[Récit de concert] 26/02/2014 : STNNNG + Shub @ Confort Moderne

La tournée organisée par le label Rejuvenation Records, orienté noise/post-punk, s’est arrêtée à Poitiers avec dans ses valises, deux de ses rejetons. D’abord les nîmois de Shub, mais aussi et surtout les américains de STNNNG. On n’aura pas la chance, comme ce fut le cas à Bobigny, d’avoir des supports de luxe (Monsieur Marcaille et surtout les Louise Mitchels avaient ouvert pour eux), mais savoir que ces quatre groupes ont joué ensemble annonçait déjà un line-up potentiellement sympa. Plutôt abordable, la soirée n’aura pourtant pas attiré foule. Sorti du microcosme coutumier de ce genre de concerts, on ne dépassera guère la cinquantaine de personnes dans l’enceinte du Confort.

  • Shub : prononcer « choube ». Les sudistes évoluent en trio basse-batterie-guitare/chant et développent, comme promis par la description de la soirée, quelque chose qui se situe indéniablement à la croisée de la noise et du post-hardcore à l’ancienne, qui nous ramène quelques années en arrière, au cœur des années 90. Difficile de coller une étiquette universellement viable à Shub, tant leurs morceaux ratissent large et multiplient les ambiances, les tempos, les rythmiques. Si d’un côté, on retrouve la lourdeur de certains accents Shellacquiens repassés à la moulinette façon Gâtechien (« Wasteman »), on n’est pas non plus à l’abri de se retrouver complètement ailleurs et de se faire embarquer par les arpèges sautillants d’un titre indie-rock supersonique (« Been You »). Bien qu’imprégné de références plutôt identifiables – le son de basse bien rond de la noise des nineties, la façon de chanter inspirée de Jello Biafra, même si c’est moins flagrant en concert que sur album – Shub louvoie sans cesse entre les styles sans forcément s’arrêter sur l’un plus que sur l’autre pour s’en affranchir et offrir un set assez hétérogène. Une hétérogénéité renforcée par le fait que, même si ce sont les titres de leur dernière sortie Spot The Difference qui ont majoritairement été joués, plusieurs morceaux d’albums antérieurs figuraient sur la setlist (« Snob Song », « Faster », « Prok’o’fiev »). Malgré une prestation assez courte (une vingtaine de minutes), les nîmois sont parvenus à réaliser un patchwork plutôt réussi de tout ce que le rock US succédant à la vague hardcore des années 80 a pu – et peut encore, dans la continuité – offrir, tout en y ajoutant leur patte. C’est une chose de faire du neuf avec du vieux, mais c’en est une autre de le faire bien.

Shub (Crédits et source image : Flickr du Confort Moderne – photographe : Yvain Michaud)

  • STNNNG : Avec les américains de Minneapolis, les choses semblent s’emballer un peu plus sur scène : un bassiste qui casse sa sangle dès le premier morceau, c’est plutôt bon signe, et ça témoigne d’une certaine vivacité des musiciens. Et c’est vrai que le set de Shub, plutôt statique, en manquait un peu. De fait, la musique de STNNNG se prête davantage aux effusions d’énergie. Dans une veine similaire à celle du groupe d’ouverture, le son des américains est cependant plus massif, la batterie claque un peu plus, et le chanteur se montre plus présent. Ce dernier se démarque un peu du reste du groupe par son look de dandy avec une tête de stoner, mais surtout par sa prestation : il descendra par exemple dans la fosse le temps d’une chanson pour se rapprocher du maigre public présent. On remerciera à ce titre le mec de la sécu en permanence collé au frontman (certainement pour prévenir toute tentative d’agression de la foule menaçante) d’avoir ruiné toute la spontanéité du moment. Ceci dit, le reste du groupe n’est pas non plus éclipsé par la prestation du leader. Plutôt mobiles sur scène, les musiciens livrent un show rodé et montrent une bonne maîtrise des instruments. Musicalement, la présence de deux guitaristes permet de chiader les mélodies et de donner de la puissance à la noise de STNNNG. Plus incisive que la plupart des groupes post-hardcore dont ils puisent leur essence (rappelons que c’est Steve Albini qui a enregistré leur dernier album, Empire Inward), la musique des américains peut parfois déborder sur quelque chose de plus brut, et rattache en cela STNNNG au renouveau post-hardcore/grunge/garage, porté par des formations comme Pissed Jeans, Metz, ou Bass Drum Of Death, chacune dans leurs spécificités. Et pour moi, des groupes comme ça, le Confort peut en programmer toutes les semaines…

STNNNG (Crédits et source image : Flickr du Confort Moderne – photographe : Yvain Michaud)

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