le groupe a clairement gagné en confiance et s’est progressivement lâché : ce fut particulièrement flagrant du côté du batteur, qu’on a peu à peu senti renforcer sa frappe. On saluera également la propreté de ses roulements à la double-pédale. Côté chant, ça gueule pas mal, mais les (quelques) passages en voix claire ne sont pas vraiment du meilleur effet. Ceci dit, la qualité du son (bien que (trop) peu élevé) n’était pas au mieux et les parties vocales en particulier ont eu à souffrir de quelques larsens assez désagréables. Outre ces petits soucis, pas grand chose d’autre à ajouter. Le hardcore de Sensorial Damage est plutôt carré, quoiqu’encore un peu « prévisible ». L’héritage de Nothingness semble bien assumé : on retrouve ce mélange de hardcore et de post-rock qui a fait le succès de NTHS, même si SxD (oui carrément, SxD comme dans HxC) se fait plus lourd et moins rapide que leurs prédécesseurs. Ils gagneraient peut-être un peu à s’émanciper de leurs références (l’intro de « Face The Disgust » ressemble quand même pas mal à celle de « Day One ») afin de développer quelque chose de plus personnel. Et quand ce sera fait, que la période de rodage sera terminée, il y a fort à parier que ces cinq bad boys – qui n’hésitent pas à faire figurer un sticker de la Fédération de Judo sur leur basse – sauront nous vriller les esgourdes de la meilleure des façons. Sensorial Damage, groupe prometteur, à suivre de très près, donc. [NDA: objectif initial complètement raté, que le groupe veuille bien m’excuser pour cette chronique complètement infantilisante]

Sensorial Damage (Crédits et source photo : David A.D. Photographies)

  • Crawling In Sludge : Changement de pedigree pour la tête d’affiche de la soirée, puisqu’on me dit dans l’oreillette qu’on retrouve ici des anciens de chez Inside Conflict, légende locale du hardcore/grind/death aujourd’hui disparue. Il y a donc un peu plus de poils au menton (longueur minimum de barbe : 3mm, longueur maximum de cheveux : 3mm) pour ce deuxième set. Un set que l’on pourrait résumer avec un seul mot : gras. Je ne tomberai pas ici dans une facilité qui conviendrait à dire que cet adjectif permettra d’abord de caractériser le petit bidou de certains membres du combo. Non, je faisais plutôt référence ici à l’humour et l’état d’esprit développé par le groupe, tournant assez invariablement autour de la piche et de la gaudriole, et ayant vraisemblablement poussé un des deux guitaristes à exprimer son goût pour un site de boule dont le logo ornait son t-shirt. Ambiance grivoise et anisée, digne d’une concentration de bikers. Pas vraiment mon truc, mais bon, j’étais avant tout là pour la musique. Et de ce côté-ci aussi, du gras, du gras, du gras ! Sauf que là, j’adhère ! Les guitares sont boueuses, les rythmiques bien pesantes, la voix caverneuse, Crawling In Sludge fait honneur à son nom et reste fidèle aux caractéristiques du genre. Ça sent bon les bayous de la Louisiane, les tripots de NOLA, et les références aux tauliers du style ne sont pas loin : Down et Crowbar se font clairement sentir à travers les riffs des poitevins. Alors certes, le quintet n’a rien inventé, mais leurs morceaux sont efficaces et loin de pasticher les groupes les ayant influencés. Le public, bien qu’étant réceptif, se fera pourtant assez discret durant la durée du concert. Il faudra un rappel et un peu d’insistance de la part du chanteur pour que les mecs de Sensorial Damage déclenchent un circle pit assez improbable et dépeuplé. De quoi finir sur une note à l’image de la soirée : un peu cliché, un peu d’jeuns, un peu bovine, mais néanmoins plutôt sympa.

Crawling In Sludge (Crédits photo : CC0)

Crawling In Sludge (Crédits photo : CC0)

 

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