[Récit de concert] 20/03/2014 : Ed Warner + The Washingtonians @ Zinc

Une fois n’est pas coutume, c’est encore le Zinc qui nous en a foutu plein les cages à miel. Organisé par des gens de l’asso Deux Pieds Deux Dents, label et distro que j’associais plutôt au punk à roulettes à tendance popisante, le concert du soir promettait pas mal de brutalité et de saleté. Outre les locaux Washingtonians qui continuent d’écumer à peu près toutes les scènes rock de Poitiers, nos voisins d’Ed Warner ont fait escale Grand’Rue dans le cadre d’une mini-tournée passant par Clermont-Ferrand et Saint-Jean-de-Luz. De quoi passer une bonne soirée bien bruyante, avant – j’en ai bien peur – un petit bout de temps…

(Source image : Evénement Facebook)

  • The Washingtonians : Comme mentionné plus haut, les pictaviens sont fréquemment programmés dans les concerts bourrins du coin. Ils sont, avec une petite poignée d’autres formations locales (The Phantom Carriage en tête), ceux auxquels on pense en premier lorsqu’il s’agit de trouver un groupe en ouverture d’une soirée DIY et/ou plutôt violente. Cela leur vaut une bonne implantation dans la scène locale, d’autant plus que les différents membres sont également actifs individuellement, en organisant des concerts, en tenant des labels/distro etc. Le public habituel, qui les connait bien, était donc au rendez-vous et parvint à remplir la cave du Zinc assez rapidement. On notera que le groupe s’est (pour l’occasion?) séparé d’un des deux guitaristes et évoluait ce jeudi à quatre. Si le son n’était pas forcément optimal (j’ai trouvé la basse étonnamment propre comparé à ce qu’on entend sur Severed Heads), on peut se réjouir d’avoir bien entendu la voix de Garth, principale valeur ajoutée des Washingtonians. Entre chant gueulé et chant growlé, le frontman fait preuve d’une puissance vocale assez impressionnante, qui colle à son physique plutôt imposant. Et de son physique, Garth sait en jouer. Il multiplie les allers-retours entre la « scène » et le public, qu’il fend en deux quand ça ne bouge pas assez à son goût. Et malgré ses efforts, il faudra attendre le dernier morceau pour voir se déclencher un vrai pogo.

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The Washingtonians (Crédits photo : ce magnifique cliché vaut bien une licence CC0)

On ne peut pourtant pas dire que le set des poitevins fut de tout repos. Combinant les breakdowns hardcore avec quelques plans ultra-rapides proches du grind, le tout sur fond crusto-crado, la musique des Washingtonians fleure bon la brutalité crasse. Et a priori, ce n’est pas près de changer, les quelques nouveaux morceaux joués lors de ce concert peuvent en témoigner. « Still Infected » est certainement le plus violent d’entre eux, à tel point que ce déluge de son manquât un peu de maîtrise à certains moments. Dans un registre moins chaotique, « Culture Vulture » monte progressivement en puissance en offrant des plans bien fédérateurs se prêtant facilement au sing along. Un peu à la manière de leur quasi-hymne « Washingtonians Warfare » (titre figurant sur leur album, au même titre que « Solitude In Democracy » ou « I Can’t Fix It »qui furent joués au Zinc), bien enchaîné à la suite de « Providence », morceau HxC avec une intro à en faire péter la peau de grosse caisse à coups de double-pédale. Ce set a donc constitué un bon galop d’essai pour les morceaux inédits des locaux, et quand on voit ce que ça donne dans des conditions naturellement cradingues, on ne peut que s’impatienter d’entendre le résultat sur une galette au mixage savamment dégueulasse.

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Ed Warner (Crédits photo : cette fantastique prise de vue vaut également une licence CC0)

  • Ed Warner : J’attendais particulièrement ce groupe tourangeau pour deux raisons : d’une part parce qu’ils comptent parmi leur rangs un membre des Verbal Razors (dont vous pouvez trouver la chronique du premier album en cliquant ici) que j’aimerais bien voir sur scène prochainement à Poitiers (clin d’œil clin d’œil si jamais des organisateurs de concerts passent par ici) ; d’autre part car la description de l’orga décrivait leur hardcore comme « old school » et influencé par Minor Threat et surtout Black Flag. Bon, étant donné que j’essaie le plus souvent d’écouter les groupes avant d’aller les voir jouer, j’ai assez vite vu que ce qui nous était proposé au Zinc n’avait pas grand chose à voir avec la bande de Greg Ginn. Par contre, il m’a semblé voir quelques similitudes avec celle de Ian McKaye, que je connais quand même moins. De façon générale, le concert a plutôt confirmé cette impression. Mais il a aussi renforcé mon sentiment sur le fait qu’Ed Warner présente un côté résolument contemporain. A la différence de certains groupes de stoner rétro (comme Kadavar) qu’on croirait tout droit sortis des années 70, les groupes de HxC étiquetés old school réussissent rarement à reproduire les ambiances distillés par les groupes de l’époque. La rythmique D-beat de la batterie, le chant hurlé sans aucun passage en voix à peu près claire, des plans gratte sur quelques accords en aller-retour (bon ça doit pas être très clair mais je me comprends) contribuent plus pour moi à placer Ed Warner du côté du skatecore 90’s tendance vénère. Cela ne veut pas dire, bien au contraire, que le live des tourangeaux fut décevant, et le public ne s’y est pas trompé. Affluant petit à petit, celui-ci secoua la cave du bar dès que le nombre fut suffisant à former un pogo digne de ce nom. Une dynamique qui aurait néanmoins pu être brisée par les pauses un peu longues entre les morceaux, donnant souvent l’occasion au frontman de s’épancher un poil longuement sur les textes des chansons. Heureusement, sa prestation pendant les titres contrebalança largement cette impression. Une prestation entière, avec la veine du coup prête à péter, et une intensité partagée par le batteur, qui joue en décroisé (c’est assez rare pour être souligné) et offre une bonne assise rythmique à des compos qui pourraient vite devenir très brouillonnes étant donné les tempos assez élevés. Bref, un set maîtrisé, quoiqu’un peu court, et exécuté par des mecs qui, d’après leur activité dans la scène, leurs discours (même un peu longs entre les chansons), semblent faire du bien au DIY.

Extraits de la soirée (Crédits vidéo : TimNoWear)

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