[Récit de concert] 01/03/2014 : Calvaiire + Offense @ Zinc

Ça faisait un petit moment que le Zinc n’avait plus été le théâtre d’un bon gros moment de brutalité auquel la cave du bar nous avait habitués. Pas grand chose de franchement calé (un peu de black metal et de heavy) à se mettre dans les esgourdes depuis un certain temps, et le concert de Cowards écourté par une sono défectueuse. Justement, ce sont quelques-uns de leurs compères du label Throatruiner, Calvaiire, qui sont venus secouer les entrailles de la Grand-Rue, avec en prime Offense en conclusion de leur Forgiveness Tour. Une affiche calibrée pour une frange du public poitevin, qui aura réussi à bien remplir la cave du Zinc.

Extraits de la soirée (Crédits vidéo : TimNoWear)

  • Offense : Ce quatuor composé d’un batteur, d’un bassiste, d’un guitariste et d’un chanteur se revendique du fastcore. Genre musical dont je n’avais de mémoire jamais entendu parler, une maîtrise succincte de la langue de Shakespeare et deux ou trois recherches sur le net évoquaient un prolongement ultra-rapide du punk hardcore, au-delà du d-beat, et représenté par des formations aux appellations chatoyantes comme Youssouf Today ou Charogne Stone. Rapide, la prestation d’Offense le fut. Une vingtaine de minutes à tout péter. Cependant, malgré des passages effectivement joués à toute berzingue, les nancéiens développent un hardcore qui lorgne davantage vers le metal que vers le punk. Les morceaux sont assez longs et reposent sur des structures trop complexes pour être exécutées à la vitesse du son. Celles-ci incluent donc de bonnes grosses moshparts et même quelques passages à tendance sludge suintant la transpi. Le set est porté par des musiciens qui se donnent et également par un chanteur plutôt communicatif. Passant une bonne partie du concert dos au public, le barbu à bonnet n’hésite pas à multiplier les incursions dans la salle pour quelques tête-à-tête plutôt musclés avec des connaissances à lui, et ira même jusqu’à réaliser un slam assez improbable. La prestation d’Offense a donc clairement réchauffé l’ambiance du Zinc, et parfaitement préparé l’assistance pour le concert de Calvaiire, même si on aurait voulu que ça dure plus longtemps. Le groupe a en plus bénéficié – ce qui n’arrive pas toujours dans ce bar, on en reparlera – d’un son plutôt correct ayant permis de rendre intelligible leurs morceaux fusionnant ce que le hardcore compte de plus lourd et de plus rapide. C’est donc d’autant plus dommage de ne pas avoir joué quelques morceaux de plus.

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Offense cherche ses clés (Photo et blague sur les clés par Jö : Creative Commons BY-NC-SA)

  • Calvaiire : Les points positifs et négatifs sont inversés pour les lavallois, puisque si ceux-ci nous ont gratifiés d’une bonne durée de set, on peut dire que la technique leur aura joué quelques tours. Outre le début de concert retardé de quelques minutes à cause d’une panne d’ampli, on regrettera vraiment la sono – peut-être trop faible pour couvrir des guitares un peu fortes – qui n’aura pas permis d’apprécier le chant à sa juste valeur. Et c’est vraiment dommage, puisque c’est clairement ce qui m’avait accroché sur les productions du groupe (Forceps et Rigorisme). Déjà, et c’est assez atypique dans le genre, les paroles sont en français. Mais surtout, elles sont hurlées par une voix singulière, difficile à qualifier tant elle transpire différents sentiments : souffrance, éreintement, jusqu’au-boutisme… C’est donc frustrant de ne pas avoir pu mettre de son sur la prestation tourmentée du frontman, à base de coups de micro dans le crâne, bras crispé dans le dos, donnant toute la mesure au déluge de son provoqué par le reste du groupe.

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Calvaiire (Photo par Jö : Creative Commons BY-NC-SA)

Car derrière, les deux guitaristes et le batteur ne sont manifestement pas venus pour enfiler des perles. Tout aussi chaotique que leur hardcore, la prestation des deux gratteux a notamment failli éborgner quelques spectateurs à coup de manche, ou bien faire effondrer une partie de la batterie en grimpant dessus. Pourtant, leur musique est technique, tortueuse. Les plans se succèdent à mesure que le batteur enchaine les patterns, souvent assez complexes. Du coup, c’est assez difficile de mettre Calvaiire dans une case. Prenez les styles musicaux distillés par Throatruiner, il en est peu que le groupe ne développera pas à un moment ou à un autre. Mais ce qui lie de façon transversale tous les plans et les morceaux, c’est la forte charge émotionnelle, sensitive qui s’en dégage, contribuant à créer une atmosphère profondément délétère qui colle parfaitement à leur nom et l’univers visuel de leurs productions. Et n’espérez pas de répit. Pour cela, allez écouter leur album où vous trouverez quelques temps morts entre leurs courts morceaux. En live, les pièces s’enchainent sans pause, il y aura toujours un larsen, une cymbale qui vous maintiendra la tête sous l’eau. Le retour au calme sera abrupt. Après Calvaiire, le déluge.

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Calvaiire (Photo par Jö : Creative Commons BY-NC-SA)

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